Cyrille BORNE et Associés

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2013 fév. 20

École Numérique Pour Tous, une distribution Linux pour les enfants en milieu scolaire

École numérique pour tous est un fork d'Ubuntu (applaudissements dans la salle) qui a tout de même le mérite de présenter une interface originale comme vous pouvez le voir ci-dessous. Il s'agit d'une distribution pour les enfants comme on a en vu défiler tant d'autres ici. Celle-ci déroge un peu à la règle par une interface réellement accessible, conviviale qui n'est pas sans rappeler celle des tablettes. Je vais m'abstenir d'être trop violent car je trouve que l'intention est bonne, on trouve derrière cette distribution la société IMaugis "Société de Service en Logiciel Libre" qui à l'instar de Linutop ou Ryxéo ont choisi le logiciel libre plutôt qu'une solution propriétaire. Dans le catalogue de prestations on peut lire qu'on vend de la formation autour du logiciel libre, Libreoffice, Inkscape, Gimp, l'administration réseau ou les CMS, ce qui permet de renvoyer les entreprises ou les écoles à la réflexion suivante, vaut-il mieux payer un logiciel sans avoir la formation derrière ou adopter un logiciel libre gratuitement et payer la formation. Quand on voit la position actuelle de Microsoft quant à sa licence pour Office 2013 on se dit qu'il est temps que les gens changent de mentalité et qu'un paiement n'est pas nécessairement lié à une acquisition mais à une prestation de service qui sur du long terme fera gagner de l'argent.

La distribution comme le site internet ont une charte graphique particulièrement propre qui fait très professionnelle, les logiciels embarqués et les ressources sont réfléchis, on est loin d'une distribution comme qimo, on trouve une distinction entre le bureau administrateur, enfant et enseignant avec des applications différentes, par contre je pense qu'il y a un souci de droit du fait de la particularité d'Ubuntu de ne pas activer le compte root. Il y a néanmoins quelques points qui me chagrinent. On peut lire : Nous avons imaginé une interface simple et intuitive spécialement adaptée pour un usage sur un Tableau Blanc Interactif (TBI) ou une tablette tactile alors que la tablette Ubuntu n'est pas sortie ce qui laisse sous entendre que la distribution ne pourra être utilisée que sur PC sachant qu'avec 14.9 gigas de disque durs réclamés pour l'installation, ce sera difficile de faire passer ça dans une tablette à moins de 32 gigas donc une tablette un peu coûteuse. Sur le site toujours, et après avoir parcouru le catalogue, il ne m'a pas semblé hormis le TBI qu'on vendait des ordinateurs avec la distribution embarquée, et là ça pose un problème de sens.

En effet si un enseignant a la capacité d'installer la distribution sur une machine cela signifie qu'il n'a pas besoin de la prestation de service qui l'accompagne, il lui suffit de télécharger la distribution et d'aménager sa salle. De plus avec une distribution basée sur une Ubuntu 12.04 on n'est plus du tout dans la démarche de reconditionnement d'ASRI, si on n'a pas besoin d'une machine de guerre pour faire tourner la distribution, il reste nécessaire d'avoir une machine relativement récente donc du neuf et pour minimiser les coûts, de l'assemblage de machine d'entrée de gamme à 199 € comme on peut en trouver chez les gros vendeurs internet. On comprend dès lors que si la société ne propose que le service c'est à dire l'installation et la configuration des postes en laissant à l'école donc à la mairie ou l'association des parents d'élèves l'épineux problème de trouver les ordinateurs, c'est difficile. Il est nécessaire de concevoir que 95% des enseignants ou plus ont besoin d'un accompagnement complet, on pose le matériel, on configure tout, on explique et on revient de temps en temps pour rebrancher des prises, et je ne suis pas totalement dans la caricature.

S'il s’avérait que la société iMaugis proposait bien des salles complètes à tarif raisonnable, une information qui m'intéresse et que je n'ai pas trouvée, je ne manquerai pas de signaler son action pour des écoles qui chercheraient à s'équiper pour une offre cohérente et libre.

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2012 déc. 23

En attente de repreneur ou fermeture du planet educalibre au 1er janvier

A l'époque avec Christophe lorsque nous avions monté le planet-educalibre nous avions pour ambition non pas de trouver nos pairs libristes pour faire un planet de fanatiques qui expliqueraient comment on ne fait que de la saine pédagogie à partir de solutions libres, nous souhaitions simplement trouver des gens, enseignants ou non qui seraient prêts à partager des ressources pédagogiques.

Le planet existe depuis plus deux ans, et nous avons pris un bide le plus complet, j'y trouve trois raisons intimement liées. La première est nécessairement personnelle, nous n'avons pas fait ce qu'il fallait pour réussir à faire venir du monde sinon ça aurait été nécessairement un succès. En même temps techniquement pour certains il était impossible de participer car les sites d'enseignants sont rarement des blogs et sont souvent des sites plus ou moins statiques qui présentent des contenus sans flux RSS, c'est la seconde raison. La troisième raison c'est que le professeur partageur ne court pas les rues, personne depuis les débuts n'est venu taper à notre porte malgré une visibilité correcte puisque certains gros blogueurs comme Claude, Philippe en ont fait la promotion, le planet figure aussi dans le wiki du bilbo planet, de façon générale le site tourne aux environs de 250 à 300 visiteurs par jour.

Il s'agit indéniablement d'un beau projet, mais un projet dans lequel je ne crois plus, comme je ne crois plus en grand chose ou en tout cas dans ce genre d'action d'un point de vue virtuel. Je pense en fait que le planet-educalibre est un projet qui a 10 ans d'avance sur son temps, les enseignants en sont aux balbutiements de l'informatique dans leurs pratiques pédagogiques, ne savent pas encore ce qu'est le travail collaboratif, sont rares d'ailleurs à savoir réellement travailler en collaboration avec d'autres collègues, imaginer dès lors trouver des enseignants blogueurs qui partagent leur expérience, c'est un peu trop demander.

Comme je l'expliquais plus haut, je n'ai plus la foi, j'essaie pour ma part au niveau de mon établissement de faire le nécessaire pour donner des méthodes de travail liées à l'informatique, pour tenir à jour le site du lycée, pour essayer d'innover chaque année en apportant une touche supplémentaire, parallèlement à ça je décris sur mon blog les moyens que je mets en œuvre pour y parvenir, espérant que ça puisse donner des pistes à d'autres enseignants, voilà où nous en sommes.

Tout est écrit dans le titre, j'ai horreur de laisser mourir les choses, on ne trouve que 3 à 4 personnes qui écrivent sur le planet ce qui n'est pas sans rappeler la situation de Terranux qui peut se féliciter de voir arriver son premier fork. La moralité, soit quelqu'un veut reprendre le flambeau et se lancer dans l'aventure, je donnerai un coup de main le cas échéant, si personne ne reprend au premier janvier je vire tout et je redirige l'url jusqu'à expiration du domaine vers Asri-Education, ça fera un peu de trafic.

Le chrono est démarré.

2012 nov. 16

Réforme du brevet des collèges (DNB) pour la session 2013, mes inquiétudes

J'avais noté pour le brevet de l'année passée un couac au niveau de l'épreuve des mathématiques, à savoir qu'un exercice de probabilité avait fait son apparition lors de l'épreuve alors que contrairement à nos collègues de l'éducation nationale nous n'avons pas de probabilité, en fait nous n'avions pas, l'exercice n'avait pas été comptabilisé. Une note de service était passée pour désormais expliquer que les probabilités faisaient partie du programme, ça c'est fait, ce qui est fait un peu plus dans la douleur c'est l'annexe du 13 de ce mois quant à la réforme du programme de mathématiques. On appelle ça un aménagement provisoire, et c'est un référentiel de maths qui est balancé en deux pages, deux mois après la rentrée. Il serait malhonnête de dire que c'est le chamboulement le plus complet, mais deux pages pour un référentiel de maths c'est court et cela laisse la place à l'interprétation sur beaucoup de points. Après trois lectures, je pense que les systèmes d'équations ne sont plus au programme, cela dit ils n'étaient jamais exploités dans l'examen, en tout cas pas depuis 7 ou 8 ans, je dirais que les puissances ne sont plus au programme et avec ça les écritures scientifiques alors qu'elles sont vues au programme de quatrième, je dirais que les réciproques de certains théorèmes ne sont plus au programme, mais comme je l'écrivais ce n'est que trois lectures ce qui est certain c'est que les identités remarquables bête noire des élèves et le PGCD que je pense je n'ai pas étudié en troisième à l'âge de mes élèves seront de la partie.

Le brevet en lui-même est aussi réformé, nous avions jusqu'à présent trois filières : le général, le technologique, le professionnel, du plus difficile au plus facile. Les filières de l'enseignement agricoles présentaient jusqu'à maintenant le technologique qui désormais disparaît, il ne reste maintenant plus que le général et le professionnel. En même temps, depuis peut-être 6 ou 7 ans, le sujet de mathématiques technologique et professionnel est le même, ce n'est donc pas une surprise en soi. Plus surprenant par contre c'est la réforme de l'épreuve en elle-même, 6 à 10 exercices qui reposent sur l'intégralité du programme si j'ai bien compris. Car, jusqu'à maintenant une épreuve de maths agricole, technologique ou professionnelle était taillée de la façon suivante : première partie obligatoire sur le calcul numérique et littéral, une deuxième partie avec au choix les statistiques ou la géométrie, une dernière partie avec des problèmes sur les fonctions affines et linéaires. Les élèves ne pourront désormais faire l'impasse sur rien du tout car quand on voit la facilité de la partie statistique il aurait fallu être masochiste pour prendre la géométrie. J'ai noté avec une certaine forme d'amusement que cette réforme structurelle était proposée pour éviter les abandons au bout d'une heure, puisque l'épreuve en durant deux, le candidat peut partir à la mi-temps. Avec amusement, car depuis la fusion des sujets technologiques et professionnels, un élève qui avait subi de nombreuses annales avec son professeur n'était pas en situation d'abandon mais de réussite au bout de 40 minutes d'où l'origine des fameux abandons des élèves qui en 40 minutes s'étaient tout simplement gavés de points sur une épreuve devenue trop simple.

Les inquiétudes pour moi sont évidentes. Si on peut penser que le brevet des collèges ne sert à rien, on a pas tort dans le fond, il a tout de même un impact psychologique non négligeable pour des élèves comme les miens qui ont besoin de réussir, au moins ce premier diplôme dans des carrières scolaires qui jusqu'à maintenant étaient chaotiques. Pas plus tard qu'hier une maman évoquait le changement radical dans le comportement de son fils, son garçon qu'elle retrouve plus sérieux, plus heureux, l'enseignement agricole ce n'est pas que la simplicité car il ne faut pas se leurrer nous sommes un cran en dessous du général en terme de niveau, c'est avant tout la différence, nous ne faisons pas le même travail que nos collègues de l'éducation nationale. Nos élèves aussi difficiles soient-ils ont besoin d'être rassurés par des capitaines qui tiennent ferme le gouvernail dans toutes les tempêtes, et là pour tout vous dire, avec ce genre d'informations que je prends dans la tête à deux mois de la rentrée, où il faudra œuvrer encore dans la précipitation, quand les textes officiels ne paraîtront certainement au journal officiel qu'au mois de décembre, c'est moi qui aurait besoin d'être rassuré.

Était-il si urgent de faire réforme du DNB dans l'année en cours ? Doit-on le cas échéant sacrifier sur l'autel de l'urgence la qualité de notre travail ? Pour ma part je ne le pense pas, si effectivement on veut revoir les programmes de fond en comble pourquoi pas, mais qu'on interroge au moins les premiers intéressés, les professeurs.

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