Dans le billet de dimanche j'ai oublié aussi de préciser quelques bricoles.
Non seulement je pars vivre à la plage à moyen terme mais je change aussi pas
mal mes matières, à priori c'est confirmé, j'enseignerai les mathématiques et
les sciences physiques en quatrième et en troisième, les mathématiques en
classe de terminale. Concrètement j'abandonne la communication que je n'aurai
enseignée qu'un an, l'informatique que va récupérer ma collègue, ce qui
m'arrange plutôt bien, j'ai horreur de me disperser. Quand j'annonce que je
vais passer 13 heures entre les quatrièmes et les troisièmes, les collègues
pensent que je suis fou et pourtant il s'agit d'un acte totalement raisonné.
Depuis dix ans que je fais ce métier, il est certain qu'on s'use plus vite avec
les collégiens de l'enseignement agricole, et pourtant les relations sont
simples, ça se ramène globalement à poser la confiance. La confiance qu'ils
n'ont pas face au système éducatif, la confiance qu'ils n'ont pas face aux
adultes, la confiance qu'ils n'ont pas en eux même, je pense que je suis
quelqu'un de confiance pour mes élèves dans tous les sens du terme, pour les
bons et pour les mauvais moments. Pour avoir eu dans le Cantal des élèves de 13
à 19 ans qui sont passés par chez moi de la quatrième au BAC en passant par le
BEP, on se rend compte que les choses sont plus complexes, plus difficiles, en
tout cas pour moi. Quand un 14 ans se comporte comme un gamin c'est de son âge,
on l'engueule, on recadre, s'il vous connait bien il est même capable de vous
faire un sourire après une sanction, quand un 20 ans se comporte comme un gamin
ça devient tout de suite plus difficile, il veut le beurre et l'argent du
beurre, être considéré comme un adulte, être puéril et surtout pas qu'on lui
fasse remarquer, ça dépasse le cadre de mes compétences. Travailler avec les
collégiens une heure par semaine c'est suicidaire, les élèves pour vous
connaitre ont besoin de vous voir longtemps. C'est certainement là une des
pistes de réflexion pour résoudre les problèmes du collège, la relation
professeur / élève a besoin de temps pour se construire, mes collégiens passent
un quart de leur semaine avec moi, nous construisons beaucoup, nous avons le
temps pour cela.
Du fait que je n'enseignerai certainement plus la communication et que de toute
façon les sujets seront dépassés, je vous livre quelques évaluations réalisées
cette année. La première, il s'agissait de leur faire ressortir le cours et un
schéma de communication, je concluais par un exercice avec deux annonces du bon
coin pour démontrer qu'une annonce claire, précise, mettait plus en confiance
qu'une annonce qui donne l'impression que le portable est tombé du camion. La
seconde évaluation c'est suite à un long travail sur l'image, une petite
recherche sur internet pour trouver le contexte, une réflexion sur la tyrannie
de l'image. Enfin la dernière évaluation, j'ai tiré un de ces fameux poissons
d'avril où Booba et La Fouine seraient séparés par la ministre de la culture
qui prendrait directement un vol pour aller aux États unis afin d'arranger le
conflit. On avait travaillé un peu la blague "Carambar" et j'ai trouvé qu'il
s'agissait d'une bonne continuité. Aucun élève n'a vu la date du premier avril,
c'est dire l'importance d'une information "vraie". Je vous livre enfin une
nouvelle variante de mon contrôle avec Dia pour les troisièmes, je me suis
amusé à refaire le brevet des collèges, enfin un contrôle pour les quatrièmes
sur l'image suite au cours sur Kolourpaint.
A propos
Je m'appelle Cyrille BORNE et au moment où j'écris ces lignes j'ai 37 ans, je suis professeur de mathématiques au Lycée Agricole le Cep d'Or de Clermont L'Hérault, accessoirement j'en suis aussi le dictateur informatique. Je raconte ici mes nombreuses expériences, qu'elles soient pédagogiques ou informatiques, sans détour, réussites ou échecs cela n'a pas d'importance pourvu qu'on les partage.
Enfant je n'ai jamais rêvé de devenir président de la république, par contre je rêvais de parcourir mers et océans. Comme il faut toujours réaliser ses rêves d'enfant j'ai navigué de-ci de-là et connu de nombreuses îles. Le besoin de larguer les amarres est toujours présent et, chaque fois que possible, je mets le cap ailleurs.
L'informatique ? elle n'a jamais été un rêve pour moi mais un outil indispensable lors de la création de ma première boite. Informatisé en 1987 si je me souviens bien ; alors il fallait se débrouiller avec les moyens du bord. Gnu/Linux ensuite car la liberté y était pratiquement totale. Même maintenant ce goût de liberté domine dans le choix de mes os, ou plus précisément de mes distributions. Debian principalement.
Aucun goût pour le prosélytisme mais une envie de partager avec, en point de mire essentiel, l'envie que chaque utilisateur puisse rester maître de sa machine et, chaque fois que cela est possible, fasse en toute connaissance de cause ses propres choix.
Merci à Cyrille de nous permettre de tracer un petit bout de route ici.
cep
J'ai fait mes débuts dans l'image par le cinéma et la sémiologie. La rencontre, fin des années 90, avec le photographe brésilien Renato Assis (1952-2012) m'a réorienté définitivement vers la photographie.
Après une (trop) longue parenthèse exclusivement littéraire (formation doctorale et enseignement), j'ai travaillé dans le milieu artistique (danse, musique...) avant de m'engager dans une approche documentaire plus humaniste centrée essentiellement sur les violences et les exclusions.
L'informatique est avant tout, pour moi, un merveilleux outil de partage et de développement des connaissances.
Christophe


