L'adage c'était mieux avant est souvent vu de façon péjorative, signe de
"vieuconisme" caractérisé, des gens d'un certain âge, aigris, rétrogrades, et
qui pensent que toute forme d'évolution, de nouveauté c'est pourrave.
Aujourd'hui il serait peut être temps de considérer les deux questions
suivantes : et si parfois c'était réellement mieux avant, et s'il était
temps d'arrêter de vouloir courir vers l'avant surtout lorsqu'il s'agit
d'engraisser des World Company ou pas. L'exemple du bouton démarrer de Windows
me parait un bon exemple, après avoir pris un four avec sa nouvelle interface,
Microsoft fait marche arrière dans sa version Windows Blue pour remettre un
menu. C'est une situation qui est extrêmement intéressante, Microsoft
montre une fois de plus qu'il fait n'importe quoi depuis des années, avec une
interface graphique unique pour les tablettes et pour les ordinateurs, on
aurait pu penser à la carte de l'unité, une logique, mais la compatibilité
entre RT et Windows 8 étant inexistante, on aurait pu très bien envisager le
maintien d'une interface dédiée à l'ordinateur. Les ventes particulièrement
mauvaises de Windows 8 forcent Microsoft à reconsidérer sa position, tout comme
d'ailleurs les développeurs Gnome qui ont finalement intégré le mode classique
face aux critiques, aux désertions certainement. Cela reste encourageant car
cela permet de montrer que nous avons notre rôle à jouer, en adoptant ou en
refusant un produit, un système, en en faisant un succès ou un échec, on peut
infléchir la courbe de notre destin technologique. Pour en revenir à la
situation de Microsoft, la sortie imminente de Windows Blue ne changera rien,
ce que Microsoft ne comprend pas c'est que le marché est en cours de
stabilisation, les gens se laissent séduire par les tablettes à 49 € ils ont
raison, c'est l'emballement, mais tout ça ne va durer qu'un temps. Au lieu de
se disperser, Microsoft aurait dû assoir sa position sur le monde du PC, offrir
une interface encore plus puissante pour le tandem clavier souris, parce que ça
finira par revenir, quand les gens auront besoin de bosser ils reviendront vers
les solutions qui fonctionnent si elles existent encore. Du côté de Gnome,
quand on voit l'incapacité de production des tablettes, smartphone sous Ubuntu
avec Unity, on se demande qui portera cette interface sur tablette. A vouloir
aller trop vite, à vouloir trop innover, on finit par tomber dans l'histoire du
lièvre et de la tortue, la problématique ici c'est que personne ne veut prendre
la carapace on préfère détaler comme des lièvres dans la mauvaise direction. Le
vent est d'ailleurs certainement en train de tourner puisqu'on parle de
la peau de Tim Cook, l'action Apple se porte "mal", et c'est
bien légitime, bientôt l'Iphone 6 qui ne sera qu'un appareil similaire à
l'Iphone 5 à quelques iotas, les consommateurs tomberont-ils encore dans le
panneau ou mettront Apple comme Microsoft à l'amende, celle d'innover pour de
bon ou de maintenir des produits qui fonctionnent.
C'était tellement mieux avant qu'on va ressortir Leisure Suit Larry, un jeu vieux de plus de 20 ans. C'est
d'ailleurs là où l'on note bien l'état de la situation actuelle, d'un côté on
pousse les gens à consommer de la nouveauté, mais de l'autre on essaie de ne
pas trop les brusquer non plus, de la nouveauté en quelques sortes mais pas
trop. Un remake jouant sur la nostalgie ça risque de payer, Grimrock a été un
gros succès dernièrement, il se contentait de faire du Dungeon Master en plus
de 16 couleurs. Mais là encore on ne s'y trompe pas, si plonger le joueur dans
un univers qu'il connait est porteur, il en faut plus désormais pour tenir une
industrie à bout de bras que de faire plus un dans les numéros de version.
Alors que Tomb Raider a été un succès commercial, le retour sur l'imposant investissement de Square Enix n'est pas
suffisant. Mais bon en même temps les aventures de Lara Croft, ça reste
très bis répétita, quelques améliorations à quelques iotas, un peu comme
l'iphone en fait. Les vrais succès commerciaux sont arrivés d'où on ne les
attendait pas, Minecraft pour exemple, preuve que l'innovation si elle
innove réellement a encore du sens.

A propos
Je m'appelle Cyrille BORNE et au moment où j'écris ces lignes j'ai 37 ans, je suis professeur de mathématiques au Lycée Agricole le Cep d'Or de Clermont L'Hérault, accessoirement j'en suis aussi le dictateur informatique. Je raconte ici mes nombreuses expériences, qu'elles soient pédagogiques ou informatiques, sans détour, réussites ou échecs cela n'a pas d'importance pourvu qu'on les partage.
Enfant je n'ai jamais rêvé de devenir président de la république, par contre je rêvais de parcourir mers et océans. Comme il faut toujours réaliser ses rêves d'enfant j'ai navigué de-ci de-là et connu de nombreuses îles. Le besoin de larguer les amarres est toujours présent et, chaque fois que possible, je mets le cap ailleurs.
L'informatique ? elle n'a jamais été un rêve pour moi mais un outil indispensable lors de la création de ma première boite. Informatisé en 1987 si je me souviens bien ; alors il fallait se débrouiller avec les moyens du bord. Gnu/Linux ensuite car la liberté y était pratiquement totale. Même maintenant ce goût de liberté domine dans le choix de mes os, ou plus précisément de mes distributions. Debian principalement.
Aucun goût pour le prosélytisme mais une envie de partager avec, en point de mire essentiel, l'envie que chaque utilisateur puisse rester maître de sa machine et, chaque fois que cela est possible, fasse en toute connaissance de cause ses propres choix.
Merci à Cyrille de nous permettre de tracer un petit bout de route ici.
cep
J'ai fait mes débuts dans l'image par le cinéma et la sémiologie. La rencontre, fin des années 90, avec le photographe brésilien Renato Assis (1952-2012) m'a réorienté définitivement vers la photographie.
Après une (trop) longue parenthèse exclusivement littéraire (formation doctorale et enseignement), j'ai travaillé dans le milieu artistique (danse, musique...) avant de m'engager dans une approche documentaire plus humaniste centrée essentiellement sur les violences et les exclusions.
L'informatique est avant tout, pour moi, un merveilleux outil de partage et de développement des connaissances.
Christophe