Cyrille BORNE et Associés

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2013 juin 11

Upgrades à la mode Mint. Respect de l'utilisateur ? Simplification ?

http://community.linuxmint.com/tutorial/view/2

Un tutoriel sur le site de la Communauté Linux Mint, signé par Clément le leader du projet Mint. Ce tutoriel débute par un conseil plein de bon sens et, en résumé, disant que si vous êtes content de votre système actuel il est alors inutile de faire un upgrade de version. Bref, à moins que ce ne soit absolument nécessaire, ou si vous en avez très envie, dans le cas contraire inutile de s'enquiquiner à changer de version. C'est en effet frappé au coin du bon sens. Sous réserve au minimum que des corrections de bugs et des mises à jour de sécurité soient toujours servies bien sûr, mais est-ce bien le cas ? certainement pas si l'on regarde entre autre certains vieux problèmes de sécurité propres à Mint/LMDE et toujours pas corrigés.

Mais pour qui veut ou doit changer de version, quelle est la méthode conseillée ? Et bien c'est là que les choses se corsent, et la distribution dite User friendly, si l'on suit la procédure conseillée, et si on n'est pas un cador de Linux, prend des chemins curieux et que l'on n'a en général pas l'habitude de voir sur notre système. Et oui, il est conseillé de réinstaller. Comme ils ne manquent pas d'humour chez Mint ils appellent cela une « Fresh Upgrade ».

« In a "fresh" upgrade you use the liveCD of the new release to perform a new installation and to overwrite your existing partitions.»

Ben oui, pas question d'avoir un /home séparé, non, cela n'est pas abordé, et même si vous en avez un on s'en fiche. Non, point de finesses ou autres fioritures, on fait une nouvelle installation et on écrase les partitions existantes. Pas de quartier. Certes, il est mentionné une autre méthode, pour les utilisateurs confirmés. Mais on précise tout de même que la première est Safe, Fast, Reliable, Easy alors que l'autre est Slow, Unreliable, Risky, Complicated, donc à fuir absolument.

Alors, c'est la tendance actuelle et générale ? On considère que le Linuxien maintenant est un incapable, un bon à rien, un assisté permanent et qu'il faut à ce point lui faciliter le travail que l'on conseille la réinstallation ? Il n'est pas question ici de débutants, de Michus, mais d'incapables et dans ce cas aux grands mots les grands remède, la « fresh upgrade ».

Mais est-ce bien là le problème, le manque de confiance dans les capacités des utilisateurs ? Et si, plus simplement, ce conseille était donné non pas pour faciliter le travail des Michus, mais pour s'éviter tous les tests qui doivent prévaloir avant la mise à disposition d'une nouvelle version ? Ce travail Debian par exemple le fait à chaque mise à jour de version (même s'il peut parfois y avoir tout de même des problèmes). Est-ce parce-que Debian s'adresse à des professionnels ou bien tout simplement parce-que Debian respecte ses utilisateurs ? La question ne mérite-t-elle pas d'être posée ?

Et oui, quelle est la procédure la plus simple pour s’exonérer d'éventuels reproches lors d'upgrades foireux de la part d’utilisateurs mécontents ? et bien réinstallez une nouvelle version. Et au diable tout le travail de personnalisation et de réinstallation des programmes que devront se farcir les Michus. Pas grave, ainsi ils apprendront d'avantage.

Enfin, à chacun de faire comme il l'entend, mais avec de tels conseils où sont les promesses de simplification et de satisfaction de l'utilisateur ? De respect aussi.

Dans le tutoriel cité au début de ce billet je note un autre « trait d'humour », ou de mauvaise foi, vous avez le choix du qualificatif. Dans la partie FAQ, chapitre E, on feint de s'interroger sur le pourquoi de la différence de procédure entre une Mint et une Ubuntu :

Question : Pourquoi Mint n'utilise pas la même façon de faire que Ubuntu ?

Réponse (condensée par moi) : Ubuntu fait mal les choses : il ne permet pas de faire des backups, il demande automatiquement de faire les mises à jour sans en expliquer les risques et les inconvénients.

Dénigrement gratuit, non ? À la décharge d'ubuntu, il faut bien le reconnaître, les mises à jour de leurs versions LTS ne sont proposées à l'utilisateur par le gestionnaire de mises à jour que quelques mois après la sortie de la version LTS pour justement minimiser les risques et, en outre, l'utilisateur a toujours le choix de faire les mises à jour ou de passer son tour.

Alors que conclure de tout cela ? Oui une mise à jour vers la version +1 est parfois problématique mais conseiller une nouvelle installation systématiquement c'est non pas rendre les choses plus simples à l'utilisateur mais s'économiser toute une batterie de tests avant upgrades.

Et oui, lorsqu'on a les yeux plus gros que le ventre il faut faire preuve d'inventivité. Le concept de « fresh upgrade » en est un exemple, tout comme le « rolling release » en pack très décalé et incomplet de la LMDE en fut un autre en son temps. Bientôt une distribution « rolling » en réinstallation permanente ? Messieurs de Mint, cessez de prétendre vouloir faire tout mieux que les autres, faites-en moins mais faites-le parfaitement. In mint condition . . .

2013 juin 1

Notre tendance Linux été 2013

Je lisais avec un certain amusement l'article de Frédéric où il constate avec un grand effroi qu'il n'y a plus rien à tester. Je vais quand même affiner et c'est là que vous verrez la différence entre le type qui écrit pour la passion et celui qui a un projet, c'est que dans la pensée de Frédéric, oui je lis dans Frédéric et dans ses entrailles, l'idée c'est de dire qu'il n'y a rien à écrire d'autre que le changelog, balancer une image et faire comme on dit dans la presse, un marronnier. Frédéric n'est pas de cette espèce et il a raison, il vaut mieux ne rien écrire que d'écrire du caca pour se sentir soulagé de l'avoir écrit. Son billet correspond d'ailleurs au mien, où j'évoquais un peu la sécheresse de ma source, le problème des blogs photocopies, mais aussi le fait que j'avais peut être moins soif, dans le sens où quand je vois mes semaines en ce moment je ne suis pas mécontent d'être sur Debian car je n'aurais pas le temps d'aller me lancer dans les bricolages et réparer ma distribution cassée, surtout que j'ai un raspberry pi à transformer en borne d'affichage. Jeunes blogueurs, papa vous donne un grand conseil que je vous invite à suivre à la lettre même si cela va totalement à l'encontre des des dix commandements pour avoir un super blog qui vous rapportera des millions d'euros, ne vous enfermez pas dans une thématique, habituez votre lectorat à tout lire chez vous, il n'y aura pas de coup de canif dans le contrat si un matin vous passez du raspberry pi au choix d'un bon tutu pour faire le lac des cygnes.

Donc comme le fait remarquer Frédéric, l'actualité Linux mais pas seulement est pour le moins calme et la tendance serait donc de cesser de pondre des forks en pagaille parce qu'on n'aime pas le set d’icônes qui accompagne la distribution qu'on utilise. On peut s'interroger sur la raison, une vague d'intelligence vient de surprendre tout le monde et nous serions donc dans la grande rationalisation tant attendue où les uns et les autres nous nous serrerions tous autour de projets communs pour les rendre meilleurs, ah ah ah quel rigolo ce Cyrille, ou nous assistons à une crise plus profonde, l'ordinateur est mort, les gens vont sur les tablettes, ne pensent qu'aux tablettes, et les gens préfèrent développer une application android plutôt que de se lancer dans Linux. Dans un cas comme dans l'autre, cette période va permettre de faire du ménage d'une part dans les distributions, mais aussi d'autre part chez les blogueurs et dans les sites Linuxiens, ma grande théorie de l'Highlander est en marche. Je lisais avec un grand intérêt l'article de ubuntuser quant à la Ubuntu Developer Summit où l'on apprend avec une impatience non dissimulée tout ce qui va bien pouvoir se passer dans le formidable univers d'Ubuntu. Comme on a pu le lire dans les si jolis liens de Cyrille BORNE par exemple, le passage de Firefox à Chromium comme navigateur par défaut est envisagé. Le truc totalement inutile parce qu'il est super simple de changer de navigateur pour un utilisateur d'Ubuntu, j'y vois pour ma part un acte politique pour montrer qu'on n'est pas content que Firefox dame le pion de Canonical en sortant en premier son smartphone et bientôt même la tablette sans parler de l'accord avec Foxconn. C'est certain que pour ma part, si je m'étais présenté comme le chevalier du libre, celui qui va libérer les tablettes, les télés, les smartphones, que j'annonce ça depuis des années en disant, attention ça va sortir et ça va faire mal, de voir le copain qui en 6 mois sort son OS, signe des accords commerciaux, vend des produits, ça me mettrait de mauvaise humeur, d'où à mon sens la sanction débile d'un passage vers chromium. Pour préparer encore mieux sa sortie sur smartphone et sur tablette, parce que ça préparer on sait faire chez Canonical, on prévoit désormais de faire son propre système de paquet. Il y a 4 ans et des poussières I LOVE YOU PHILIPPE SCOFFONI, écrivait l'article et si Ubuntu devenait Ubuntu, c'est d'ailleurs amusant j'y suis cité avec Christophe où déjà à cette époque on évoquait la possibilité qu'à l'instar de Michael Knight Ubuntu fasse cavalier seul. Je pense qu'avec Unity, les pubs Amazon, le nouveau système de paquet, on y est, Ubuntu est désormais un être à part dans la sphère Linuxienne, une différence qui ne paiera pas. La multiplication des distributions c'est une chose, les distributions qui se mutent en un autre système d'exploitation c'est autre chose, suivre aujourd'hui Ubuntu c'est s'engager sur un système d'exploitation différent qui à mon sens n'est plus vraiment Linux.

Comme j'aime à le rappeler, chacun est libre de faire ce qu'il veut, si vous êtes tenté de suivre Ubuntu dans sa course folle à la dispersion, à la préparation mais surtout pas à la réalisation, c'est votre choix, je le respecte. Pour ma part de voir la fondation Mozilla qui fait, je m'interrogerai sur le pourquoi Canonical ne fait pas. Il nous reste donc à vous proposer une distribution sachant que tout est devenu blanc bonnet et bonnet blanc puisque globalement vous aurez le même environnement gnome, le même Xfce, le même libreoffice ou à un petit décalage de version. A l'heure actuelle trois types de distributions grand public se distinguent, Debian qui propose un cycle de deux ans environ pour les gens qui ont d'autres chats à fouetter que d'entretenir les mises à jour de leur Linux et qui n'ont pas le besoin d'avoir le dernier logiciel à la mode, Mageia qui vient de sortir en version 3 et qui est certainement la distribution par excellence pour les débutants avec un cycle de sortie plus court, et enfin Manjaro qui permet de profiter de la puissance de Arch la rolling release avec une installation et une utilisation facilitée. Vous pouvez d'ailleurs suivre Cep qui joue avec dans le forum.

J'ai lancé la Mageia qui vient de sortir dans sa version 3. On notera que les bureaux privilégiés sont Gnome et KDE et que dans les bureaux alternatifs il faut chercher un peu pour trouver Xfce qui se cache. J'ai trouvé intéressant la possibilité de choisir les dépôts, pour le reste c'est du grand classique, avec la richesse du panneau de contrôle de Mageia. Pas grand chose à dire de plus si ce n'est que je trouve qu'il est décevant que l'outil de contrôle parental n'évolue pas alors qu'il ne serait pas si difficile d'intégrer des listes, ce n'est toujours pas le cas aujourd'hui, la distribution offre néanmoins bien plus que les autres dans ce domaine actuellement, puisqu'elle est globalement la seule avec Mint à proposer quelque chose. Le problème de Mint bien sûr c'est de s'appuyer sur Ubuntu, si Mint devenait indépendante d'Ubuntu, cela relancerait éventuellement la course dans la distribution de madame Michu qui comme nous le savons tous n'a pas sa place chez Linux et c'est tant pis pour elle.

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2013 avr. 6

Le joli phishing du jour : la CAF

Ma femme très contente m'appelle au lycée pour me dire que la CAF va nous filer des ronds et que c'est un mail qui le lui a dit, réponse immédiate. QU'EST CE QUE TU AS FAIT ? QU'EST CE QUE TU AS FAIT ? Je rappelle que mon épouse du fait que je suis ce que je suis a un large désintérêt pour l'informatique et qu'il y a quelques années elle avait attrapé un joli virus parce qu'elle avait ouvert un mail d'un certain Robert qu'elle ne connaissait pas mais du fait que cela vienne d'un mail en educ.gouv.fr alors tout roule. Ma femme c'est pire que madame Michu, non seulement ça ne l’intéresse pas mais en plus elle n'a pas de raisons de s'y intéresser, elle a un attardé de mari qui passe suffisamment de temps derrière son ordinateur pour que tout fonctionne. Nécessairement je sais que c'est un spam, car la CAF ne va pas m'envoyer un mail pour me dire qu'elle va me donner des sous, la CAF me donne des sous ou pas, sans plus d'explications que cela, sans un mot, la CAF c'est la grande muette. Nous en étions donc à QU'EST CE QUE TU AS FAIT ? QU'EST CE QUE TU AS FAIT ? Je suis allée sur le site et on m'a demandé mon nom, mon prénom, ma date de naissance et j'ai coupé la page. Je suis quasiment persuadé qu'elle a renoncé parce qu'elle n'avait pas le temps, parce que c'était trop long et puis vu le temps que je passe devant l'ordinateur je n'ai qu'à le remplir après tout, elle n'y a vu que du feu.

Le phishing en lui même est intéressant, le texte n'est pas parfait mais il joue sur de l'ordinaire, 400 € ce n'est pas grand chose, ça pourrait être crédible. Il suffit pourtant de lancer la page web pour se rendre compte que la fabuleuse adresse fait très allemand, on peut difficilement faire mieux d'ailleurs. La CAF n'a aucune raison de vous demander des informations qu'elle possède déjà, quelques secondes de réflexion permettent de se rendre compte qu'il s'agit là d'une arnaque.

L'avenir nous dira si j'autorise un mail direct à mon épouse ou si je vais commencer à filtrer ses messages ...

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