Cyrille BORNE et Associés

Annuaire Soutien Veille Docs Forum

Mot-clé - Mandriva

Fil des billets - Fil des commentaires

2013 mai 5

Billet invité : Choisir une distribution GNU/Linux, une décision personnelle

Philippe Richard est un vieux lecteur du blog, je pense qu'il y a quelques années on a donné un coup de main avec Christophe pour qu'il passe à Linux. Philippe est journaliste pigiste qui a participé à : Les Cahiers du numérique (AFDEL), Le magazine de la Caisse des Dépôts, Le Parisien Magazine, Le Monde (Solutions, supplément internet), Les Inrockuptibles, Clubic Pro, 60 Millions de consommateurs, Science & Vie, Réponse à tout, Afrique Magazine... il est aussi l'auteur avec Éric Filiol du livre « Cybercriminalité : enquête sur les mafias qui envahissent le web ». Dunod. 2006. Ouvrage distribué au Ministère de la Défense. Il a été payé la bagatelle de 600.000 € pour rédiger cet article en argent liquide comme il se doit, si vous désirez le contacter vous pouvez le follower sur twitter, OUI FOLLOW PHILIPPE SUR TWITTER ou lui envoyer un mail.

Quand on découvre comme moi l'univers GNU/Linux, on est immédiatement surpris par la pléthore de distributions au nom plus ou moins abscons.

Si on n'a pas lu quelques articles sur cet univers, on ne sait pas laquelle tester pour la première fois. Un embarras qui n'existe pas, ou très peu, sous MacOS ou Windows...

Mes premiers pas remontent à 2007 avec Mandriva. Habitué à Windows, je n'ai pas été trop déboussolé par cette première aventure ; pas de réels blocages, une installation qui ne m'a pas donné la migraine, une interface sympathique... Mais pour différentes raisons professionnelles, je suis revenu sous Windows car je devais tester de nombreux logiciels disponibles uniquement sur cet OS.

Mais en 2008, j'ai retenté une nouvelle expérience. Comme je m'intéressais à cet univers par curiosité professionnelle, j'ai commencé par... Opensuse alors qu'Ubuntu était souvent considéré, dès cette époque, comme l'une des distributions les mieux adaptées aux néophytes.

Mal m'en a pris : pour diverses raisons, dont certains dépensaient mes pauvres compétences linuxiennes, Opensuse m'a fait tourner en bourrique au bout de quelques jours... J'avais le sentiment d'avoir faire à une usine à gaz ou d'un Mammouth dans mon PC. Un peu comme Windows.

Résultat, je suis passé sous Ubuntu. Rien de particulier à signaler : un OS qui marchait tranquille et qui ne m’empêchait pas de dormir.

Mais toujours par curiosité, j'ai utilisé Virtualbox sous Windows pour essayer d'autres distributions. Simple, rapide, facile. Une méthode intéressante pour se faire en quelques minutes une première impression mais pas suffisante, à mes yeux, pour avoir un avis un peu plus circonstancié.

Profitant de mes quelques heures de temps libre et de mes différents disques durs internes, je suis passé aux tests plus poussés avec une « vraie » installation et des tests de plusieurs heures, voire plusieurs jours. Comme je suis un brin méthodique, d'aucuns diront un peu maniaque, je me suis créé un comparatif avec différents items (disponible en annexe au billet).

Évidemment, cette étude n'a aucune prétention en termes d'exhaustivité, ni d'objectivité. Je ne prétends pas non plus maitriser sur le bout des doigts la ligne de commande et autres joyeusetés linuxiennes et être ainsi affirmatif. Ce n'est pas mon objectif.

Je voulais juste me faire une idée plus précise afin de pouvoir découvrir et retenir la distribution qui me convient le mieux, à mes compétences et à mes besoins professionnels (essentiellement de la bureautique et du surf sur le web).

Quel bilan ?

En préambule, après avoir découvert l'univers GNU/Linux je ne pense pas revenir sous Windows. Sauf si Microsoft propose un OS vraiment original et efficace, je reste sous Linux.

Comme le montrent mes deux tableaux, mon cœur balance aujourd'hui entre Opensuse et LinuxMint, tous les deux sous Cinnamon. Toutes les autres distributions m'ont à un moment ou un autre bloqué ou ont présenté des « lacunes » (encore une fois, tout est subjectif) jugées comme étant rédhibitoires.

Souvent décrié, Opensuse marche très bien sur mon PC et elle présente à mes yeux deux atouts majeurs qui font toute la différence pour des amateurs : une installation facile de logiciels grâce à l'option OneClick et une migration facile vers la version supérieure grâce à l'option disponible sur DVD. J’ajouterai aussi que la communauté française, réunie principalement sous Alionet, est à féliciter. Certes, elle est beaucoup moins nombreuse que celle d'Ubuntu. Seules quelques personnes vous répondent sur le forum mais leur aide est précieuse, sympathique, objective et respectueuse (on ne m'a jamais pris de haut comme sur certains forums...). J'ai d'ailleurs le même avis positif concernant la communauté française de LinuxMint ;-)

Alors, ensuite, on peut toujours polémiquer, discuter, argumenter... Mais en tant qu'utilisateur grand public (qui ne veut pas mettre les mains dans le cambouis par affinité et/ou manque de temps, mais qui veut un OS qui tourne sans accros), j'en suis arrivé à la conclusion qu'Opensuse et LinuxMint étaient les distributions les mieux adaptées.

2012 déc. 21

La bien curieuse idée de Ploum

Ploum a eu une bien curieuse idée, celle-ci : La FSF, de dangereux crétins réactionnaires qu'il a posté chez Linuxfr. En toute honnêteté je n'aurai pas écrit ce billet si je n'apparaissais pas dedans, Ploum cite mon article RMS pan-pan cucute Ubuntu mais quelles solutions apporte-t-il réellement ? ce qui est très bon pour les statistiques. En fait Ploum y va franchement et explique pour des raisons qui sont totalement compréhensibles pour moi, discutables pour les uns, insupportables pour les autres que la FSF le fait gerber.

Il s'agit d'une bien curieuse idée, car il y a dans la démarche de Ploum, celle du supporter de l'OM qui rentre avec sa plus belle écharpe pour aller s’asseoir dans la tribune Boulogne du PSG. Lionel ne fait pas semblant puisqu'il cite un message qu'il a écrit sur Google+ ce qui est particulièrement gros quand on connaît les considérations qu'ont les libristes pour les services Google qui stockent l'intégralité des données personnelles des braves gens. Dans ce genre de démarche, je ne vois que trois conclusions possibles :

  • il est idiot. Ce n'est pas le cas, on s'en serait rendu compte depuis quelques années.
  • il fait ça pour faire péter les stats. Ce n'est pas le cas, Ploum a une forte visibilité chez les libristes et sur le net de façon générale.
  • il avait envie de jouer un coup de provocation gratuit et c'est assez réussi.

Je partage à moitié ce qu'écrit Ploum. Les raisons évoquées sont claires, la FSF et RMS sont arrivés à une forme d'intégrisme qui fait certainement fuir une partie des utilisateurs. La problématique de la FSF et de RMS c'est certainement une question d'image et d'ajustement de la forme du message, je l'ai déjà assez évoqué. Le fond pourtant est le bon, la modification des conditions d'utilisation d'instagram encore hier montre qu'il est nécessaire d'avoir quelqu'un qui veille aux libertés des utilisateurs, s'il était un poil plus charismatique et moins extrémiste que notre barbu en chemise à fleur fan de polka ce ne serait peut être pas un moindre mal.

Même si c'est son droit de rédiger un billet sur linuxfr, je n'ai jamais fait, et je ne ferai jamais, c'est une question de respect. Mon idéologie est souvent très différente de celle de ce site, de ses utilisateurs, écrire un billet avec mes opinions proches de celles de ploum sur ce coup, ce serait pour ma part une provocation. alsaln que j'ai cru reconnaître comme une vieille relation et quand je dis vieux, je pèse mes mots, s'il a raison en écrivant que je suis un égocentrique psychorigide, devrait tout de même se rappeler que Mandriva ne fait pas partie des distributions prônées par la FSF, il faudrait donc s'interroger pour savoir s'il règle ses comptes avec les blogueurs qui évoquent Linux et le logiciel libre ou s'il est convaincu par les propos de RMS, si c'est le cas cela fait quelques années qu'il se trompe. Je me suis arrêté sur ce commentaire comme j'aurai pu en prendre d'autres mais c'était pour le clin d’œil, la constatation générale est que la haine attire la haine, qu'on peut évidemment rire de tout mais pas avec n'importe qui et là dans les plus de 115 commentaires on voit que ça ne rigole pas. La qualité de Linuxfr me parait s'être améliorée avec les années, comprenez qu'on trouve de plus en plus d'articles de fond, de moins en moins d'articles en quatre lignes dédiés au troll, même si le principe respectable du site c'est avant tout une liberté maximale, je m'étonne du manque de modération qui laisse parler la poudre dans 95% des billets au point de ne plus avoir envie de parcourir les commentaires tant c'est haineux.

Chacun a la liberté de vivre son Linuxisme comme il l'entend, pour ma part je le vis loin des communautés actuelles car je ne m'y reconnais pas, si les gens de Linuxfr sont ravis des propos de RMS, de la FSF, de la violence verbale quotidienne grand bien leur fasse.

Un peu en marge de "cette affaire" j'ai pu lire sur numerama que l'opération du pack liberté qui consistait à ramasser de l'argent pour la quadrature du net, l'april et framasoft avait rapporté deux fois moins que l'an dernier. Loin de moi l'idée d'avoir envie de tirer sur l'ambulance, mais force est de constater que la crise ne justifie peut être pas tout, même si elle justifie pas mal de choses. Pour ma part, je pense que la crise Linuxienne et du logiciel libre de façon générale est bien plus profonde qu'on ne peut le penser, alors qu'avec l'arrivée massive des tablettes à Noël de la présence d'android dans de plus en plus de foyer, la défense du libre, la présentation des alternatives est de plus en plus importante, j'ai la conviction qu'on se perd, on, les utilisateurs convaincus du libre. Dans les dispersions, les querelles stériles, la haine et tout ce qui permet de pointer du doigt les libristes comme des barbus intégristes qui vivent dans des caves sans lien avec la réalité.

2012 déc. 12

A la recherche de la nouvelle star Linuxienne pour les noobs - dégrossir

Étape 1 : cahier des charges.

Voilà c'est l'impasse, RMS a dit qu'Ubuntu c'était fini et vous le savez sur ce blog nous suivons à la lettre ce que dit RMS notre grand gourou velu. Essayons donc de définir ce qu'est une bonne distribution Linux pour les noobs

  • Une bonne distribution Linux pour les Noobs est une distribution qui ne s'appuie pas sur Ubuntu ce qui bannit tous ses forks. En effet on sait que Xubuntu ou Lubuntu sont des distributions de qualité, mais si Ubuntu s'effondre, elle emportera avec elle ses forks dans son sillage.
  • Comme on n'a plus envie de reproduire le même schéma de l'entreprise qui tire les ficelles, qui fait faillite un matin ou met des pages de pub, des adware, vous veut du mal, on visera essentiellement une distribution communautaire.
  • Une distribution pour les noobs c'est par principe une distribution facile à de nombreux niveaux et on ne tolérera que peu d'excentricités dans la ligne de commande. On veut du live CD, de l'installation facile et le minimum de paramétrages.
  • Quelles que soient les qualités de la distribution, on veillera à ce qu'elle propose une communauté attractive et une forte documentation.

Étape 2 : nettoyage de printemps.

Voici une capture d'écran du classement distrowatch au moment où j'écris ces lignes, à savoir le dimanche matin entre deux machines à laver et les courses. Cela faisait un moment que je n'étais pas allé sur Distrowatch et il est impressionnant de voir comment ce classement est chamboulé, preuve certainement de la forte précarité Linuxienne actuelle qui va devoir prochainement se restructurer sévèrement autour des piliers si on veut survivre aux tablettes et à ce qu'on annonce comme le post PC.

201212distrowatch.png

C'est parti pour le ménage dans l'ordre décroissant

  • Chakra fork à priori convivial de Arch Linux, je ne connais pas assez les modifications apportées notamment dans le système de gestion des paquets, mais j'aurais tendance à dire que basée sur une rolling release, ce n'est pas une bonne idée pour les débutants. next
  • CrunchBang excellente distribution basée sur debian mais openbox, avec une vraie communauté y compris francophone, pas assez user friendly pour le noob, next
  • OS4 inconnue au bataillon, basée sur Xubuntu donc sur Ubuntu, ne respecte pas notre cahier des charges, next
  • Bodhi Linux propose une approche assez intéressante avec des bureaux différents selon l'utilisateur et par le fait l'utilisation, mais basée sur Ubuntu, next
  • Lubuntu, excellente distribution basée sur LXDE mais surtout sur Ubuntu, next
  • Sabayon un fork de Gentoo qui à l'époque était principalement basé sur KDE, basé sur Gentoo ça fait un peu peur pour le noob, faudrait retenter. wait and see
  • SolusOS inconnue au bataillon, basée sur debian stable et les backports, wait and see
  • Snowlinux un peu même combat que SolusOS, basée sur debian, wait and see
  • Puppy très bonne distribution mais dont on connaît les problèmes d'adhésion à l'environnement (vieille, moche, pas intuitive), on serait tenté d'utiliser un de ses forks, next
  • Slackware pas assez simple, next
  • CentOS pas assez simple, next
  • Zorin, fork d'Ubuntu qui vise à proposer une interface similaire à Windows, Ubuntu, donc next
  • PCLinuxOS est un fork particulièrement intéressant de Mandriva qui aujourd'hui possède son développement propre et une forte communauté. Bémol la communauté est particulièrement anglo-saxonne, les français ayant préféré lancer Mageia plutôt que de rejoindre l'existant, encore un problème du libre mais c'est une autre histoire, donc next
  • Arch trop complexe, next
  • Debian trop complexe quant aux problèmes de reconnaissance matérielle, next
  • OpenSUSE j'ai toujours eu une mauvaise opinion de cette distribution que je n'ai pas testée depuis des années, wait and see
  • Fedora malheureusement trop complexe, le pare-feu qui en vient jusqu'à bloquer les impressions via samba, le gestionnaire de paquets qui est une infection, Fedora n'est pas si loin d'une distribution user friendly mais ne s'en donne pas les moyens. next
  • Ubuntu next sinon RMS le saura
  • Mageia, les premiers tests n'étaient pas fameux, il faudrait voir aujourd'hui, wait and see
  • Mint c'est next car il s'agit d'un fork d'Ubuntu, et que LMDE est trop buguée.

Étape 3 : une conclusion s'impose.

Quand je regarde le classement distrowatch, je ne peux m'empêcher de penser à la situation que nous vivons actuellement avec Xfce. J'ai été un grand détracteur de Xfce en expliquant qu'il n'offrait absolument rien face à un Gnome 2 plus complet, je suis aujourd'hui utilisateur satisfait par dépit. Avec une Mint en première position, très largement devant, une Ubuntu en troisième position on se dit que le système aussi imparfait soit-il de la multiplication des projets permet au moins à tout le monde de trouver chaussure à son pied. En effet, je sais que beaucoup sont heureux avec Gnome 3 ou Unity, je suis content que des projets me permettent de conserver mes habitudes. Dans le cas des distributions Linux on se retrouve dans une situation assez similaire, parce qu'on a tiré la sonnette d'alarme beaucoup se tournent vers Mint et quand j'écrivais que Mageia n'apportait rien par rapport à ce qui se fait, aujourd'hui la donne a changé, Mageia apporte une distribution facile mais surtout une distribution dont la source de paquets n'est pas Ubuntu et c'est ce qui risque de faire la différence pour pas mal de monde si Ubuntu venait à s'effondrer. Curieux univers que le notre où c'est Poulidor qui finit toujours par l'emporter en attendant que le premier du peloton finisse par glisser sur pavé bien lisse qu'il a lui même posé.

Très prochainement, nous ferons une petite ronde des distributions pour voir celle qui pourrait permettre à un noob de vivre sous Linux sans faire appel à un bataillon armé de barbus pour venir à son secours à chaque bizarrerie de son système d'exploitation.

- page 1 de 25