Nous sommes au Lycée, un Lycée, comme son nom l'indique mais nous avons aussi entre autre une école d'aides soignantes, la formation adulte. Il est d'ailleurs plaisant de voir des adolescentes qui étaient complètement folles en BEP devenues des jeunes femmes moins folles après avoir roulé leur bosse dans des milieux professionnels pas simples, hôpitaux, maisons de retraite et réussir leur concours. Cette année nous avons un bâtiment tout neuf pour accueillir ces adultes, et le conseil régional nous a offert une classe mobile au grand complet. C'est drôle une classe mobile, on voit ces ordinateurs flambant neufs avec leur batterie qui fonctionnent et quand on connaît la bonne informatique on rigole jaune en pensant que dans trois ans on est bon pour payer 1000 € de batteries ou de mettre des rallonges électriques dans toute la pièce. Alors que ce bâtiment est à 100 mètres du mien mes fonctions de salarié du ministère de l'agriculture font que je ne devrais pas lever le petit doigt pour m'occuper du matériel, mais comme j'aime le travail, j'aime passer de longues heures à bosser pour pas un rond, j'ai accepté d'aider à la simple conditions que les trente élèves travaillent sous Linux.
Il faut bien comprendre que le bénévolat a ses limites, et qu'à moins de payer 18 licences d'un antivirus solide, l'utilisation de Windows sur des postes élèves est tout bonnement suicidaire pour qui fait de la maintenance gratuite. Ce n'est pas parce qu'on est adulte qu'on sait utiliser un ordinateur, Il est sûr que dans le cas de la maintenance payante, ce serait une aubaine. J'ai proposé de payer de ma personne pour faire quelques séances de formation encore de façon bénévole, il est certain que lorsqu'on déboule sous Linux la première fois, ça peut faire drôle.
Où je veux en venir avec ce billet ? Entre les élèves, le personnel et maintenant les élèves aide soignant c'est pas moins de 150 utilisateurs de Linux quotidien dans un bled de 2000 âmes perdu au sud du Cantal, je compte maintenant une dizaine de convertis dans mon entourage et je ne compte pas m'arrêter là. Je pourrai aussi vous parler de ce b2i que je prépare, qui sera l'un des seuls de France sous Linux, des documentations, des retours de bug, je pourrai vous dire comme elle est belle et qu'elle brille mon armure de Linuxien, je me contenterai de vous parler de mon agacement. Le titre de mon billet est inspiré de celui du malheureux TimCruz : TimCruz le vilain barbu maladroit (ou le retour) dont le billet n'a pas encore été modéré à ma grande surprise sur le planet-libre. Je n'ai rien contre TimCruz, je trouve juste dommageable qu'il en vienne à se justifier dans deux billets (dont un modifié du premier) face à certaines personnes de la communauté ou même face à moi. Depuis quand les blogueurs ont des comptes à rendre quand leurs propos ne sont pas diffamatoires, depuis quand on doit rendre des comptes à des Linuxiens, c'est quoi ces conneries de charte du bon Linuxien, du juste ou du faux, qui détient la vérité ? Quand je lis Cyrille Borne écrit beaucoup, vite, trop vite parfois, et avec ça, pas toujours très sympathique l'garçon, un peu méprisant parfois, un peu mesquin aussi, surtout quand il ne comprend pas ou ne veux pas comprendre, ce qui revient au même dans le fond, parce que c'est amer, c'est méchant, c'est... pathétique. Un peu trop. Passons. ça me fait marrer. Quand c'était quotidien et insultant ça me faisait moins rire et je suis tombé moi même dans la justification. Quand on en vient à se justifier sur un de ses billets parce qu'on a été délibérément agressé par des inconnus c'est qu'on a mal vécu les choses, je ne sais pas dans quel état d'esprit est le garçon pour venir s'enfoncer une deuxième fois mais je lui apporte mon soutien.
Aujourd'hui avec du recul et au travers des quelques billets que Christophe qualifie d'amer, à raison ou à tort selon le passif de l'utilisateur comme on dit en physique, ma posture pour reprendre un terme employé c'est : l'ouvrage. Si certains prennent du plaisir à flageller les autres, à courir les billets pour expliquer ce qui est bien ou ce qui ne l'est pas, j'incite vivement la population qui se veut active à mettre en avant les actes plutôt que les paroles, à fermer ou modérer dur les commentaires pour éviter de lire des plombeurs, à mettre des œillères et foncer droit dans le mur ingrat de l'action au détriment de la position du penseur de Rodin, celle de la statue, l'immobilisme, celui qui ne fait rien.
Avant de penser que je déterre la hache de guerre contre Christophe sachez que ce n'est pas le cas, celui-ci aura l'intelligence de comprendre qu'à côté du no shoes qu'il arbore désormais sur son blog, il pourrait aussi noter "attention blogueur méchant". je pense que le garçon est entier et que les différents sujets qui traitent du libre lui tiennent tellement à cœur qu'il ne réalise pas parfois qu'il peut être profondément blessant pour qui n'est pas préparé. Christophe fait partie des gens qu'on peut être amené à croiser sur Internet, des gens aux propos cinglants, des gens qui ne mâchent pas leurs mots et c'est leur droit tant qu'ils restent dans le cadre de la légalité dans leurs propos. Comme Christophe, les pragmatiques Linuxiens, les Michu, les utilisateurs de Mac ou ceux qui craquent des photoshop à 2000 € pour faire des yeux rouges et viennent vous pourrir votre gimp ont le droit d'exister, cela fait partie de la jungle de la toile, c'est le jeu. Combien de gens écœurés, plus jeunes, moins bien armés que moi auraient jetés l'éponge quand on peut lire encore en faisant une recherche dans google sur mon nom que je suis le blogueur le plus aigri de la blogosphère suite en plus à un malentendu ? Ce n'est pas nécessairement la majorité qui a raison mais pas non plus toujours la minorité qui gueule plus fort que les autres. Alors camarades blogueurs, lorsque parfois vous avez un coup de cafard, mesurez vos actes plutôt que leurs paroles, c'est à cela que l'on juge réellement les gens.