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Le blog de Cyrille BORNE

"Monsieur votre blog il est nul y a pas de photos et on comprend rien !". Bienvenue sur le blog de Cyrille BORNE geek à la campagne.

Tag - Bureautique

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Installer salement GEOGEBRA cette application qui n'aime pas les linuxiens et pousse au Windowsisme

Suite à mon billet d'hier, Xavier professeur de mathématiques agrégé et chauve m'écrivait dans le forum qu'il existe un paquet deb non officiel mais soutenu tout de même par une partie des administrateurs de geogebra si bien qu'il aurait une forme de parfum de légitimité même si on le trouve dans une partie obscure du forum. Je vous donne la procédure d'installation sous Ubuntu.

  • édition du sources list : sudo gedit /etc/apt/sources.list
  • rajout d'un vilain dépôt d'origine inconnue qui va crasher votre machine : deb http://kondr.ic.cz/deb lucid main
  • sudo apt-get update && sudo apt-get install geogebra


Alors oui GEOGebra s'installe mais pas seulement, une batterie de paquets openjdk avec, parce que certainement le java de sun ne doit pas être assez bien.

Curieusement, une de mes applications java a crashé cette nuit, étonnant non ? Le réflexe primaire serait de hurler à l'ignominie de ma distribution Ubuntu reconnue pour son instabilité légendaire, je me contenterai tout simplement de dire qu'il ne faut pas s'étonner que sa distribution plante quand on prend des paquets n'importe où comme c'est le cas actuellement.

Comme le faisait remarquer Frédéric (encore un professeur de maths) il est aussi possible de compiler les sources par eclipse ce que je ne ferai curieusement pas pour mes 40 postes.

La démarche que je vous propose ici est ce qu'on doit redouter pour Linux. Prendre un paquet deb non officiel et l'installer sur sa machine, c'est ouvrir la porte aux chevaux de Troie, aux virus, et rendre son système vulnérable. Cette démarche c'est ce que fait chaque Windowsien quand il prend un logiciel d'origine inconnue et qu'il l'installe sur sa machine. Cette pratique tend à largement se développer chez nous pour preuve la présence des dépôts ppa qui se multiplient de façon exponentielle. Si ces dépôts correspondant à des applications non présentes dans les dépôts officiels ou à des versions plus récentes des logiciels remportent un tel succès, c'est certainement la preuve que le système actuel n'offre pas à ses utilisateurs ce qu'ils veulent, à savoir des installations faciles de logiciels variés et récents ce qui nous renvoie à nos débats traditionnels et aux rolling release.

Provoc gratuite : Geogebra n'aime pas les Linuxiens

Allez on va encore se faire des amis, youpi !!! Comme indiqué cette année, je récupère l'informatique en 4eme et en 3eme. Si pour la 3eme c'est un programme bien défini avec la validation du b2i en quatrième c'est un peu la fête puisqu'il est noté le minitel et autres comme je l'avais déjà explicité, si bien que je fais un peu ce que je veux. Utilisation du mail que je mets en place dès la quatrième, démontage de PC et présentation des différentes pièces, utilisation de kolourpaint et surtout compréhension de la notion de résolution de l'image et là je vais mettre une saucée de geogebra. Geogebra est un formidable outil de géométrie dynamique, là par exemple je fais trois applications sur Thalès à mettre en œuvre avec les élèves. C'est ludique, c'est efficace, on peut faire bouger dans tous les sens et faire des calculs avec. Dans les dernières versions l'apparition d'un tableur, encore un plus.

Alors pourquoi après tant d'éloges un titre aussi provocateur ? Tout simplement parce que l'installateur qui existait jusqu'à maintenant a disparu pour les versions Linux au profit d'une version portable. On pourrait imaginer que c'est formidable une version portable, un simple double clic et c'est fini et pourtant c'est complètement inutile (ce n'est pas au mot auquel je pense). Inutile, parce que si l'on peut comprendre l'intérêt d'applications portables pour Windows quand on se promène, geogebra Linux sur une clé USB dans la probabilité où vous tomberiez sur un poste linuxien (soit 1% des postes de l'univers) sur lequel il n'est pas installé et que le gars voudrait pas l'installer, alors là faut m'expliquer, c'est encore meilleur que le sketch de la chauve souris de Bigard ou les statistiques pour gagner au loto. Alors que les développeurs se tapent un franc délire pourquoi pas, ce qui est plus incompréhensible c'est le retrait de l'installateur. On avait un bin qui s'installait en faisant une exécution en root et c'est fini, ce bin a disparu. Pas de paquet deb non plus, je ne vous sortirai pas mon discours pro Ubuntu / Debian mais je le pense très fort, ce qui fait qu'au final il faut se lancer dans des manipulations "pourraves" pour installer de façon propre avec une icône le logiciel car dans mon cas l'utilisateur final c'est l'élève et l'élève a besoin de quelque chose de clicable sur le bureau.

Car, et c'est là où je veux en venir. J'assure la promotion du logiciel libre en impos... en choisissant Linux pour mon établissement, j'ai besoin d'installer sur 40 postes un logiciel libre et alors que celui-ci proposait une façon simple de mise en œuvre, je vais devoir fouiller pour trouver une solution. La solution avec mes nombreuses années de Linux derrière moi, il va de soi que je vais la trouver, mais imaginer les gens qui débarquent sous Linux à qui on a promis des synaptic et des installations faciles, personnellement c'est pour ma part de l'incitation à utiliser WIndows.

Alors certes le logiciel est libre, est gratuit, si on n'est pas content on connaît le problème, on n'a qu'à faire soi-même. Ce discours pour moi ne tient pas la route dès lors que le logiciel vise à une promotion pour une utilisation de masse, qu'il affiche en gros qu'il est libre et qu'il pénalise joyeusement les utilisateurs Linuxiens et par conséquent favorise les Windowsiens.

Moralité : aimez un linuxiens, codez des installateurs (ou packagez des deb ...).

geogebra01.png

Pyromaths l'ami des professeurs de mathématiques pressés (?)

Pyromaths est un logiciel qui permet de générer de façon automatique des exercices de maths sur un ou plusieurs thèmes précis. Si effectivement ce genre d'outils trouve rapidement sa limite, il possède plusieurs qualités indéniables. Sans rentrer dans les considérations pédagogiques de haut vol, les maths à un moment donné si on veut maîtriser un tant soit peu jusqu'au BAC, et bien il n'y a pas le choix, s'il faut forger pour être forgeron il faut faire des exercices en pagaille pour maîtriser. Attention il va de soit qu'il faut faire plus que des exercices basiques, mais comme je peux le constater pour mes lycées ou mes collégiens après plusieurs dizaines d'exercices d'applications, au moins on a un début de maîtrise, ce n'est pas pour autant qu'il seront capables de le restituer dans un exercice plus complexe mais ils possèdent tout de même le mécanisme. La difficulté c'est que de réaliser des exercices répétitifs et bien c'est ... répétitif. Le temps à passer pour produire et reproduire encore est conséquent, si bien qu'il paraissait logique qu'une tâche répétitive soit confiée à un logiciel, c'est ce que fait Pyromaths. Non seulement Pyromaths génère des exercices mais il génère aussi leur correction, on peut donc faire travailler des élèves en autonomie, je vois déjà mes collègues pensant au petit monstre pénible hyperactif qui finit quinze minutes avant tout le monde et qui dès qu'il sent l'ennuie arriver décide de faire son drôle pour passer le temps, oui, nous avons tous le ou la même.

Sur le site officiel est présent le logiciel sous différents types de package, le logiciel étant codé en python est multiplateforme donc disponible sous Linux, Mac et Windows. L'utilisation quant à elle est simpliste, il suffit de sélectionner la classe, le thème et la quantité et de générer. Le rendu Latex donnant au document une qualité bien sûr impeccable.

pyromaths01.png

pyromaths02.png

Arnaud Kientz qui est un ami, est professeur agrégé de mathématiques, j'ai réalisé récemment qu'il était largement impliqué dans le projet j'en ai profité pour lui poser les quelques questions qui me sont venues à l'esprit. Vous remarquerez d'ailleurs que la maîtrise de l'entrevue c'est pas encore ça, on dirait du Ardisson en moins trash :

cyrille : Arnaud quel est ton rôle sur le logiciel ?

Arnaud : je développe. J'ai fait peu d'exos, mais je suis responsable de la nouvelle interface avec les options et gestion des modèles, ainsi qu'une réorganisation du tout en POO, sauf que c'est pas encore fini. Je participe a la gestion du serveur, j'ai donne un gros coup de main a la mise en place du site (l'ancienne version ).

cyrille : je vais faire un article dessus, tu veux que je mette en avant un truc ou pas ?

Arnaud : Le projet a pris un coup de dynamisme avec l'arrivée récente de nouveaux développeurs assez actifs. Pleins de projets sont en cours, mais on va surtout compléter les exercices dans un premier temps et ajouter un mode de débuggage plus complet et surtout compréhensible, car il reste quelques problèmes d'encodages sous win. On loue une dédibox pour le projet. C'est cher de faire vivre le projet, mais la version en ligne est assez nécessaire : les dépendances pour l'installation de pyromaths sont lourdes autant sous win que sous linux car il faut une distribution latex. Pour ceux qui ne le désirent pas, pyromaths en ligne est parfait. Naturellement, on a un fait un lien paypal, pour les généreux donateurs qui aimeraient nous aider à financer le serveur : http://www.pyromaths.org/dons/. Dans les nouveautés pratiques, il y aura un aperçu des exercices au survol avec la souris.

cyrille : pourquoi y a pas les équations en quatrième ?

Arnaud : Personne n'a pris le temps de le faire, et il y a beaucoup de cas à traiter : avec ou sans développements, avec ou sans fractions, etc... Je note ça dans la liste todo.

cyrille : Est ce qu'on peut vous demander de générer certains types d'exercices automatiquement comme les stats par exemple qui sont pas présentes ?

Arnaud : C'est pas ce que tu as déjà fait avec les équations en 4e ? :-D Bien sûr que tu peux demander, et les stats ça me parait nécessaire vu que c'est pas mal à la mode. Évidemment, pour nous simplifier le travail, ce serait bien de proposer un ou plusieurs exercices type, mais je pense que c'est assez facile à faire (sauf le graphique en latex...).

cyrille : Est ce qu'on pourrait imaginer faire entrer des exercices non générés comme des annales de brevet par exemple ?

Arnaud : C'est pas trop dans l'optique du projet, mais je vais transmettre la demande. Je sais que Jérôme (NDLR : le grand patron) ne veut pas surcharger le programme et ne supporte pas les usines à gaz avec 50000 options.

cyrille : pourquoi le choix de python ?

Arnaud : Le choix de python, faut que je demande à Jérôme. Il me l'a dit 50 fois, mais je ne me rappelle jamais. Il avait hésité à la base entre python et c++.

Voilà, pour ma part je n'ai pas de temps à donner à Pyromaths puisque j'ai déjà de nombreux jouets à planter et documenter, j'ai fait l'effort de mettre une bannière sur le site, le logiciel m'ayant dépannée depuis quelques jours. Si tu es un professeur de mathématiques et que tu veux participer à un projet qui peut permettre à nos élèves de progresser n'hésite pas à proposer des exercices ou de l'argent, ou les deux, ou du code peut être ... Dans tous les cas, les remontées positives ou négatives sont attendues, vous pouvez les déposer dans le forum, Arnaud fait partie des administrateurs.

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