Cyrille BORNE et Associés

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2012 sept. 11

Dans la grande guerre Linuxienne, il n'y aura pas de gagnant

Ubuntu Christian Edition vient de sortir en version LTS, vous pourriez être surpris que j'évoque ce fork d'Ubuntu, ce n'est pourtant pas la première fois. Ubuntu Christian Edition ne se limite pas à encapsuler tous les programmes bibliques possibles et imaginables, il ajoute un contrôle parental par défaut assez puissant à son navigateur qui bloque non seulement les url mais aussi les expressions.

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Le filtre fonctionne de façon assez efficace puisqu'il s'agit de Dans Guardian mais aucun moyen de paramétrage n'est mis en place pour configurer le filtre de façon fine, il n'y a pas de restriction quant aux logiciels utilisés, au temps passé devant l'ordinateur, on peut toutefois se féliciter de voir que quelqu'un pense à la protection infantile dans l'univers Linux.

Je lisais dernièrement l'article de Philippe sur la mort du poste de travail Linux, où il évoque un peu les bastons dans notre univers, je vais apporter de même ma pierre à l'édifice de façon très bornienne. Le motif de la baston actuelle c'est une prise de conscience de certains acteurs du monde libre qui constatent une certaine division des ressources, ce qu'on synthétisera par chacun fait son truc dans son coin sans se poser la question de ce qui se passe chez les copains, le résultat c'est que personne n'arrive à sortir du panier de crabes et qu'on multiplie les programmes inutiles. Philippe d'ailleurs n'y va pas par quatre chemins puisqu'il propose de tailler dans l'inutile, dans l'arbre des distributions comme il dit, qu'il est romantique. Alors que je suis d'habitude entièrement d'accord avec ce propos et que cela me fait souvent pester de ne pas avoir un Linux fort quand je vois les poubelles Windowsiennes contaminées que je croise et qu'on ne sait rien sur Android où tout le monde tire la sirène d'alarme de la sécurité, il me parait tout de même important de revenir un peu sur notre bon univers Linuxien.

Souvenez-vous il y a quelques mois, j'écrivais un billet sur cinnamon aux environs de décembre de l'année dernière. J'évoquais qu'un fork de plus pour une distribution qui forkait déjà Ubuntu c'était encore le fork de trop et qu'il finirait dans la boîte à sapin. Les mois se sont écoulés, nombreux sont ceux qui s'indignent contre Gnome 3 et qui finalement regardent Cinnamon comme l'une des alternatives possibles surtout lorsqu'ils voient la boucherie qui va être réalisée dans Nautilus qui naviguera désormais dans vos fichiers aussi bien que le Titanic. Alors que tout aussi nombreux étaient les détracteurs de Unity l'interface de Canonical on apprend que cette dernière va être portée sur Fedora et sur Arch la distribution des elfes prétentieux. Alors que pendant des années j'ai appelé Xfce le Gnome castré et que j'ai pesté sur son inutilité, celui-ci vient comme une bouée de secours pour de vieux utilisateurs comme moi qui pensent qu'un ordinateur n'est pas une tablette et que les interfaces old school sont encore adaptées.

Ainsi en ce mois de septembre 2012, je me réjouis que des gens aient fait leur programme dans leur coin sans se préoccuper de ce qui se passe chez le voisin sinon je serais contraint d'utiliser une interface qui me donne des nausées. Réjouir est toutefois un terme exagéré, soulagé serait plus adapté. En fait rien de ceci ne se serait produit si à un moment donné l'équipe des développeurs de Gnome n'avait pas décidé de basculer toute son interface en version tablette. Est-ce que la base des utilisateurs a été consultée ? Je n'en ai aucune idée, il aurait peut-être fallu que je participe à des mailings listes pour dénoncer dans un anglais approximatif toute idée de changement, c'est donc peut-être ma faute, j'ai laissé faire. Néanmoins lorsque Facebook fait des pseudo votes bidons c'est affiché sur tous les sites internet informatiques, j'ai envie de croire que si on avait voulu consulter les usagers, les sites Linuxiens auraient relayé l'information.

Pour ma part la moralité est simple, pour éviter cette situation où tout part littéralement en sucette, il faudrait d'une part, une greffe de cerveau de certains développeurs, d'autre part une véritable interrogation sur ce qui manque au bureau Linux pour séduire l'utilisateur de base. La greffe de cerveau, pour en revenir au cas Gnome, c'est tout simplement construire une interface quasiment tactile alors qu'aucune tablette Linux un peu sérieuse n'existe et que le Web en est encore à ses balbutiements dans sa transposition vers l'internet mobile quand les manques sont encore nombreux dans l'existant. J'évoquais plus haut le contrôle parental pour Linux, il est totalement négligé, confortant un peu plus l'image qu'on peut se faire de notre système d'exploitation, un truc fait pour les spécialistes où les enfants n'ont pas droit au chapitre. Alors que Linux assure déjà une protection efficace contre les virus, il est nécessaire de faire des bricolages de folie pour protéger son enfant de la pornographie et de ce genre de joyeusetés et c'est bien normal, nos bons développeurs préfèrent s'investir dans les interfaces du futur abandonnant d'autres projets.

Tant qu'il n'y aura pas une prise de conscience collective de la part des développeurs, une prise de conscience qui prend en compte que d'autres développeurs développent, que des utilisateurs utilisent, qu'il serait bien de temps à autre de descendre de son nuage pour comprendre quels sont les besoins des uns et des autres, alors il n'y aura pas de gagnant, seulement des projets fantasmagoriques d'un côté et des utilisateurs frustrés de l'autre.

2012 mar. 20

Mageia toujours pas

La version 2.0 de Mageia va bientôt paraître, je vous livre quelques captures et impressions. D'abord, Mageia a raison, forker Mandriva devenait aussi nécessaire que forker Openoffice si on voulait assurer la pérennité du projet. On peut toutefois regretter que la communauté Mageia a pris la décision de créer une nouvelle distribution plutôt que de s'associer à une distribution déjà existante, parce que si les suites bureautique de la trempe d'openoffice se comptent sur les doigts, les distributions Linux elles, se comptent sur les doigts d'un extraterrestre vraiment bizarre.

Pour moi une distribution Linux pour se démarquer des autres pour avoir du sens.

  • debian se démarque des autres car elle est le pilier de la stabilité, la paix pour trois ans,
  • Ubuntu se démarque des autres car elle est la distribution pour les noobs et pour ceux qui ne veulent pas se prendre la tête,
  • Arch se démarque des autres car elle propose une rolling release avec une importante communauté derrière de prétentieux,
  • Fedora se démarque des autres car elle possède une forte reconnaissance matérielle, de nombreux logiciels, de l'innovation, est accessible.

En quoi se démarque alors Mageia des autres ? Son panneau de configuration user friendly qui doit offrir à l'utilisateur la possibilité de configurer de la façon la plus simple sa machine. J'aurai rajouté à titre personnel que je trouvais formidable l'ébauche de contrôle parental qu'on pouvait trouver dans la distribution à travers drakguard. A l'installation les principaux choix par défaut sont KDE et Gnome, Mageia ne se présente donc plus comme une distribution KDE et veut être présente sur tous les terrains, un tort pour ma part, les distributions feraient bien de s'affirmer pour un environnement plutôt qu'un autre et par le fait réussir à se démarquer. Je choisis l'installation sous Gnome d'où la version dégradée de Gnome Shell, je n'ai pas virtualisé avec l’accélération graphique ce qui n'aurait pas changé grand chose. Comme on peut le voir dans les catégories de logiciel, on retrouve un travers qui date de Mandrake à savoir qu'on propose trop. Deux navigateurs Web (Firefox et Epiphany), deux éditeurs vidéos (Openshot et Kino), comme si la redondance de logiciel était une bonne idée, alors qu'une distribution justement doit présenter ses choix, on en met ici plusieurs, pour mieux noyer l'utilisateur.

Comme on peut le voir au troisième écran drakguard n'est pas installé par défaut, pourtant ce logiciel est un véritable plus. A l'installation on réalise que l'interface et le logiciel n'ont pas changé depuis que je parle de ce contrôle parental, ce qui ne nous rajeunit pas.

C'est précisément l'impression que me fait Mageia depuis que je lance de temps à autre cette distribution, je ne vois pas les avancées, les nouveautés, on dirait qu'on stagne. Mageia est pour moi une distribution qui manque de personnalité, de buzz, de différence, une distribution parmi tant d'autres noyée dans la masse.

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2011 nov. 11

Linux Mint ou Ubuntu, le gagnant ? Le deb

Le terme de gagnant me gêne un peu dans le contexte actuel, car pour vous livrer ma pensée du moment j'ai l'impression que les deux perdants du monde informatique d'un point de vue logiciel c'est le logiciel libre et Microsoft. Il s'agit d'une pensée, pas une réalité, pour la simple et bonne raison que le PC n'est pas enterré, que le marché des tablettes n'est pas l'explosion attendue et qu'il est certain qu'il va falloir que chaque appareil trouve sa place, même s'il y en a un qui l'a bien trouvée et pour longtemps c'est le smartphone. S'il est prématuré d'enterrer un OS ou un autre, un acteur, on peut dire qu'il y aura la nécessité de prendre en compte le smartphone, il faut faciliter la communication entre l'ensemble des appareils pour simplifier l'utilisation quotidienne de ces appareils, en toute transparence. Concrètement si j'utilise mon agenda sur mon smartphone, je dois pouvoir y accéder de façon toute aussi simple sur mon PC, sur ma télé ou sur tout autre appareil, on comprend que cette communication ne pourra passer que par le cloud ou par l'imposition d'un système d'exploitation unique. En gros tout le monde peut garder sa place si on a la bonne intelligence de réussir à harmoniser l'ensemble, et déjà que Linux n'est pas le champion du monde de ce côté là dans le domaine du jeu vidéo par exemple, il faudra faire un effort pour créer des passerelles vers Android notamment. On pourrait d'ailleurs ouvrir une parenthèse intéressante en évoquant le bide retentissant des ventes de PC Google Chrome ce qui prouve qu'une interface dédiée à des terminaux mobiles sur un ordinateur ne plait pas, je pense que quelqu'un qui achète un portable aujourd'hui veut pouvoir pleinement utiliser sa machine sans restriction ce qu'offre l'OS de google et qui peut nous laisser entrevoir une petite perspective d'avenir, l'ordinateur pour les utilisateurs qui en veulent plus ou qui en veulent tout simplement.

Pour l'instant, puisque nous avons encore le plaisir de chipoter sur nos interfaces PC avant que le couperet ne tombe, je lis avec beaucoup d'amusement les articles de Frédéric Bezies qui continue de jouer à la bataille des distributions sans réaliser ce qu'il arrive à en faire émerger, ou peut être qu'il le fait consciemment et qu'il nous annoncera qu'il quitte Archlinux pour une distribution à base de deb. Plus que le choix de l'interface, c'est le choix des distributions leader qu'il nous propose, Linux Mint ou Ubuntu des distributions à base de deb. On sait que debian continue d'être largement utilisée, parfois par les mêmes utilisateurs des deux distributions orientées desktop, comme je le fais au lycée par exemple pour m'éviter une mise à jour qui pourrait m'être fatale tous les six mois, qu'Ubuntu malgré la "défaillance" d'Unity qui sera peut être l'interface de référence demain pour les gens libres y compris sur les appareils mobiles conserve encore de nombreux avantages comme son cloud par exemple Ubuntu one qui progresse au fur et à mesure des versions et qui pourra aider à la convergence des appareils que j'évoquais plus haut, que Linux Mint est devenu l'alternative pour ceux qui ne veulent pas d'un environnement, mais où sont donc passées les distributions à base de RPM ?

On a vu passer de façon très discrète la sortie de la Fedora 16, j'ai d'ailleurs été surpris de voir si peu de nouvelles tomber dans l'agrégateur à ce sujet, la nouvelle la plus complète étant certainement celle du site du zéro, mais où sont donc passées Opensuse, Mandriva, Mageia et les autres ?

Fedora avance encore son lot d'innovations avec cette sortie et correspond encore à cette espèce de laboratoire expérimental Linuxien, mais on peut difficilement croire qu'il s'agit ici d'une distribution grand public, pour les autres, quelles innovations, quelle présence, quelle actualité incontournable ?

Voilà c'était pour le bonheur de troller un vendredi, un vendredi férié de plus, je vous laisse avec un article bien plus sérieux du tout aussi sérieux Michel Leunen qui vous propose une installation pas à pas d'Archlinux pour que vous aussi vous pouvez dire, moi j'ai installé Arch, je suis un kador.

Note : Dans le dernier billet de Frédéric, qui n'est pas le dernier dans le troll non plus, il explique qu'il ne restera plus de projets à base de Gnome 2 et que les gens vont devoir se retourner vers des interfaces des années 90 que sont LXDE et Xfce. Je me permets deux commentaires :

  • les projets qui tentent de faire perdurer le passé sont voués à l'échec (le projet Trinity par exemple pour faire vivre la branche 3.5 de KDE), dans le sens où si le projet gnome décide de tourner la page, il n'y aura malheureusement pas d'autre alternative à moins d'avoir une scission complète des développeurs du projet. Je rejoins donc l'opinion de Fred sur l'avenir de Mate qui sent déjà le sapin.
  • j'aime beaucoup l'expression qui dit que le chemin le plus rapide est celui que l'on connait. Alors effectivement on peut considérer que les interfaces LXDE et Xfce sont vieillottes, elles ont le mérite d'exister et d'ouvrir la porte aux Linuxiens d'un autre âge qui n'ont connu justement que ce type d'interface, l'une des missions de Linux à mon sens, ne laisser personne sur le carreau. Ensuite, je n'irai pas trop me moquer de ces interfaces, car personne ne sait de quoi sera fait demain. Car, si Canonical a fait le choix d'une interface unique pour s'orienter vers du matériel mobile et cela dans la cohérence d'une recherche de partenariat pour diffuser la distribution sur ces appareils, quelle est la "légitimité" ou plutôt quelle est la feuille de route de Gnome pour décider de changer son interface de façon radicale quand son interface pour l'instant ne s'oriente que vers les ordinateurs ? Pour ma part, il y a une différence fondamentale entre l'utilisation d'un appareil tactile et d'un clavier et d'une souris, ce que j'ai vu des interfaces Unity et Gnome 3.x ne m'ont pas paru les plus adaptées pour le matériel que j'utilise actuellement. Une fois de plus l'avenir nous le dira, il serait intéressant de savoir si Xfce et LXDE voient une progression comme Mint actuellement, savoir si la fuite est plus profonde que celle d'Unity, mais bien d'un refus d'une interface futuriste et actuellement mal adaptée à nos PC

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