Force est de constater qu'en ce moment c'est plutôt rigolo. Il y a environ 3 semaines, j'ai été pseudo touché par le virus de la grippe et j'ai réussi à me remettre sur pieds en 48 heures car je suis un vrai bonhomme, je me soigne au café. La semaine dernière ma femme a attrapé la grippe et elle a fait moins semblant puisqu'elle a été clouée au lit, ce qui m'a donné une semaine joyeuse à en faire encore plus à laquelle il est nécessaire d'ajouter les paramètres variables, comme la machine à laver qui meurt de sa plus belle mort et le contrôle technique de la voiture, et les paramètres constants que sont les enfants régis par le théorème du "chic un gardien de prison malade, profitons en". La semaine dernière a été relativement calme, à y réfléchir même, les élèves étaient peut être plus normaux que d'habitude ce qui cache quelque chose pour la semaine, j'ai comme d'habitude couru après le temps, nous approchons du choix définitif de l'orientation de la fin de la classe de 3ème dont je suis le prof principal, je fais le tour des parents pour expliquer que d'une part il est urgent de choisir, que d'autre part c'est bien dommage d'avoir certains élèves qui glandouillent quand un dossier scolaire impeccable est nécessaire pour suivre la filière de son choix. Dans les raisons du décrochage scolaire, l'orientation choisie par dépit est un facteur majeur, et force est de constater que nous n'avons pas assez de temps avec les élèves pour les guider au mieux dans leurs choix. C'est d'ailleurs là une évolution profonde de la société, il me semble qu'à l'époque on trouvait sa voie plus facilement, ou peut être les facteurs étaient plus évidents, combien d'anciens camarades d'école à l'époque ont repris le cabinet dentaire du père, combien ont pu être pistonnés pour entrer dans la boîte de la mère, du fait que le travail est plus difficile à trouver et que les parents n'en ont pas nécessairement, j'imagine que le chemin pour les élèves est beaucoup moins simple à trouver, pas facile de se raccrocher aux branches quand il n'y a plus d'arbre.

Tout a commencé samedi soir, la gamine silencieuse ne mange pas, silencieuse et ne pas manger c'est le déclenchement de l'alerte maximale, nous avons théoriquement un contrat pour les parachutistes si l'une des deux conditions est réalisée, alors imaginez les deux. Sans appel, le thermomètre fait bip à 38.7, la toux, Susan a certainement la grippe, ce que je vérifierai ce matin chez le docteur. C'est d'ailleurs un coup de chance de ne pas bosser lundi, et c'est bien le seul coup de chance du moment. Mardi l'école est en grève. Je dois dire que Vincent Peillon me fait doucement rire avec sa réforme des rythmes scolaires. Il faut comprendre que c'est la pause de midi qui principalement sera allongée ce qui veut dire que la journée d'école sera exactement la même en terme de durée, à laquelle on rajoutera désormais le mercredi matin pour que les enfants ne puissent pas profiter d'un sommeil réparateur. En fait s'il avait fallu trouver des éducateurs ou faire sortir les enfants plus tôt ça aurait été une pagaille pas croyable, des problèmes d'organisation pour les parents ou des problèmes financiers pour les collectivités, ce qui me fait doublement rire. On est en pleine période de crise profonde, on parle d'état en faillite, non seulement il faut débloquer des fonds pour encadrer ces petits enfants, mais en plus comme les enseignants ne sont pas contents, on va sortir une prime de 400 € sans aucune contrepartie, juste pour calmer le jeu. On notera de plus que le mercredi matin on va rajouter les transports scolaires qui vont tourner, les familles qui vont se déplacer, les enseignants, c'est autant d'essence gaspillée, de pollution, d'argent dépensé. Et puis ce dont j'ai la quasi certitude, c'est que les gosses entre midi et deux heures avec une pause trop longue vont multiplier les âneries, la fatigue, qu'ils vont courir sous la pluie, dans la neige et que tout ça en fait ne fera qu’accroître une fatigue déjà très importante, ça fera tourner à plein régime la sécurité sociale. Aucune réforme des programmes scolaires, aucune réflexion sur le niveau qui baisse, on ne peut même pas appeler ça un pansement sur une jambe de bois, plutôt une astuce pour détourner l'attention des vrais problèmes.

Alors que les collectivités doivent en faire plus, mardi personne ne sera là pour accueillir mes enfants, la mairie de Roujan n'a pas mis de service en place, un service minimum qui me semblait être une obligation légale. Vous comprendrez dès lors que je suis en droit de m'interroger sur les capacités d'une mairie quant à l'organisation de la réforme des rythmes scolaires, j'imagine que je ne dois pas être un cas isolé en France. En même temps la probabilité pour que je sois ici l'an prochain est dérisoire, ce qui veut dire que je ne serais pas là pour voir, mais pour l'instant je suis dedans. Si le médecin estime que ma fille n'a pas besoin de parent pour la garder et qu'elle est apte à reprendre du service, lundi soir je ferai un aller retour d'environ 2 heures pour les amener chez les grands parents et mardi soir je ferai le même aller retour après une petite journée de travail sympathique où l'on change le photocopieur et où je devrais reconfigurer l'intégralité des ordinateurs du lycée. La partie n'étant pas assez intéressante, l'Hérault est en alerte orange et au moment où j'écris ces lignes, c'est à dire dimanche, la neige est attendue pour l'après midi, le verglas pour le lendemain.

Joie.

Edit plus tard

  • Météo France s'est plantée, pas la première ni la dernière fois, il n'a pas neigé ni verglacé dans mon coin, l'alerte orange a été levée.
  • Ma fille a la grippe donc maman reste la garder demain ce qui m'évite de contaminer les grands parents et de prendre la route.