2013 janv. 28
Brève : le pouvoir de la France, celui des mots
08:00 - Par Cyrille BORNE - Web - Lien permanent
Le mot dièse pour le hashtag a fait couler beaucoup d'encre numérique ces
jours-ci, on se moque bien sûr, la francisation de mots utilisés régulièrement
par des millions de personnes depuis quelques années a toujours un aspect
ridicule surtout quand les expressions ont un côté rétro, désuet. Que dire du
CD Autonome pour remplacer Live CD, se réveiller 7 ou 8 ans après pour donner
une terminologie impropre à une technologie (le CD) qui est en voie de
disparition, autonome, jusqu'à preuve du contraire il ne prend pas ses petites
jambes pour entrer tout seul dans la tour. Pour ma part ce qui m'étonne c'est
toujours la même chose, le sens des priorités. On apprend qu'il existe la
Commission générale de terminologie et de néologie, des gens bien
pensants dont la mission est de trouver des remplaçants aux mots anglais qui
ont trop de succès afin de protéger notre belle langue française. Je serais
étonné de connaître le budget de cette commission, savoir combien dans ces
temps de crise nous coûte ce "protectionnisme verbal", quand on connaît les
millions dépensés pour réaliser certains sites internet,
tout en vantant les mérites du logiciel libre, on peut imaginer que tout
ceci n'est pas gratuit.
Ce qui n'a pas été écrit entre les moqueries, c'est que la colonisation par les
mots anglais n'a absolument aucune importance, un de ces quatre ce sera des
mots chinois ou d'autres. En fait, le combat se situe au mauvais endroit, si en
France on avait inventé twitter, les étrangers qui l'utilisent appelleraient
cela des mots dièses, et ne penseraient peut être pas à trouver des équivalents
dans leur langue, se contentant de saluer le génie français de l'invention du
réseau social, et d'adopter avec joie ce nouveau mot si original. Si
l'innovation, si l'informatique française avait été performante, on envahirait
le monde avec notre langue, ce n'est pas le cas, alors à l'instar des
anglicismes, des produits technologiques chinois, il faut se soumettre quand la
bataille est perdue et s'essayer à remporter d'autres victoires. On ne fera pas
briller la francophonie en faisant croire qu'on contrôle la situation en
mettant des noms sur des choses qui existent déjà pour tout le monde, on
parlera le Français technologique dans le monde seulement quand la France
brillera dans ce domaine. En gastronomie par exemple la salade Niçoise
s'appelle la salade Niçoise à travers le monde sans que cela choque quelqu'un ou
qu'on tente de déplacer la ville d'origine, peut être tout simplement parce
qu'ailleurs, on salue la qualité de la cuisine française, comme on devrait
accepter sans sourciller les mots anglais ou autres s'ils sont synonymes d'une
réussite que nous devrions consacrer, envier, imiter.

D'après le
Geektionnerd
Commentaires
J'ajouterai que tous les languages informatiques sont en anglais ..... On a pas encore inventé de language pour coder dans d'autres langues que je sache.
Le lundi, janvier 28 2013, 11:22 par Michel
Je trouve en effet que l'on fait réellement n'importe quoi avec notre belle langue.
J'ai eu la chance de visiter le Québec et bien là-bas, la francisation n'est pas une chose prise à la légére et c'est une très bonne chose !
Il n'y a pas de panneaux 'Stop' par exemple mais des panneaux 'Arrêt', on y marque d'ailleurs un temps d'arrêt quand on ne les brûle pas.
De même, il existe des parcs de stationnement et pas des parkings, on magasine, là où chez nous on fait du shopping. Je ne vois pas de honte à avoir une adresse de courrier électronique quand d'autres ont une adresse de courriel (beurk).
Il y a certainement une dérive là où shareware et freeware ont été traduits par partagiciels et graticiels. La construction des mots ne suit absoluement aucune logique là où un adjectif devient un nom, il serait préférable, peut-être, de parler de logiciels en libre essai et de logiciels gratuits.
Le comble est atteint quand au fameux bogue de l'an 2000, lire pour cela en référence http://fr.wikipedia.org/wiki/Bug_%2...
Nous sommes donc passés d'un insecte causant des court-circuits à l'enveloppe protectrice de la châtaigne !
Enfin, je pense que certaines fois, cela fait plus snob et/ou vendeur d'employer un terme anglais qu'un terme français pour des produits vendus exclusivement en France et ça c'est dommage.
Le lundi, janvier 28 2013, 19:08 par tamplan
@Michel
Et si, il existe des languages de programmation en français. J'en connais au moins deux : linotte et Xcas.
Enfin, je dis "connais"... je ne parle que du nom car je n'ai jamais essayé linotte et j'ai écris quelques programmes sur Xcas mais avec la syntaxe anglaise...
Le lundi, janvier 28 2013, 22:16 par toufalk