Le constat

C'est la semaine du partage cette semaine chez Cyrille BORNE, il s'agit cette fois ci à la différence du Warez d'un partage que je qualifierai de bienveillant et surtout de plus en plus urgent. J'étais lundi à la surveillance de l'épreuve de Français du CAPA comprendre le CAP Agricole avec mes collègues de sport et de physique chimie, relis la phrase, trois erreurs se sont glissées à l'intérieur, je te donne un indice, il s'agissait d'une épreuve de Français. L'épreuve se déroulait au lycée Horticole de Gignac, un lycée à une vingtaine de kilomètres de Clermont l'Hérault ma base de rattachement. Je pourrais un jour vous faire un guide du routard de l'établissement scolaire, en quelques minutes, l'accueil, les visages, sont autant d'éléments qui vous donnent une image positive ou très négative d'un établissement scolaire. Les choses étaient plutôt bien faites puisque chaque enseignant extérieur à l'établissement était accompagné d'un enseignant de la maison, pour ma part une prof d'anglais on ne peut plus charmante qui faisait deux têtes de plus que moi. Le dialogue s'installe assez rapidement, on échange, on se raconte brièvement nos vies, nos établissements respectifs, le genre de choses que je fais très facilement étant d'un naturel communiquant (quand j'ai envie), les épreuves se terminent nous ramenons les copies, elle me présente sa collègue de mathématiques qui passe par là, nous faisons nos adieux car nous savons l'un comme l'autre que nous ne nous reverrons certainement plus jamais. Ce genre de situation je l'ai vécue des dizaines de fois dans mon métier, surveillance, correction d'examens ou formations, on sympathise mais le lien ne se fait quasiment jamais. En arrivant à 10 ans de métier, je n'échange qu'avec deux personnes en mathématiques : "maman" depuis cette année qui est mon illustre aînée et nous nous félicitons chaque matin de ne plus être le seul prof de mathématiques de nos établissements respectifs, on fait parfois des petites intégrales au tableau de la salle des profs devant l'indifférence générale, mais on s'en fout, on est heureux, un camarade proche de Toulouse avec qui nous partageons tout depuis une formation sur la disparition du BTA et l'apparition du BAC PRO. En fait deux personnes ce n'est pas exact, j'ai derrière moi une ribambelle de professeurs agrégés de mathématiques avec qui je vis sur internet, il s'agit de deux enseignants de l'enseignement agricole.

Sur le net ce n'est pas réellement mieux, si vous tapez dans google MG4 mathématiques, je compte trois enseignants, dont moi, un qui a fait un site bizarre sans document et un dernier en région parisienne assez comlet. Avec plus de 150.000 élèves, l'enseignement agricole représente bien sûr une goutte d'eau dans l'océan de l'éducation nationale, toutefois n'être que deux pelés à partager les cours en ligne c'est quand même un peu court, pour ne pas dire qu'on se sent très seul. On peut bien évidement me rétorquer comme je l'entends dire assez régulièrement que tout le monde n'a pas que ça à faire, et pourtant je ne peux m'empêcher de penser au temps que j'ai pu gagner grâce aux ressources disponibles sur internet, je pense notamment à Luiz Lopez qui mériterait un coup de main pour la réalisation de son site très XX°ème siècle mais dont les contenus sont très pertinents.

A ce manque de partage s'ajoute le problème de la multiplicité des sites, y compris les sites institutionnels, paradoxe dans un univers où l'on partage peu, on partage mal, je dénombre pour l'enseignement agricole au moins trois sites de référence dont les contenus sont parfois identiques mais où de temps à autre une information transpire, et il faut trouver le bon pore.

Les solutions.

A l'instar des chefs d'établissements qui se réunissent de façon très régulière sous forme de CREAP, on pourrait imaginer des réunions de profs de maths au niveau régional ou sur une zone tous les 6 mois. J'ai écrit prof de maths comme j'aurai pu écrire prof de français, on pourrait envisager des réunions générales ou à thèmes, comme la préparation des CCF, les progressions, la mutualisation des ressources, l'utilisation des nouvelles technologies et j'en passe, plutôt que de travailler tout seul comme un couillon dans son coin. Pour initier la réunion, il faut un coordinateur, c'est certainement là que ça pose problème, c'est une initiative non professorale, le professeur subit les réunions et ne les pose pas, il faudrait donc certainement passer par le chef d'établissement. Le prolongement bien sûr c'est l'internet avec la mise en place d'une plate-forme plus ou moins collaborative mais surtout facile, avec pourquoi pas en point d'orgue le partage sur internet.

Je suis pour ma part trop fraîchement arrivé dans la région pour me lancer dans ce genre d'initiatives, j'ai déjà un travail de dictateur à mettre en place au sein de mon établissement avec l'ENT. A ce propos mes bons sujets sont assez réceptifs, ce qui montre tout de même que lorsque quelqu'un prend les commandes, qu'on dicte, qu'on impose, mais qu'on assiste et qu'on est bien présent, on arrive à trouver de bons échos à toute initiative aussi bouleversante soit elle dans les habitudes. Lorsque dans quelques temps je serais un peu mieux implanté, si les choses sont toujours en l'état, il n'est pas dit que je ne tente pas de fédérer les établissements agricoles du coin, j'ai déjà une porte d'entrée avec l'informatique, pourquoi pas en plus, les mathématiques.

Si vous êtes prof de maths en LEAP, n'hésitez pas à me contacter, je suis pour ma part très partageur et je n'attends pas grand chose en retour.

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