Jean Dujardin vient de recevoir l'oscar du meilleur acteur, Michel Hazanavicius celui du meilleur réalisateur pour the artist. Je pense que c'est un film que je ne regarderais pas, parce que les films muets, en noir et blanc, ce n'est pas réellement le genre de choses qui me font envie au 21ème siècle. C'est certainement ce qu'ont dû se dire l'ensemble des producteurs à qui Michel Hazanavicius a proposé le projet, puisque the Artist est un film dont personne ne voulait au départ, personnellement je le comprends. Il y avait un critique qui disait qu'à propos des remakes de la guerre des boutons, deux films quand même cette année, qu'ils n'avaient aucun intérêt puisque le film original avait déjà été tourné, qu'il suffisait de le regarder. Pourtant ce genre de films en couleur, avec une réalisation plus attractive c'est un peu comme remettre au goût du jour un jeu vidéo, notre génération, à fortiori la suivante va avoir beaucoup plus de mal à entrer dans un modèle particulièrement obsolète même si l'intérêt est présent, le scénario intéressant, preuve en est quand même que si l'emballage ne fait pas tout, quand il est trop difficile à appréhender, il peut rebuter le public. C'est donc le choix de l'authenticité qui a payé et si j'étais vachard je pourrais dire que sur le sol américain, le succès peut se justifier. Si vous regardez des dessins animés récents, comme Ratatouille, la vision de la France c'est la tour Eiffel, la gastronomie, une image qui n'a jamais vraiment changé depuis les années 50, on ne s'étonne pas dès lors que les deux derniers films qui ont "cartonné" à l'étranger au niveau des récompenses sont la môme avec l'histoire d'Edith Piaf et le fabuleux destin d'Amélie Poulain, cette si jolie visite de la capitale Alors quand les français rendent hommage au cinéma Américain et bien les ricains en redemandent qu'on viennent cirer les pompes de l'oncle Sam. Car, la France plus traditionnelle, la France d'intouchables avec son noir issu des banlieues qui fait de l'humour à deux balles sur un handicapé, aux États-Unis on n'en veut pas, et pourtant cette France là, de l'humour noir, j'ai l'impression qu'elle est bien plus présente que celle du béret et de la baguette de pain.

Je pense que The Artist n'est pas un succès prémédité, quand l'heure est aux effets spéciaux et à la 3D miser sur un film muet en noir et blanc, il faut être devin pour croire en sa réussite. Si l'on considère le film Les Aventures de Philibert, capitaine puceau film à gros budget et gros bide du cinéma français, on aurait pu miser sur un plus large succès. La parodie est réussie, elle s'inspire directement du patrimoine du cinéma Français avec des références aux films de cape et d'épée de Jean Marais ou Gérard Philippe, et pourtant ce fut l'échec.

La leçon que nous apprend the artist c'est qu'il est particulièrement difficile de prévoir le succès, qu'il faut croire en l'audace et parfois même aux fous, il faut savoir oser, ce qui, je dois le reconnaître, n'est pas simple en période de crise.

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