Vous avez certainement pu le lire, des comptes twitter parodiant Nicolas Sarkozy ont été fermés à la demande de l'UMP. Il y a deux façons de faire fermer des comptes chez Twitter d'après ce que j'ai pu lire : le spam et l'usurpation d'identité. C'est sur cette dernière notion qu'aurait joué l'UMP en prétendant qu'il pourrait y avoir une confusion entre le candidat et le compte parodique. Comme je le précisais dans un précédent billet, Twitter reste encore un endroit pour les gens qu'on qualifiera d'éveillés aux nouvelles technologies, on montre une fois de plus la méconnaissance de l'internet des partis politiques, il faut savoir que cette pratique a été utilisée par la gauche pour de faux comptes de François Hollande. J'ai un peu de mal à saisir cette volonté, cette bataille de l'internet pour cette élection présidentielle de 2012 qui à mon sens ne se joue pas sur le net, ne devrait pas se jouer sur la communication et dans les tartes que s'envoient les candidats mais sur les idées. Twitter reste un outil ultra-minoritaire pour une poignée de geeks et d'intellectuels, lorsque l'on voit les Guignols de l'info, les journaux télévisés, les humoristes, le petit journal, le canard enchaîné nous vivons dans le monde de la caricature et de la satyre si bien qu'il parait exagéré de crier à la censure surtout pour ne rien faire derrière.

Je twittais hier mais vous ne le savez pas car vous n'êtes pas assez nombreux à me suivre sur @cyrborne : je suis surpris de voir toujours autant de monde sur twitter notamment les libristes, après la censure, j'imaginais les départs en masse. J'aurais pu vous faire un long laïus sur le fond de ma pensée, mais Tristan Nitot comme souvent trouve les bons mots pour le dire : Je suis moi même très préoccupé par ce problème de censure sur Internet. Mais il y a une chose que tout le monde semble oublier en criant à la censure : on pense que Twitter, c'est du Web ouvert, mais non. Twitter, c'est l'exemple type du Minitel 2.0 : un machin centralisé, contrôlé par une société commerciale qui décide de ce qui s'y passe ... Du coup, si on n'est pas d'accord avec Twitter, on n'a qu'a fermer sa gueule et/ou quitter le service. Mais pour aller où ? L'intérêt de tels réseaux sont justement dans le fait que leur intérêt croit avec le carré du nombre d'inscrits (Loi de Metcalfe). Comme il n'existe pas de concurrent, et qu'il est improbable qu'il s'en crée un jour, on a le choix entre arrêter d'utiliser ce service ou bien fermer sa gueule.

Bien évidement tout le monde a choisi la solution qui consiste à fermer sa gueule plutôt que de basculer vers un logiciel libre, car la solution existe, c'est status.net. Je n'aborde pas le cas d'identi.ca qui elle aussi est une société et qui par le fait ne vous laisse pas plus libre de vos propos que twitter s'il devait y avoir un problème, mais bien du logiciel qui est utilisé derrière. Ils sont quelques-uns à posséder ce système qui à mon avis, mais ce sera certainement corrigé par un spécialiste, ne permet que de communiquer avec identi.ca et pas avec twitter pour lequel il faudra encore un compte et donner l'autorisation. Identi.ca c'est bien gentil mais c'est une façon de plus de se couper d'un monde pour rester avec les joyeux libristes, ces mêmes personnes qui prônent les propos de RMS mais qui ont d'autres actes. Avec ces quelques lignes Tristant Nitot pointe précisément l'une des plus grandes faiblesses de l'esprit libre, se cloisonner complètement derrière des outils, s'empêcher de faire des gestes simples, se forcer à ne plus être comme tout le monde.

Ce qui est intéressant dans son propos c'est que l'homme qui a bouleversé le navigateur bien avant chrome, n'y croit pas. Je trouve ça étonnant d'ailleurs, mais je peux difficilement lui jeter la pierre. Jabber n'a jamais réussi, diaspora ne réussira pas, identi.ca pourrait. Pour les deux premiers je peux vous donner au moins une très bonne raison, l'absence de centralisation. Rappelez vous mes déboires avec Jabber sur les différents serveurs, si un service doit passer obligatoirement par un serveur personnel pour fonctionner ce n'est pas possible, il ne sera jamais populaire. Le cas identi.ca est mieux pensé car il propose un large serveur pour inscrire tout le monde mais la possibilité pour les gens qui voudraient décentraliser de le faire. Alors pourquoi Identi.ca ne fonctionne pas ? Car il est dans l'ombre de twitter, est une excuse, pour ma part c'est qu'il ne propose rien d'exceptionnel, de différent, d'innovant qui pourrait faire la différence. En ce moment on parle de Pinterest un nouveau réseau social apparu en 2010 et qui compte déjà plus de 10 millions de membres. Pourquoi la réussite n'est-elle que pour les autres ? Pourquoi le logiciel libre n'arrive pas à s'imposer ? Autant de questions qu'il faudrait se poser pour espérer avoir le beurre et l'argent du beurre, utiliser un logiciel libre tout en restant populaire.