• Au billet numéro 100 je m'auto congratulais pour ce que j'avais pu écrire, j'avais bien raison
  • Au billet numéro 200 je me félicitais d'être un électron libre et d'avoir claqué la porte du planet-libre (rires nombreux, enfants en masse qui me montrent du doigt et qui me jettent des cailloux)
  • Au billet numéro 300 je parlais de ma rencontre avec GMC et Philippe Scoffoni, je pense que c'est dans cette période où j'ai commencé à me préoccuper sérieusement des problèmes de liberté
  • Au billet numéro 400 je racontais n'importe quoi et j'allais un peu dans toutes les directions, ça arrive même aux meilleurs.

Billet 500, les années sombres, comment pourrait il en être autrement dans la période de morosité que nous traversons. La peur du chômage, la peur du H1N1 qui tue les gros en bonne santé diplômés âgés de 25 à 40 ans, la culture qu'on a assassinée. Au delà du contexte actuel, c'est peut être l'anniversaire de mes dix ans d'activisme sur le net qui me file le blues qu'on peut lire actuellement dans mes billets un peu sombres je le reconnais, peut être aussi le fait d'avoir pris 10 ans dans la tête, le passage du Gonzague de 25 ans à celui de professeur bien rangé de bientôt 35, mais sans conteste c'était mieux avant.

Cette époque où le premier demeuré n'avait pas accès au net, cette époque où le SMS n'existait pas, cette époque où l'écriture n'était pas calculée à la virgule pour savoir combien on va gagner dans sa régie pub, cette époque où l'on créait, développait, cette époque finalement où l'on avait réellement la différence entre la télé et le net. A part quelques exceptions qu'on trouve aussi parfois à la télé d'ailleurs, le net n'est finalement devenu qu'un espace d'abrutissement parmi d'autres.

La démarche à l'époque c'était d'aller vers les autres pour trouver des réponses, de partager les centres d'intérêt, j'ai gardé de cette ère révolue des gens que je peux je pense qualifier d'amis. Les choses étant ce qu'elles sont devenues, quand je me promène sur le Web, alors qu'il existe aujourd'hui des millions de façons de communiquer, ça me fait penser à Paris dans le métro quand j'en étais tributaire, ça pue, ça gueule, c'est long, et finalement je n'ai qu'une envie c'est rentrer chez moi. Pas étonnant qu'aujourd'hui je concentre toute mon activité autour du blog et que la notion de travail collaboratif se réduit à l'aide que je peux apporter aux développeurs des logiciels que j'utilise ou au planet-libre que je lis, car j'aime apprendre, et quand je vois un gros billet pourri d'un gars qui a virtualisé windows seven et qui met deux captures d'écran en se félicitant tout en crachant sur Microsoft, ça me gâche la vue. En gros un collaborateur bien égoïste, mais un collaborateur motivé quand même.

Le problème dans la démarche c'est qu'on finit par tourner autour de son nombril, c'est de cet échange que j'ai tout appris, aujourd'hui je suis suffisamment expérimenté pour réussir à trouver mes solutions seul, même si effectivement je le dis et je le regrette mais quelle communauté vaut la peine qu'on s'investisse aujourd'hui ? Je n'en vois plus aucune.

Que de joie dans ce billet, ça donne envie, mais finalement ça pourrait être pire. Mes besoins informatiques restent les mêmes, liés à la pédagogie, la vidéo, la bureautique et j'en passe, l'outil en lui même me passionne toujours autant, la curiosité est intacte c'est plus la façon d'y participer qui change pour moi au fil des ans. Pas pour vous puisque j'abats toujours mon travail de debugging, de documentation, d'explosion de logiciels, d'avis tranchés, de cassage de distributions et de fâcheries, d'honnêteté aussi car si je surfe souvent sur la mauvaise foi, je n'ai rien à gagner, on n'a donc pas nécessairement besoin de soupeser mon avis pour savoir si mes actions vont monter, on l'accepte ou non et quand on ne l'accepte pas ce qui est régulier, il suffit de lire les nombreux commentaires ou parfois même les droits de réponse.

L'idée à la création de ce blog c'était d'avoir un calepin qui pourrait profiter à d'autres, écrire me permet de clarifier ma pensée, j'en arrive même à souvent me relire quand j'ai la mémoire qui flanche, la ligne directrice est inchangée, l'envie toujours aussi présente. Toutefois le temps libéré à ne me préoccuper que de ma petite tour d'ivoire loin des communautés me permet de me consacrer à d'autres choses, à moins subir la tyrannie de la cyberdépendance pour mieux profiter des gens le méritent.

Dans la première fois dans l'histoire de ce blog, les commentaires sont fermés, je profite de ce cinq centième billet pour m'offrir cet ultime moment de solitude qui durera jusqu'au 501. Le prochain anniversaire sera au numéro 1000, la base 100 ne permet pas d'avoir assez de recul.