Jonas est un personnage fascinant. Administrateur du planet-libre donc mon chef dans la hiérarchie, blogueur, il sait écrire, maîtrise les linux et les logiciels libres à 17 ans à peine. Dans son billet il s'insurge contre la disparition de The Gimp par défaut dans l'installation du prochain Ubuntu. Si l'on considère que The Gimp c'est l'équivalent de Photoshop en libre, je ne suis personnellement pas choqué, d'ailleurs ce sont les arguments qui sont repris sur son billet et qui sont avancés par Ubuntu en tant que justification.

En fait j'irai même plus loin, j'en suis ravi. Je rappelle qu'Ubuntu c'est la distribution que je préconise pour les débutants, c'est la distribution qui fait certainement les mauvais choix par rapport au libre mais c'est sans aucun conteste l'une des rares distributions qui se préoccupe de ses utilisateurs, de tous ses utilisateurs dont les noobs. On a pu voir dernièrement que Mandriva se contente de jeter à la figure de ses membres l'intégralité d'un KDE non trié, ici c'est différent. Il me parait essentiel lorsque l'on fait une distribution, ou qu'on l'adapte de s'interroger sur l'accessibilité des logiciels par défaut, sachant qu'il est très simple pour n'importe qui d'installer le logiciel via synaptic, ligne de commande ou autre.

Lorsque l'on pense à un public on est obligé de faire des choix. Pour ma part, alors que j'ai installé au lycée des debian lenny sous gnome, c'est kolourpaint de KDE que j'ai choisi comme logiciel de retouche, et c'est largement suffisant. Quand mes élèves qui ont en moyenne d'âge celui de Jonas mais pas ses connaissances ne savent pas ce qu'est une résolution d'image et la nécessité de réduire les tailles pour ne pas avoir des rapports de stage de 30 pages qui pèsent 80 mégas (c'est du vécu), il parait difficile de faire du traitement léger ce qui est le cas de 90% des besoins des utilisateurs avec The Gimp et son interface particulièrement déroutante.

A la manière d'OGMRip où l'inteface permet à n'importe quel débutant de réaliser ses encodages mais aussi à tous les experts de modifier chaque paramètre de la configuration des codecs, Ubuntu adopte le bon choix, celui de l'utilisateur débutant, l'expert ayant toujours les possibilités des configurations offertes par Linux car Ubuntu reste encore un Linux.

On critique souvent Ubuntu de faire du racolage, de jouer sur les terres de Windows. Lorsqu'il n'y a pas de compromis avec le libre, que personne n'est lésé, alors les développeurs du monde libre doivent faire ces efforts pour se mettre à la portée de leurs utilisateurs. Ubuntu fait cette démarche depuis sa création, il n'est pas surprenant que ce soit aujourd'hui la distribution number one.