Moi j'ai des relations, moi je connais des journalistes. Ce soir c'est mon camarade Philippe Richard qui s'essaie à l'exercice du plombage d'Ubuntu sur 01net, il n'est pas le seul, génération-nt a pondu le sien. A la différence de Philippe qui a fait son effort d'investigation en contactant des gens du forum ubuntu-fr, Génération NT se contente de colporter des "faits".

Des "faits", la rumeur en fait, c'est que les faits le problème c'est qu'on en n'a pas. On n'a pas de chiffres précis des utilisateurs d'Ubuntu, on n'a donc pas à fortiori le nombre d'utilisateurs qui ont planté leur upgrade, on n'a pas non plus dans ce chiffre le nombre de personnes compétentes et capables de faire un upgrade. La seule chose de concrète qu'on peut dire quand on lit ce sondage c'est que finalement si c'est pour faire des sondages aussi pourris, mieux vaut ne rien sonder, bien mieux, Canonical ne devrait même pas faire de réponse ce serait leur donner une signification. Lorsque l'on connait un peu Ubuntu, on sait que les dépôts annexes sont nombreux, parmi les utilisateurs qui ont rencontré des problèmes, quels sont les utilisateurs qui se sont limités aux dépôts officiels ? Je ne parle même pas de getdeb par exemple, ce n'est qu'une question parmi des dizaines qu'il aurait fallu poser pour avoir une enquête cohérente.

Il est de mode en ce moment de plomber Ubuntu, preuve que cette distribution est une réussite, il est évident que tirer sur une ambulance (qui a dit Opensuse ou Mandriva ?), c'est moins porteur en terme de stats. Attention, je n'ai pas dit qu'il n'était pas justifié de plomber Ubuntu mais bien de tirer dessus pour les bonnes raisons. Les écarts d'Ubuntu par rapport au logiciel libre, un certain manque de stabilité bien réel à la livraison des versions, les interrogations qu'on est en droit de se poser par rapport à la position de Canonical qui reste une entreprise tout ce qu'elle a de plus commerciale, sont autant de points sur lesquels on pourrait argumenter, mais de façon plus sérieuse.

Ce qui est certain et c'est valable pour tout système informatique, plus une installation est complexe plus elle est difficile à maintenir, plus il y a de chances pour que ça plante lors d'un upgrade, moralité sans connaitre réellement les manipulations réalisées par les utilisateurs, il est un peu trop simple d'incriminer Ubuntu. Ce qui est aussi certain, c'est que dans les commentaires des blogueurs, c'est le nom de Archlinux et de Fedora qui remontent de plus en plus actuellement, c'est à dire la notion de « rolling releases ». A l'opposée des distributions classiques où la nouvelle version sort tous les six mois, la « rolling releases » est une distribution qui évolue au fur et à mesure, évitant donc ce style de problèmes en entrainant parfois d'autres comme une instabilité temporaire. Le cas de Fedora est un peu plus particulier puisque le cycle de la distribution comme les autres ténors existe mais apporte une forte mise à jour comme la mise à niveau de gnome ou de kde alors que les versions des logiciels d'utilisation courante (pidgin, firefox etc ...) sont mis à jour régulièrement.

En conclusion, on peut supposer que les gens qui ne quittent pas les sentiers battus n'auront pas de problèmes à la mise à jour. Les gens qui auront réussi à bricoler leur système au point de le planter auront toujours la possibilité de réinstaller ce qui n'était pas réellement ce qui était prévu à l'origine quand on invitait les gens à passer sous Linux, surtout tous les 6 mois. On ne peut toutefois qu'inciter les gens qui maitrisent un peu à aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs, c'est aussi ça la force de la diversité des distributions Linux. Dans quelques semaines je passerai en version 12 de Fedora sur une distribution que j'ai largement bricolée, j'indiquerai donc si cette prairie verdoyante porte le nom de Constantine.