Hadopi rend vraiment fou : Francis Lalanne
Par Cyrille BORNE le mercredi, novembre 4 2009, 09:00 - Web - Lien permanent
Mon premier souvenir de Francis Lalanne c'est d'après Wikipédia en
1986, j'avais donc 11 ans, la chanson du passage, le film avec Alain Delon.
PENSE A MOI COMME JE T'AIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIME, Et tu me délivreras Tu
briseras l'anathème, Qui me tiens loin de tes bras, Pense à moi, comme je
t'aime, Rien ne nous séparera, Même pas les chrysanthèmes, Tu verras, on se
retrouvera, c'est poésie chez moi en ce moment. Ca tournait en permanence sur
tous les médias de l'époque, un incontournable, je me rappelle encore des
paroles c'est dire si on en a mangé. Et puis, avec les années, plus l'image
d'un artiste mais d'un individu qu'on agite de temps à autre pour
ridiculiser : son apparition dans deux émissions de real TV dont une qui
le suivait en permanence, le fan numéro 1 de l'équipe de France, ses différents
engagements politiques, et prochainement sa participation à une émission type
nouvelle star délirant avec comme autres jurés Philippe Candeloro et Eve Angeli, ce
qui laisse supposer de grands moments de qualité.
Vous avez pu difficilement échapper à la bataille Hadopi ce livre écrit par de nombreuses mains
qui explique les libertés, Hadopi c'est mal etc... Parmi ces mains, Francis
Lalanne qui est devenu notre nouvelle star de l'art libre, celui ci d'ailleurs publiera plusieurs oeuvres en début de
l'année 2010, bien mieux encore une longue entrevue dans PCInpact. Francis Lalanne va changer tout ça, il va libérer
la musique, sauver le net et j'en passe.
N'est-il pas un peu simpliste de réclamer la gratuité de la musique et de la
culture de façon générale lorsque l'on ne vit pas nécessairement de son
art ? (c'est une question, plutôt une supposition, en aucun cas une
affirmation pour le cas du monsieur)
La critique ne porte pas sur l'artiste, je ne le connais pas, je n'ai donc pas
la prétention de connaitre ses intentions, je dis tout simplement que les gens
qui montent régulièrement au créneau contre le téléchargement pirate sont des
gens qui brassent de l'argent avec leur "art". La critique du jour c'est plutôt
pour la communication autour du libre. Lorsque l'on voit le passif, l'actif,
les différentes interventions de monsieur Lalanne, est ce que le libre a bien
choisi son chevalier ? Vous retrouverez Francis Lalanne sur Facebook, sur
Myspace, sa page d'accueil est codée en flash, je n'ai pas cherché plus loin
mais si la philosophie a de l'importance pour le monsieur, la technique moins,
le genre de choses que Richard Stallman ne pardonnerait pas, ni Grand Maître C
d'ailleurs.
Plaisanterie mise à part, je dis régulièrement à mes élèves pour les oraux de
retirer les piercings et d'éviter les tenues provocantes, un peu comme on ne se
présente pas à un entretien d'embauche en chemise Hawaïenne. La communication a
des codes, même en informatique, l'image d'un professionnel c'est plus celle de
Bill Gates avec ses petites lunettes et ses costumes, pas vraiment celle de
RMS, j'aurai tendance à dire encore moins celle d'un Lalanne.
Il ne s'agit pas ici d'évoquer le fondement de la loi Hadopi, de sabrer Francis
Lalanne, mais bien de s'interroger sur la communication du libre de façon
générale.


