Mon premier souvenir de Francis Lalanne c'est d'après Wikipédia en 1986, j'avais donc 11 ans, la chanson du passage, le film avec Alain Delon. PENSE A MOI COMME JE T'AIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIME, Et tu me délivreras Tu briseras l'anathème, Qui me tiens loin de tes bras, Pense à moi, comme je t'aime, Rien ne nous séparera, Même pas les chrysanthèmes, Tu verras, on se retrouvera, c'est poésie chez moi en ce moment. Ca tournait en permanence sur tous les médias de l'époque, un incontournable, je me rappelle encore des paroles c'est dire si on en a mangé. Et puis, avec les années, plus l'image d'un artiste mais d'un individu qu'on agite de temps à autre pour ridiculiser : son apparition dans deux émissions de real TV dont une qui le suivait en permanence, le fan numéro 1 de l'équipe de France, ses différents engagements politiques, et prochainement sa participation à une émission type nouvelle star délirant avec comme autres jurés Philippe Candeloro et Eve Angeli, ce qui laisse supposer de grands moments de qualité.

Vous avez pu difficilement échapper à la bataille Hadopi ce livre écrit par de nombreuses mains qui explique les libertés, Hadopi c'est mal etc... Parmi ces mains, Francis Lalanne qui est devenu notre nouvelle star de l'art libre, celui ci d'ailleurs publiera plusieurs oeuvres en début de l'année 2010, bien mieux encore une longue entrevue dans PCInpact. Francis Lalanne va changer tout ça, il va libérer la musique, sauver le net et j'en passe.

N'est-il pas un peu simpliste de réclamer la gratuité de la musique et de la culture de façon générale lorsque l'on ne vit pas nécessairement de son art ? (c'est une question, plutôt une supposition, en aucun cas une affirmation pour le cas du monsieur)

La critique ne porte pas sur l'artiste, je ne le connais pas, je n'ai donc pas la prétention de connaitre ses intentions, je dis tout simplement que les gens qui montent régulièrement au créneau contre le téléchargement pirate sont des gens qui brassent de l'argent avec leur "art". La critique du jour c'est plutôt pour la communication autour du libre. Lorsque l'on voit le passif, l'actif, les différentes interventions de monsieur Lalanne, est ce que le libre a bien choisi son chevalier ? Vous retrouverez Francis Lalanne sur Facebook, sur Myspace, sa page d'accueil est codée en flash, je n'ai pas cherché plus loin mais si la philosophie a de l'importance pour le monsieur, la technique moins, le genre de choses que Richard Stallman ne pardonnerait pas, ni Grand Maître C d'ailleurs.

Plaisanterie mise à part, je dis régulièrement à mes élèves pour les oraux de retirer les piercings et d'éviter les tenues provocantes, un peu comme on ne se présente pas à un entretien d'embauche en chemise Hawaïenne. La communication a des codes, même en informatique, l'image d'un professionnel c'est plus celle de Bill Gates avec ses petites lunettes et ses costumes, pas vraiment celle de RMS, j'aurai tendance à dire encore moins celle d'un Lalanne.

Il ne s'agit pas ici d'évoquer le fondement de la loi Hadopi, de sabrer Francis Lalanne, mais bien de s'interroger sur la communication du libre de façon générale.