Le blues du trentenaire, l'enfance assassinée : l'anniversaire d'Astérix et Obélix, le livre d'or
Par Cyrille BORNE le mardi, novembre 3 2009, 08:00 - bédé - Lien permanent
J'ai acheté le dernier Astérix. J'aimerai l'écrire à voix basse, un peu
honteux, mais c'est difficile avec un clavier. J'évoquais il y a peu le blues culturel du
trentenaire, j'aurais du évoquer les déceptions cumulées des trentenaires.
Astérix fait partie avec Tintin des premières bédés que j'ai eu dans les mains.
Au départ quand on est gosse, on lit pour la castagne avec les romains et les
sangliers, le banquet à la fin, plus tard quand on vieillit, qu'on réalise la
tripotée de jeux de mots, les clins d'oeil, on se dit que le bonhomme Goscinny
il savait se faire plaisir et nous faire plaisir. Le ciel lui tombe sur la
tête, le précédent opus, c'était déjà énorme, surréaliste pour les amateurs de
la série. Uderzo réglant ses comptes avec l'univers du manga et du comics, je
pensais qu'on avait touché le fond je m'étais trompé. Cela dit, ce dernier
épisode qui célèbre le cinquantième anniversaire d'Astérix et d'Obélix porte
bien son nom, ce n'est pas une aventure mais une espèce de jubilé pour Astérix
et Obélix, on y voit une succession de petites scènes où les gens imaginent ce
qu'ils pourraient offrir à Astérix et Obélix, on y découvre aussi une longue
introduction de Uderzo et de la fille de Goscinny, l'argument de la réussite
après la mort du scénariste, récurrent, l'envie de se convaincre peut être. Cet
album est tout de même une curiosité, commercialement si ce n'était pas les
deux gaulois ce serait totalement invendable tellement c'est creux, c'est
niais, on réalise alors qu'il est facile aujourd'hui de compter sur la fidélité
des lecteurs ou sur un certain réflexe de Pavlov. On ne pourra pas retirer en
tout cas à Uderzo un joli coup de crayon malgré son âge, on pense à Falbala en
Joconde par exemple, des planches vraiment intéressantes et réussies. Un peu
comme Goscinny à l'époque, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il a du prendre
du plaisir à le faire, en ce qui concerne le plaisir du public, ça ...
Uderzo a donné son autorisation pour qu'Astérix survive à sa mort. Je parlais
de jubilé pour Astérix et Obélix, j'aurai plutôt tendance à penser finalement
que c'est celui de son dernier auteur qui devrait prendre maintenant une
retraite bien méritée.
Dire que le dernier Astérix est mauvais est un euphémisme c'est peu dire, mais
que penser alors de la bande dessinée dans son ensemble depuis environ une
dizaine d'année. Alors que c'est le secteur le plus dynamique de l'édition
française, la production de plus en plus importante est fade et sans
originalité. Cherchons une note positive, dans tout cela, acheter du Larcenet
j'ai déjà dit, alors achetez du Larcenet.
Quelques liens pour terminer



