Pas plus tard qu'avant hier je disais que pour voir décoller Seven il faudrait que Microsoft pense sincèrement à tuer Windows XP. D'après des rumeurs de sources sûres Windows XP sera bien vivant en 2010. Ah ça va pas être facile pour Seven de faire son trou, entre un XP qui perdure, et un Vista qui trainera encore sur quelques millions de postes. En parlant de Windows Seven je m'offre une parenthèse dans mon message de madame Irma pour vous signaler que Brakbabord a fait lui aussi son test de Seven et sa conclusion c'est : En résumé: Windows Seven, une révolution? Non, c'est juste un Windows Vista avec quelques interfaces remaniées. Autant dire que Microsoft risque de ne pas réussir à mettre fin à Windows XP... ce qui me fait doucement rigoler parce que dans les commentaires sur mon test, monsieur Babord laissait sous entendre que j'avais été un peu court en disant qu'il n'y a rien qui claque réellement, rien qui fait qu'on ait envie de crier au génie, ce genre de révolutions qui vous incitent à changer de système d'exploitation alors monsieur Tribord, toi même.

Cette introduction qui montre que j'ai raison et qui n'a pas de lien avec ce qui suit, c'est pour dire que je suis le mage, et en tant que mage, je vais vous expliquer rapidement ce qui va se passer dans cette année 2009 et peut être plus loin, attendez deux minutes, je lustre ma boule de cristal.

La fermeture de services par Google, c'est énorme. Les gens ne s'en rendent pas compte, seulement quelques visionnaires, mais cela va avoir un impact énorme sur l'informatique et plus particulièrement sur le web. En effet Google vient de montrer pour la première fois que c'était une entreprise comme les autres, qu'elle subissait la crise comme les autres et avec ça, que ses services ne dépendaient que de sa bonne volonté et surtout de sa bonne santé économique et qu'elle pourrait bien faire faillite comme les autres. Avec ce geste fort, c'est toute la solidité du web 2.0 qui est remise en question, et la pérennité de ces services qui nous sont offerts. Je parlais de visionnaires, déjà des gens ont commencé à anticiper, Benoit Descary par exemple qui présente régulièrement des applications web 2.0 fait déjà un billet pour migrer les données de google notes vers d'autres services. Ce que ce garçon ne prévoit pas c'est la garantie de survie de ces services qui maintenant va être systématiquement remise en question.

Imaginons maintenant que d'autres sociétés moins importantes mais utilisées disparaissent ou des dinosaures de l'informatique comme c'est le cas pour caramail et ça va être la panique chez tous les utilisateurs dont je fais partie qui ont commencé à passer leurs logiciels du local ou web pour assurer notamment la synchronisation entre plusieurs ordinateurs.

Nous avons quelques pistes que nous pouvons suivre. Jouer au jeu des chaises musicales, à migrer de services en services comme le suggère par exemple Benoît Descary en cas de fermeture de google notes, on peut le faire pour toutes les applications. Cela durera un temps et puis pour ma part j'aime bien la constance, elle permet d'éviter d'avoir à s'investir à chaque fois dans un logiciel, de ne pas s'éparpiller et surtout de ne pas faire de fausses manipulations. On peut revenir aux méthodes anciennes avec des logiciels au local, un Thunderbird, un liferea et certains de ces outils qu'on avait remplacés par des outils en ligne, mais cela n'est pas suffisant pour les gens qui ont une activité sur le net. Si je prends le cas de google analytics je vais être obligé de prendre une solution qui sera libre car quitter google analytics pour xiti ou autre c'est prendre un risque similaire, il devient simple alors de trouver à qui profite le crime / la crise, rayer la mention inutile.

Paradoxalement par les temps qui courent j'aurai tendance à miser sur des projets gérés par des passionnés que par des sociétés payantes. Certains trouveront à y redire (comme toujours), mais je dirai que la crise touchera plus difficilement des heures consacrées à du bénévolat. On a toujours le risque effectivement d'avoir un développeur qui craque, qui en a marre, mais c'est un risque qu'on prend quelle que soit la conjoncture économique. Car qu'on le veuille ou non, et là je sors du contexte de la gratuité, dans le cas d'internet seul le logiciel libre peut protéger l'utilisateur d'une cessation de service, mais là et c'est un autre problème il va falloir investir dans un serveur. Si l'on prend une solution connue pour remplacer Google Reader, on a tiny tiny rss. Je lisais le commentaire d'un utilisateur qui parcourait une centaine de flux comme moi, il saturait sa base très rapidement. Libre ne veut pas dire gratuit, et migrer de google vers des outils libres, pour le mail, le rss et d'autres va conduire à débourser quelques dizaines d'euros ou plus par an. Cela dit cela sera certainement le prix de la liberté, je pense actuellement qu'elle prend réellement son sens, à nouveau comme dans nos derniers échanges avec mes camarades libristes, plus une liberté vis à vis de google ou d'une application qu'une liberté vis à vis du code.

Nous allons donc subir une large perte de confiance envers les services web 2.0, et pourtant l'année 2009 est l'année du cloud computing. Le concept du cloud computing c'est la dématérialisation complète de vos données et de vos logiciels, pour les passer en ligne jusqu'au système d'exploitation. Personnellement quand je lis ce que j'écris au dessus, je ne me sens pas très motivé sauf éventuellement pour expérimenter une solution comme eyeOS une fois de plus logiciel libre, à mon avis le cloud computing, ce n'est pas pour cette année.

Pour moi la confiance est cassée, vous me direz qu'il n'en faut pas beaucoup, mais les derniers échanges avec les intégristes libristes, et cet impair de google font que pour assurer la sauvegarde de mes données, je dois migrer vers des solutions indépendantes donc libres. Je pense que je ne serai pas le seul à faire cette démarche dans l'année 2009, sachant que pour ma part il s'agit d'une démarche extrême à savoir que je dois utiliser 90% de logiciels libres ou plus, je vais encore plus loin avec pour motivation cette fois ci, la liberté. Mais d'autres vont faire le même parcours que moi, celui que j'ai entamé il y a des années, le parcours pour la gratuité et la légalité. C'est the inquirer qui raconte l'histoire d'un blogueur connu (?) qui a abandonné MAC au profit d'Ubuntu tout simplement parce qu'il voulait consacrer son argent à autre chose, quand des solutions gratuites et puissantes existent.

La mort du Web 2.0 ne viendra pas seulement de l'utilisation des logiciels en ligne qui je dirai impacte principalement les geeks mais surtout de la prise de conscience des individus que l'étalage public de photos où l'on est complètement bourré, ou le récit de ses aventures coquines archivées à jamais dans les bases de google pour l'éternité (ou jusqu'à la faillite), n'est peut être pas une riche idée. L'affaire du tigre et des révélations qui sont faites sur un internaute à partir des différents réseaux sociaux en est l'exemple.

2009 un tournant pour le web ? Le mage dit oui. Crise économique, crise de confiance, il est temps de revenir aux fondamentaux, le logiciel libre a l'air d'avoir de bons atouts pour mettre tout le monde d'accord, il ne manquerait plus qu'une prise de conscience au niveau des états pour se retrouver en 4 ans avec 45% de part de marché pour Linux.