Liberté .... pffffffffffff ... Quand faut y aller, faut y aller
Par Cyrille BORNE le dimanche, janvier 11 2009, 09:35 - Bad Cyrille - Lien permanent
Les temps sont durs pour le Cyrille BORNE virtuel en ce moment. Après Eric qui dans les commentaires expliquait que j'étais un mégalomane qui vieillissait mal, avant Jean-Michel qui vous expliquera ici même que mon billet sur la machine pas chère signe la ruine des assembleurs de France, je "lutte" en ce moment contre des libristes qui me reprochent mon discours sur la gratuité. J'aurai pu m'en sortir avec ce genre de phrases, on reconnait le génie au nombre d'imbéciles qui se dressent contre lui, mais il se trouve que les remarques viennent de gens qui sont tout sauf des idiots et jusqu'à preuve du contraire je ne suis pas un génie.
Liberté, liberté, liberté, Free like the river Flowin' freely through infinity. L'ennemi de la semaine alias monsieur Mayotte s'appelle Christophe Gallaire et je suis très tenté par faire tout un tas de jeux de mots sur son nom de famille, les uns plus mauvais que les autres mais je ne le ferai pas. Christophe vit donc dans une véritable galère car il est libriste pur. Comprenez par là qu'il n'utilise aucun logiciel propriétaire, et ça va même au delà, je cite : Pour ce qui est de mon patron, oui ça pose des problèmes. Je suis effectivement en conflit avec certains de mes supérieurs. Je refuse d’utiliser Windows et autres produits de la firme.Je ne veux plus faire d’efforts pour lire les .pps et autres formats microsoft. Depuis quelques temps, ma machine les rejette. Bientôt elle enverra un mail (court) pour explication. Nous tenons donc là un vrai, un convaincu, un gars dont il faudrait prélever les gènes ou mettre dans une cage pour sauver l'espèce. Soyons sérieux. Je pars du principe que quelqu'un qui par conviction se met des entraves de ce niveau là, sans ennuyer les autres, mérite qu'on s'intéresse à son discours.
Nous sommes d'accord sur le gaspillage des fonds publics et la nécessité d'utiliser des solutions gratuites, je cite encore : Très honnêtement, je deviens de plus en plus intolérant. D’abord pour le fric que l’on jette par la “fenêtre”. Et là,on se retrouve sur la gratuité.
La phrase qui m'interpelle : Tu vois, l’exemple du développement du logiciel git est une autre réponse à ta requête : aussi longtemps que vous serez autant à utiliser une solution propriétaire, il y a de fortes chances pour que les autres solutions piétinent. L'argument est juste, c'est vrai. Il est nécessaire à un moment donné si on veut que les choses avancent, de se mettre à utiliser des logiciels libres plutôt que des logiciels propriétaires. C'est la démarche que j'ai entreprise quand j'ai troqué un Word contre un openoffice, un paint shop pro contre un gimp et ainsi de suite. Le soucis c'est que j'ai fait cette démarche du payant vers le gratuit, là effectivement je bute sur le gratuit vers le gratuit, le propriétaire vers le libre. Je vais faire mon effort, de toute façon, il ne me reste je pense que le plugin flash et je suis dans la liberté la plus totale en tout cas en dur parce qu'en ligne c'est pas terrible, gmail, googlereader, googlecalendar, j'arrête les frais. Christophe évoque dans son billet une histoire de logiciel propriétaire qui a mal tourné, c'est certain, utiliser un logiciel libre c'est se mettre à l'abri de beaucoup de choses, on peut penser par exemple à l'histoire punbb et fluxbb. Si demain Google passe tout en payant me voilà fort mal. Avant de continuer à m'enfoncer encore puisque je ne parle encore que d'argent, Christophe rappelle aussi que la liberté du code, c'est la circulation libre des connaissances et la maîtrise, bien entendu, de nos données, je confirme à nouveau il a raison.
En conclusion de moitié de parcours, je fais mon méa-culpa. Oui le combat pour la liberté existe, oui il y a des gens pour qui ce combat a une vraie signification, oui c'est grâce à des gens qui y ont cru et qui y croient encore que la science avance et oui la liberté c'est important pour tout un tas de raison. Voilà les libristes, votre honneur est lavé, vous pouvez gambader libre et heureux la barbe au vent dans les champs, revenons maintenant entre gens de mauvaise foi.
Cela dit, le libre ne protège pas de tout, et c'est un autre problème. Imaginons demain que Billl arrête de coder OGMRip, le code source est libre, pas de problème, quelqu'un prendra la suite. C'est archi faux, personne ne le fera. Combien sont les personnes qui jouent réellement la carte du libre. Les raisons sont multiples, D'abord la raison technique qui fait que tout le monde n'a pas nécessairement le niveau technique pour reprendre un programme de ce niveau. L'autre raison technique qui fait que c'est pas simple, c'est qu'il faut avoir un peu codé pour réaliser la difficulté de passer derrière quelqu'un d'autre. Coder c'est comme écrire, chacun son style, la majorité des gens préfèrent reprendre les choses depuis le début plutôt que d'essayer de mettre des chaussures qui ne sont pas adaptées à leurs pieds. Il n'y a qu'à compter le nombre de projets abandonnés pour voir que je ne suis pas totalement loin de la vérité. La liberté et les bonnes valeurs n'empêchent pas d'avoir des égos démesurés, à côté des projets abandonnés, comptez maintenant les projets multipliés qui se contentent de faire pareil en moins bien quand il aurait été plus simple et plus logique de participer à des projets déjà existants. Le choix d'un logiciel payant ou gratuit, même d'un format c'est tout de même hypothéquer sur l'avenir, à Paris j'avais décidé d'encoder toute ma collection de CD en vorbis pour écouter sur le PC, on n'était pas à l'époque de la vulgarisation des baladeurs mp3, j'ai dernièrement du réencoder en mp3 pour assurer la compatibilité matérielle.
Je vais commencer à étudier des solutions pour me passer de google, djib avait donné des pistes dans son billet peut on vivre sans google ? Le problème c'est que ça va me coûter plus cher parce que je vais certainement devoir changer d'offre d'hébergement, que je vais utiliser une panoplie de programmes sans lien les uns avec les autres, qui vont nécessiter un investissement personnel, et qui vont certainement m'exposer à plus de risques que si je conserve uniquement mon compte google. Ce qui prouve bien que faire le choix du libre de façon idéologique a un impact sur la facilité d'utilisation ce qui revient en résumé à se tirer une balle dans le pied mais pour la bonne cause. Quand dans quelques années google fera basculer tous ses services en payant ou une variante, qu'il aura fait faillite, je serais peut être ravi d'avoir suivi le chemin de la liberté, sauf si je me suis fait hacker 15 fois mon équivalent de gmail ou autre.
Dernier point et c'est un point qui me tient à coeur. L'internet nous permet d'échanger des points de vue avec toute sorte de personne. Même si Christophe a des penchants pour le masochisme prononcé et pour les citations d'hommes célèbres (et morts), que nous ne sommes pas d'accord sur tout, nous avons pu échanger, et j'ai infléchi en partie ma vision des choses. J'ai pris note des propos de l'individu tout simplement parce que son discours est cohérent avec sa façon de vivre et surtout, il a fait l'effort de lire tout ce que j'ai pu écrire avant de faire ses réponses.
Personnellement pour les monologues, je conseille à certaines personnes qui m'ont répondu de faire un blog. Si par contre il s'agit d'un dialogue, lire ce que raconte son interlocuteur c'est mieux.


