Le chemin le plus court ? La ligne droite ? Non le chemin qu'on connaît !
Par Cyrille BORNE le mardi, mai 13 2008, 16:22 - Pédagogie - Lien permanent
Au lycée j'ai choisi le partage Samba alors qu'à l'origine j'ai 17 PC en réseau sous Linux, j'ai du rajouter un serveur d'imprimantes sous Windows pour des problèmes de pilotes, ce qui aurait pu justifier ce choix mais ce n'est pas le cas. Le partage NFS utilisé sous Linux permet d'avoir un partage de fichiers et de dossiers entre plusieurs ordinateurs Linux de façon transparente, si bien que l'utilisateur ne sait pas réellement si le fichier sur lequel il travaille se trouve sur son ordinateur ou sur un poste voisin. Solution idéale pour les gens qui connaissent mais pas pour mes élèves.
Je crois que les "geeks" ne savent pas ce qu'est un utilisateur lambda, c'est à dire 90% des utilisateurs d'ordinateurs aujourd'hui. La notion de réseau pour les élèves, n'est pas nécessairement une notion évidente, et ce qu'on essaie de véhiculer comme connaissance, c'est qu'on peut aller travailler sur un fichier qui se situe sur l'ordinateur voisin. Comment l'expliquer si l'ordinateur voisin n'est pas matérialisé ? Pour moi c'est impossible, voici donc ce que voient mes élèves lorsqu'ils veulent accéder au voisinage réseau, je ne pense pas que je puisse réaliser ce type de partage de façon simple via NFS.
Ca ressemble à du Windows, ce n'est pas la façon de penser la plus efficace mais c'est celle qui fonctionne avec les élèves. En effet, de cette façon chaque poste est matérialisé, et lorsqu'un élève va travailler par le réseau il sait qu'il va sur tel ou tel poste. Au niveau de la réalisation technique en elle même, pas grand chose d'extraordinaire, j'ai déclaré sur chaque poste un fichier hosts contenant les IP des postes et le nom de ces postes sur le réseau, c'est relativement laborieux, plus qu'un serveur WINS, mais c'est ce que j'ai trouvé de plus efficace.
On reproche à certains linuxiens, dont je fais partie de vouloir faire ressembler Linux à Windows. Personnellement j'assume très bien, car on ne peut pas casser toutes les habitudes et les réflexes des gens qu'on aimerait voir basculer sous Linux. J'en reviens donc à mon titre, le chemin le plus court est bien celui qu'on connaît, aucun élève ne rencontre de problèmes pour naviguer dans le réseau par cette astuce, astuce de pédagogue dont il faut souvent user pour convaincre les plus récalcitrants, comme changer les icônes d'OpenOffice en Word pour que les gens réalisent qu'au final, il n'y a pas de si grandes différences.
En conclusion, je dirais que c'est au libre de tendre la main au reste du monde et pas l'inverse, peut être que si certaines personnes à des postes clés dans le développement des logiciels ou des distributions faisaient l'effort de se mettre à la portée des autres, c'est à dire cette immense majorité de gens qui connaissent peu ou rien, peut être que Linux franchirait la barre symbolique du 1% d'utilisateurs, même s'il faut imiter Windows pour cela.


