Philippe Brisard m'a écrit ce matin pour me pointer un lien intéressant du forum ubuntu-fr (oxymore ?) qui présente une première application payante dans Maverick, un lecteur DVD non pas pour 0 € comme VLC / Totem / Kaffeine mais bien 25 dollars ! Alors que certaines personnes commencent à s'inquiéter de voir Canonical, une entreprise, essayer de vendre ses services (étonnant non ?), et maintenant ses logiciels payants, on craint ici ou là un potentiel passage au payant d'Ubuntu un de ces quatre matins. Pour ma part l'interrogation est la suivante. Que se passera-t-il si ça ne se vend pas et même de façon plus générale, que se passera-t-il si un beau matin Mark Shuttleworth et ses délires récurrents sur les expériences fascinantes vécues derrière l'ordinateur se rend compte que ça ne lui rapporte pas un kopeck.
Je pense qu'on vient à Linux et donc à Ubuntu qui fait office aujourd'hui presque de passage imposé parce qu'on ne veut plus de Windows, de ses virus, de ses bugs, mais aussi de sa non gratuité quand on a un minimum d'éthique et qu'on ne veut pas cracker. Dès lors, je ne sais pas pour la partie service, je pense que pour la vente logicielle c'est le bide garanti. Toute personne qui installe linux aujourd'hui est soit un individu qui a suffisamment de compétences pour savoir qu'un VLC fera bien l'affaire et qu'il n'est pas nécessaire de mettre 25 dollars dans un logiciel ou est accompagnée par une personne assez compétente pour ne pas se retrouver à acheter un logiciel de ce type. Le choix donc de Canonical est d'autant plus particulier, que le milieu des player vidéo est saturé sous Linux, et qu'il existe d'autres applications manquantes qu'il aurait été plus bankable de porter, pour exemple simple, faire un steam avec un partenariat sous Linux et s'ouvrir ainsi les portes du jeu vidéo. Ubuntu est-il rentable ? Voici la question de fond et s'il ne l'est pas, que va-t-il devenir ?
Le problème d'Ubuntu n'est pas que sa pérennité dans le temps, mais aussi une certaine conception de l'informatique qui me déplait celle de l'évolution anarchique. J'ai exprimé dans l'un de mes derniers billets que la mise à jour vers Maverick m'avait donné une interface nouvelle et pas adaptée à la puissance de mon netbook, pas le choix faut faire avec ou rester sur la version antérieure. Prenons un autre cas que "j'affronterai" dans l'année, la mise à jour de Karmic vers Lucid Lynx et l'inversion des boutons d'agrandissements, de fermeture des fenêtres et de réduction qui passe de la droite à la gauche. Certes ce n'est pas insurmontable, certes c'est modifiable, mais s'il s'agit de subir les évolutions de version avec des modifications farfelues autant passer sur du cloud computing. Je vous l'avoue tout de go j'ai basculé mon Hercules ecafe sous Windows XP non par ultime provocation mais parce que je n'ai pas envie de configurer debian pour le netbook et que les distributions telles slitaz ou puppy linux et ses forks ne sont pas assez développées pour l'utilisation que je fais de ma machine. Pour continuer dans la parenthèse, quand on imagine la portée du marché des netbook, qu'on se dit qu'au départ il était très majoritairement Linuxien, se dire qu'aujourd'hui on est encore passé minoritaire, se dire encore qu'Ubuntu Netbook Remix est / était la seule distribution valable pour ce type de machine, le goût laissé est particulièrement amer et on s'étonne peu de voir Linux retomber sous la barre des 1% d'utilisateurs.
La liberté, ne s'arrête pas à une question de philosophie obscurantiste ou à un traité de 12 mille pages sur la nature du code. La liberté c'est la capacité que l'on possède du jour au lendemain à bousculer ses habitudes pour passer d'un système d'exploitation à un autre, d'une distribution à une autre, d'un logiciel à un autre. Le doux confort que nous procure Ubuntu ne doit pas nous arrêter et pour rester libre il est indispensable d'approfondir ses connaissances afin un jour, le moment venu être capable de partir ailleurs. La définition que je donne en me relisant me fait penser à celle d'un parasite, qui profite d'un système aujourd'hui, et quand celui-ci aura été vidé de sa substantifique moelle, ou qu'un motif quelconque nous aura chassé alors on ira en parasiter un autre. Me relire, me fait réfléchir, je ne suis pas un parasite et il serait peut être temps de choisir réellement son camp quitte à affronter la complexité, les pertes de temps jamais inutiles si on apprend quelque chose, au détriment de la facilité. Debian a fêté ses 17 ans dernièrement, 17 ans de liberté, 17 ans sans beaucoup de compromis, à méditer.
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Du payant dans Ubuntu ou quand RPM est mort, on a quand même intérêt à savoir se servir de debian
Par Cyrille BORNE le lundi, septembre 6 2010, 20:00
Maverick beta ou quand le RPM est mort, debian garde un bel avenir
Par Cyrille BORNE le samedi, septembre 4 2010, 23:00
J'espère que vous admirez la qualité de la provocation du titre qui m'aurait valu 800 commentaires s'ils étaient ouverts, certainement un ou deux billets de confrères et je l'espère maintenant un dessin. En fait quand on pense que je provoque, on se trompe, j'anticipe souvent sur un futur proche ou je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas. La victoire du deb au sens large est indéniable, les autres distributions sont aujourd'hui ultra minoritaires. Quand on voit les déboires de Mandriva, les différentes enquêtes qui montrent qu'on fait la confusion entre l'arbre et la forêt ou Linux et Ubuntu, les indicateurs convergent, même si on ne franchira jamais les 2% d'utilisateurs, la majorité de la minorité est aujourd'hui sur une distribution à base de deb avec pour cheval de Troie dans nos PC, Ubuntu. Les gens qui m'expliquent que la diversité des distributions c'est ce qui fait que Linux est vivant et pas monolithique ne doivent certainement pas être des développeurs. Un code source unique autant de problèmes à régler que de distributions différentes, alors peut être qu'au lieu de gérer des soucis liés à cette division stupide, les développeurs pourront réellement se concentrer sur leur code quand on aura fait le grand ménage. On a beau prendre le problème dans tous les sens, mais j'ai quand même l'impression que 100 personnes qui travaillent sur un même projet, c'est mieux qu'une personne par projet, sur 100 projets. Il est d'ailleurs toujours aussi amusant de voir omniprésent le mot communauté, quand lorsqu'une petite tension se créée entre deux développeurs, on voit apparaitre un fork dans le quart d'heure. Regrettable aussi de constater que c'est un millionnaire qui aura mis tout le monde d'accord en se préoccupant des utilisateurs. Enfin vous connaissez l'histoire, je l'ai déjà racontée des dizaines de fois.
Maverick la version 10.10 d'Ubuntu sort le mois prochain et cela fera donc je pense 1 an que je n'aurai pas fait la tournée des distributions et cela ne me manque absolument pas, ce qui signifie au moins deux choses : j'ai pris un coup de vieux, Ubuntu fonctionne suffisamment bien pour ne pas avoir envie de me lancer en quête de nouveauté. De plus et c'est suffisamment rare pour le remarquer, je ne suis pas passé en beta de la distribution ce que je fais de façon systématique ce qui signifie que dans les six derniers mois aucun logiciel en version supérieure ne m'a manqué. Doit on considérer ceci comme une satisfaction face à l'offre actuelle, que les développements se ralentissent ou que réellement j'ai pris un coup de vieux. Pourtant cette Lucid Lynx aura été tout sauf un tournant dans la vie d'Ubuntu, avec ses simples rajouts d'outil de réseaux sociaux, ce pitivi en version alpha, son thème de MAC OS qui aura fait tant couler d'encre virtuelle, la version n'aura pas apporter grand chose si ce n'est des problèmes, je pense notamment aux problèmes rencontrés avec le wifi pour certains chips. Pour preuve au lycée sur mes 40 postes linuxiens, c'est encore Karmic qui est présent et il le sera toute l'année.
Si la version traditionnelle d'Ubuntu sous Gnome ne m'a pas choqué ni particulièrement emballé, la version netbook c'est autre chose. Le bug du wifi je l'ai eu en travers, et là dernièrement c'est la lourdeur de la distribution sur ma machine que je ne supporte plus. J'ai donc téléchargé l'iso de la beta de Maverick version Ubuntu Netbook Remix, voici quelques écrans.
Les écrans ci-dessus sont issus d'une virtualisation, c'est surtout l'écran qui propose d'installer la gangrène capitaliste flash et le décodage du mp3 et peut être même Steam qui est à noter, ce qui laisse supposer qu'on peut avoir un Ubuntu débarrassé de tout vilain code propriétaire. La suite, à savoir l'interface en elle même vous ne l'aurez pas, Ubuntu se prend pour Frugalware et refuse de démarrer au reboot. Mais vous le savez je suis d'un naturel joueur et proprement en éditant mon sources.list de mon Hercule ecafe j'ai basculé mes lucid en maverick et tout aussi proprement j'ai lancé le gestionnaire de mise à jour qui m'avertit bien gentiment que je vais faire une mise à jour partielle et je m'exécute. Le logiciel n'y arrive pas et s'arrête tout seul sans erreur ou motif, alors on y va tout crassou pour un dist-upgrade parce qu'au bout d'un moment ça va bien. Le résultat à l'arrivée fut un peu spécial on retrouvait exactement la même interface que précédemment sans aucun changement les bugs en plus. Je grimpe au grenier pour récupérer le lecteur externe et je me lance dans une installation "propre". Tout se déroule bien et on obtient la nouvelle interface pour les netbooks qui pourrait vous faire croire que vous avez un gros iphone dans la main.
Parler de lourdeur serait un euphémisme, on peut parler de version beta et dire que tout ira mieux, moi je parle d'une version qui sortira dans un mois, c'est inquiétant. Alors on sait que chez Ubuntu une version en un mois corrige beaucoup de problèmes mais on sait surtout qu'il faudra un bon mois de plus après la sortie pour corriger les bugs et bien deux pour arriver à une version "stable". Toutefois, ce qu'il y a de réellement problématique c'est que l'upgrade ne fonctionne pas, et qu'à nouveau on doit formater son PC pour arriver à passer l'installation. En ce qui concerne Ubuntu Netbook Remix, l'interface est vraiment sympa et préfigure déjà qu'Ubuntu se prépare à envahir les appareils mobiles comme les tablettes pc ou les smartphone, je reste pourtant surpris par la lenteur de mon netbook cadencé à 1.6 gigas pour 1 giga de RAM, c'est tout simplement inutilisable, mais passons, on fera une tournée des distributions pour netbook ça changera un peu.
J'ai écrit un billet dernièrement, un de ces beaux billets aigris pour préciser que la philosophie c'est bien, que le code c'est mieux mais que finalement l'ensemble donne une image. Si Ubuntu est le marteau pilon linuxien qui enterre la majorité des distributions et le fer de lance de Linux, l'image de distribution instable perdure et à juste titre. Les plus anciens se rappelleront de cette mise à jour il y a quelques années qui a planté Xorg, puis ces successions de bugs à gérer à chaque nouvelle sortie, ces grosses difficultés qu'on rencontre à chaque passage de version dans les upgrade qu'on conseille maintenant de façon récurrente de réinstaller son PC tous les 6 mois. La conclusion du billet vous la comprendrez sans peine, deux ans ou plus pour sortir une version, debian conserve son image de distribution solide et fiable que j'utilise sur mon serveur comme tout le monde, on se sent plus en sécurité.
Alors quand avec un peu de provoc j'écris qu'Ubuntu a crevé tout le monde, c'est faux. Ubuntu ne fait qu'achever les distributions sans aucune plus-value, celles qui font la même chose en moins bien, avec des rpm par exemple. Désormais pour vivre dans l'ombre de l'arbre qui cache la forêt il faut savoir jouer la carte de la différence.
Bug pas si amusant que ça sur Ubuntu
Par Cyrille BORNE le vendredi, septembre 3 2010, 21:54
Comme précisé dans mon dernier billet j'ai installé 18 ordinateurs portables sous Ubuntu. Ce qu'il y a de formidable dans l'informatique c'est que cela ne marche jamais. Voici un bug auquel je ne m'attendais pas et j'ai mis un peu de temps à comprendre. L'installation s'est déroulée au mois de juin, si bien que les portables sont restés déchargés pendant 3 mois au point de mettre à zéro les données du bios dont l'heure et la date qui s'est retrouvée en 2009. Un peu impatient et énervé de paramétrer le wifi dans mon architecture de fou avec de la fibre optique entre deux bâtiments (je présenterai un jour ma carte réalisée sous Dia, le terme de carte est approprié), je n'ai pas réglé l'heure et essayé de booter sur Ubuntu. Plouf, erreur. Erreur assez sauvage d'ailleurs puisque la distribution m'a réclamé de faire un fsck pour cause d'erreur disque. Ubuntu ne démarre que lorsque l'heure système du PC a été corrigée au niveau du bios, assez surprenant tout de même. Sur le premier PC, le fsck a réussi à me planter la partition système au point que gparted la considérait comme inconnue et que grub donc disjoncte. Par le biais d'un live CD, montage de la partition et nouvel fsck tout est redevenu normal.
J'aurai bien pris le temps de chercher le pourquoi du comment, mais j'ai mieux à faire, à garder tout de même dans un coin de mémoire si sur un PC la pile de la carte mère flanche ou si vous laissez votre portable trois mois dans un placard.
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