Les arcanes du Midi-Minuit se situe en plein univers Steam-Punk c'est à dire
une époque qui serait au bon milieu de la révolution industrielle mais avec de
nombreux anachronismes. Pour rajouter à l'ambiance, les personnages sont à la
fois humain et non humain ce qui n'apporte absolument rien à l'aventure, on
flirte aussi régulièrement avec le paranormal dans la bande dessinée,
hypnotiseurs, zombis, fantômes et plus particulièrement nos héros Jim et Jenna.
On comprend au fur et à mesure des 10 tomes (séries toujours en cours) qu'ils
partagent un même corps, l'un peut prendre la place de l'autre à volonté, dès
qu'ils apposent les mains sur un miroir, il y a aussi cette montre à gousset
qu'ils ne cessent de regarder et qui fait donc partie du mystère. C'est
d'ailleurs le fil entre les album, cette malédiction qu'on nous dévoile à
chaque fois un peu plus, ça et les personnages récurrents, Marnie la
secrétaire, le chef du bureau royal car nous sommes en monarchie, Beltran le
neveu du roi qui fait office d'adjoint, le vieux narrateur de l'histoire. Comme
vous pouvez le constater, je n'ai absolument pas parlé du fond de la bédé mais
seulement du cadre, et c'est important de l'expliquer car le cadre prend toute
la place, c'est la caractéristique de la bédé, on a l'impression qu'on essaie
de complexifier au plus avec des détails superflus, d'essayer de noyer le
lecteur, les arcanes du Midi-Minuit c'est la bédé de l'embrouille. Chaque tome
correspond à une enquête, deux éléments ressortent à chaque fois, l'aspect
sanguinolent et violent des crimes alors que les dessins sont à l'opposé, rond
et colorés très inspirés de ce que fait Crisse, et le final où c'est pas celui
qu'on pensait qui est le coupable mais un autre personnage qui parfois
d'ailleurs n'apparait que dans les dernières pages.
Je trouve que la bédé cultive de nombreux défauts, les enquêtes pas toujours
très claires à l'image de la surcharge décrite plus haut. Un aspect adulte mal
assumé, alors que les enquêtes tournent souvent à la boucherie, les relations
entre les personnages sont niaises, comme certains dialogues, la bédé ne se
positionne pas assez dans un univers ou dans l'autre. On est globalement tenu
par la trame principale à savoir le lien entre Jim et Jenna, où ici c'est
réellement réalisé avec maestria puisqu'on vous dévoile les informations au
compte goutte, avec à chaque fois un petit élément de plus qui vous donne
l'envie de lire de le prochain tome pour savoir où on va. Les arcanes du
Midi-Minuit n'est pas une bédé indispensable, elle reste tout de même un
agréable moment de lecture.

A propos
Je m'appelle Cyrille BORNE et au moment où j'écris ces lignes j'ai 37 ans, je suis professeur de mathématiques au Lycée Agricole le Cep d'Or de Clermont L'Hérault, accessoirement j'en suis aussi le dictateur informatique. Je raconte ici mes nombreuses expériences, qu'elles soient pédagogiques ou informatiques, sans détour, réussites ou échecs cela n'a pas d'importance pourvu qu'on les partage.
Enfant je n'ai jamais rêvé de devenir président de la république, par contre je rêvais de parcourir mers et océans. Comme il faut toujours réaliser ses rêves d'enfant j'ai navigué de-ci de-là et connu de nombreuses îles. Le besoin de larguer les amarres est toujours présent et, chaque fois que possible, je mets le cap ailleurs.
L'informatique ? elle n'a jamais été un rêve pour moi mais un outil indispensable lors de la création de ma première boite. Informatisé en 1987 si je me souviens bien ; alors il fallait se débrouiller avec les moyens du bord. Gnu/Linux ensuite car la liberté y était pratiquement totale. Même maintenant ce goût de liberté domine dans le choix de mes os, ou plus précisément de mes distributions. Debian principalement.
Aucun goût pour le prosélytisme mais une envie de partager avec, en point de mire essentiel, l'envie que chaque utilisateur puisse rester maître de sa machine et, chaque fois que cela est possible, fasse en toute connaissance de cause ses propres choix.
Merci à Cyrille de nous permettre de tracer un petit bout de route ici.
cep
J'ai fait mes débuts dans l'image par le cinéma et la sémiologie. La rencontre, fin des années 90, avec le photographe brésilien Renato Assis (1952-2012) m'a réorienté définitivement vers la photographie.
Après une (trop) longue parenthèse exclusivement littéraire (formation doctorale et enseignement), j'ai travaillé dans le milieu artistique (danse, musique...) avant de m'engager dans une approche documentaire plus humaniste centrée essentiellement sur les violences et les exclusions.
L'informatique est avant tout, pour moi, un merveilleux outil de partage et de développement des connaissances.
Christophe




