Cyrille BORNE et Associés

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2013 mai 22

Les arcanes du Midi-Minuit ou quand c'est la simplicité qu'on assassine

Les arcanes du Midi-Minuit se situe en plein univers Steam-Punk c'est à dire une époque qui serait au bon milieu de la révolution industrielle mais avec de nombreux anachronismes. Pour rajouter à l'ambiance, les personnages sont à la fois humain et non humain ce qui n'apporte absolument rien à l'aventure, on flirte aussi régulièrement avec le paranormal dans la bande dessinée, hypnotiseurs, zombis, fantômes et plus particulièrement nos héros Jim et Jenna. On comprend au fur et à mesure des 10 tomes (séries toujours en cours) qu'ils partagent un même corps, l'un peut prendre la place de l'autre à volonté, dès qu'ils apposent les mains sur un miroir, il y a aussi cette montre à gousset qu'ils ne cessent de regarder et qui fait donc partie du mystère. C'est d'ailleurs le fil entre les album, cette malédiction qu'on nous dévoile à chaque fois un peu plus, ça et les personnages récurrents, Marnie la secrétaire, le chef du bureau royal car nous sommes en monarchie, Beltran le neveu du roi qui fait office d'adjoint, le vieux narrateur de l'histoire. Comme vous pouvez le constater, je n'ai absolument pas parlé du fond de la bédé mais seulement du cadre, et c'est important de l'expliquer car le cadre prend toute la place, c'est la caractéristique de la bédé, on a l'impression qu'on essaie de complexifier au plus avec des détails superflus, d'essayer de noyer le lecteur, les arcanes du Midi-Minuit c'est la bédé de l'embrouille. Chaque tome correspond à une enquête, deux éléments ressortent à chaque fois, l'aspect sanguinolent et violent des crimes alors que les dessins sont à l'opposé, rond et colorés très inspirés de ce que fait Crisse, et le final où c'est pas celui qu'on pensait qui est le coupable mais un autre personnage qui parfois d'ailleurs n'apparait que dans les dernières pages.

Je trouve que la bédé cultive de nombreux défauts, les enquêtes pas toujours très claires à l'image de la surcharge décrite plus haut. Un aspect adulte mal assumé, alors que les enquêtes tournent souvent à la boucherie, les relations entre les personnages sont niaises, comme certains dialogues, la bédé ne se positionne pas assez dans un univers ou dans l'autre. On est globalement tenu par la trame principale à savoir le lien entre Jim et Jenna, où ici c'est réellement réalisé avec maestria puisqu'on vous dévoile les informations au compte goutte, avec à chaque fois un petit élément de plus qui vous donne l'envie de lire de le prochain tome pour savoir où on va. Les arcanes du Midi-Minuit n'est pas une bédé indispensable, elle reste tout de même un agréable moment de lecture.

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2013 mai 12

La croix de Cahu ... Cazenac, la caste des méta-barons

La croix de Cazenac fait partie des choses les plus bizarres que j'ai pu lire dernièrement, un scénario complètement abracadabrantesque comme aurait dit notre bon président Chirac. L'action se situe durant la guerre de 14 - 18 et après, dans la famille Cazenac qui m'a permis de faire mon meilleur jeu de mots du mois de mais. Il ne s'agit pas ici d'un terrible secret financier de 600.000 € mais d'un secret de famille bien gardé entre le père et le fils ainé, Henri dont on apprend la mort sur le front. Etienne qui devait entrer dans les ordres se retrouve propriétaire d'un mot sur lequel figure "Cible soixante" et d'une mystérieuse croix que tout le monde cherche à s'approprier. Contre l'avis de son père il part sur le front et pour un futur prêtre tout le monde s'étonne un peu, Etienne fait un véritable massacre, se lance à cœur perdu dans la bataille, et rien ne semble l'atteindre, comme s'il était possédé par quelque chose. Et c'est bien le cas en fait, Étienne est un chaman, ce sont des choses qui arrivent, son totem n'étant pas l’huître mais l'ours. Alors que c'est la guerre mondiale, que tout le monde s’entretue, Étienne va devoir trouver les autres croix appartenant chacune à d'autres chaman pour ouvrir une cité interdite. Comme vous pouvez le voir c'est quand même particulier, rien que dans la partie espionnage, embrouille histoire de coucherie et de tromperie, il y avait de quoi remplir les 10 tomes de la série finie de Pierre Boisserie et Éric Stalner et au départ on se demande réellement où cela va. Il s'agit, je pense d'une bédé à lire sans trop se poser de questions, il suffit de se laisser emporter à l'instar de ces grandes sagas qu'on pouvait voir à la télévision pendant l'été à l'époque, ne pas trop réfléchir, se laisser porter par l'action et par l'émotion, une fois ce postulat posé, on a là un très bon moment de lecture.

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Lothar et Tonto sont les robots serviteurs du Méta-baron, le plus grand guerrier de la galaxie. Le Méta-baron est parti on ne sait où et les deux robots vaquent à leurs occupations traditionnelles, préparer le repas du maître qui ne rentre pas. Lothar s'ennuie et demande à Tonto qui est au service des Méta-barons depuis toujours, de lui raconter l'histoire de la caste des Méta-barons ou comment on en est arrivé là. L'histoire commence avec Othon un pirate reconverti qui a épousé une fille Castaka. La famille Castaka possède trois choses : des roches dont on fait les palais et qu'on achète de l'autre bout de la galaxie, un code d'honneur, le Bushitaka qui n'est pas sans rappeler le code du Bushido, un curieux secret que personne n'explique, à savoir comment des gens qui utilisent des outils primitifs font pour déplacer des tonnes de caillasse. Et là c'est le drame ... Othon se fait écraser par un rocher, la seule façon de le sauver c'est d'utiliser le secret, une huile mystérieuse qui permet d'annuler la gravité. Le secret est alors révélé, les Castaka opposent une résistance farouche face aux envahisseurs qui veulent récupérer le secret, mais c'est en vain, le secret est finalement vendu à l'empire, Othon va devenir très riche avec les ventes réalisées et accessoirement le premier Méta-baron, le champion de l'empire. Les huit tomes de la caste des Méta-barons sont taillés de la façon suivante. Un méta-baron qui doit tuer son père arrivé à l'adolescence certainement parce qu'il subit une mutilation de son géniteur à l'enfance, une histoire d'amour passionnée, un empire sauvé. Le dessin de Gimenez est complètement époustouflant, c'est l'une des plus belles séries de la bande dessinée franco-belge, au niveau du scénario alors que Jodorowsky est quand même le type le plus bizarre de l'humanité on a une histoire très carrée, très inspirée qui se place très très haut dans les séries de sciences fictions tout support confondu, un space opéra phénoménal.

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2013 avr. 25

Bédés

J'avais évoqué la bédé Asphodèle lors de mon billet sur l'univers des stryges. Il s'agissait des aventures d'une jeune femme super medium, la plus grande sorcière du monde en fait pour des raisons que l'on ne peut dévoiler sans spoiler qui cherchait à libérer son fiancé d'un stryge. On retrouve Asphodèle dans une bien curieuse histoire, une jeune femme se présente à elle et serait victime d'une possession, une sorcière du moyen âge essaie de s'incarner en elle, elle cherche comme on peut s'en douter à s'en libérer. Elle n'en aura pas le temps puisqu'elle se fait assassiner. Parallèlement à cet évènement, Asphodèle est invitée par une assemblée de magiciens qui lui présente une vidéo pour le moins inquiétante, une assemblée de magiciens se faisant assassiner. Asphodèle commence à mener son enquête et c'est sans surprise qu'on découvre que les deux affaires sont liées, des individus appliqueraient La Loi des XII tables, un édit écrit au moyen âge et visant à l'éradication de la sorcellerie. Alors que la première série me paraissait particulièrement décevante, le niveau est bien meilleur ici. Des trahisons, du mystère, des rebondissements, du bon cliff hanger, on tient là une bande dessinée solide autant au niveau du dessin que du scénario bouclée en six tomes.

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Au XVI° siècle des anatomistes sont tués dans des circonstances plus ou moins étranges, assez rapidement Ambroise Paré chirurgien du roi se retrouve dans l'affaire, une affaire pour le moins compliquée, très compliquée. La licorne est une bande dessinée très complexe, certainement trop complexe dessinée par Jean et scénarisée par Gabella, une vraie claque graphique. Au niveau de l'histoire, on n'est pas du tout dans la simplicité. Paré et sa bande de copains découvrent que l'homme depuis un siècle est modifié, on ne sait pas trop pourquoi mais on sait que l'église est dedans. Nous de notre côté on découvre que les anatomistes fréquentent ce qu'on appelle des primordiaux, des êtres qui ont la possibilité de recomposer leur corps à partir d'éléments récupérés sur des cadavres par exemple. Les primordiaux ont une origine qui remonte aussi loin que l'humanité et correspondent en fait aux animaux mythologiques, le basilic, le centaure etc ... et la licorne bien sûr qui aurait la possibilité de sauver toute l'humanité. La licorne est une bande dessinée très bien dessinée, qui a du rythme, de l'action, de sacrés rebondissements qui aurait pu être un must one si on n'essayait pas de noyer le lecteur dans de trop nombreux détails. A l'image de son dessin, l'histoire est riche, peut être trop et c'est nuisible pour la compréhension au point qu'il faille relire la bédé plusieurs fois pour être sûr d'avoir tout saisi ... sans certitude.

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La guerre éternelle est une bédé de Marvano et Haldeman qui raconte la guerre que mènent les hommes et les taurans dans le futur. Il s'agit d'une bédé en trois tomes, adaptée du livre d'Hadelman justement, une histoire qui tient particulièrement la route et qui a forcément un sens différent quand on sait que les deux auteurs sont des vétérans du Vietnam. D'ailleurs à l'ouverture du premier tome vous avez quelques pages où Marvano et Haldeman se racontent, Vietnam compris. La particularité de la bédé c'est qu'elle tient compte d'un facteur auquel on ne pense pas nécessairement, les décalages temporels. Lorsqu'un combat se situe à plusieurs années lumières, les choses évoluent, les technologies évoluent, les évènements aussi. On a donc un conflit qui va s'étaler en vrai sur 10000 ans pour l'humanité mais qui pour les principaux protagonistes ne durera que quelques années. La bédé insiste sur l'absurdité de la guerre bien sûr, la presse et la censure, mais aussi sur le décalage que vont ressentir les vétérans face à une humanité qui évolue à grande vitesse. Amusant, alors que nous sommes en plein débat sur le mariage homosexuel, l'intégralité de la planète est devenue gay, sacrée anticipation tout de même. La guerre éternelle est un must, trois tomes pour tout dire, c'est fait et bien fait, à lire d'urgence.

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