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Le blog de Cyrille BORNE

"Monsieur votre blog il est nul y a pas de photos et on comprend rien !". Bienvenue sur le blog de Cyrille BORNE geek à la campagne.

Culture › Musique

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Le patrimoine musical du sudiste réchauffe le cœur

Le type qui a dit en mai fait ce qu'il te plait ne devait pas habiter le Cantal pour balancer ce genre de proverbe. A une époque je pensais que le Cantal se composait de deux saisons, l'hiver froid de septembre à avril, et l'hiver chaud de mai à août. Après avoir allumé le chauffage en cette journée du 4 mai, je pense que celui qui a dit qu'en mai fait ce qu'il te plait doit être de la même famille que ceux qui annoncent le réchauffement de la planète, ces gens là ne vivent pas dans le Cantal non plus. On devrait se lancer ici dans l'élevage des ours polaires, sauver tous les bébés phoques du monde et les lâcher dans le village, le climat est à peine différent. J'ai froid, alors quand j'ai froid, je trouve la chaleur dans mon cœur, mes souvenirs et accessoirement google.

Flash back. Il y a 20 ans, je suis adolescent, je suis à Nîmes la ville aux sept collines. Il faisait tellement chaud certains étés que je me rappelle avoir dormi sur le carrelage du salon familial, même le ventilateur ne pouvait plus rien pour moi. A l'époque je ne connaissais pas encore Mano Solo et les chanteurs parisiens, j'avais un amiga 500, j'écoutais les Cure, les Doors, de nombreux chanteurs anglo-saxon, j'avais des cheveux pour aller avec mes goûts musicaux. La féria était encore une fête familiale et même si l'alcool coulait déjà à flot, on pouvait voir des groupes se produire dans tous les coins de la ville, parfois sur des chars, une vraie ambiance de fête. On écoutait par exemple Fatal Manbo un groupe que ne doivent certainement connaître que les gens du gard et de l'hérault, un groupe qui a connu son quart d'heure de gloire puisqu'on peut même les retrouver dans un live indispensable chez taratata.

A cette époque les négresses vertes explosent et on entend en fin des années 80 leur plus mauvais titre "voilà l'été" qui passe à la télé en boucle sur la 6 qui n'était pas encore la petite chaine qui monte et qui avait tellement peu d'argent dans les caisses qu'elle diffusait trois heures de clip le matin. Je passe à côté de Mlah le premier album et en 1992 à 17 ans, la révélation.

Sous le soleil de Bodega devient l'hymne d'une ville, d'une région. Les négresses vertes c'était bien, seulement le groupe n'a pas survécu à la mort de Helno ancien Bérurier Noir mort d'une overdose, je vous conseille toutefois l'achat du live, un peu de soleil dans un double album.

Elle était bien ma musique du sud, elle l'est peut être toujours, je ne sais pas, je ne sais plus, parti trop loin pour Babylone la grande, redescendu pas assez bas dans le no man's land, le pays des tripoux, des vaches et surtout de ... je n'ai pas la force de l'écrire, alors je vous laisse vivre mon cauchemar incontournable de chaque fête de village, de chaque évènement.

Bad Moon's Back

Il y a dans le premier jour du reste de ta vie, un passage où le second fils, celui qui n'a pas trouvé sa voie, emmène son père à un concours de air guitar, on y voit d'ailleurs Sinclair travesti en Angus Young et puis, le tour de magic finger, le solo de guitare de la mort qui tue, c'est maintenant.

Dans la famille Marley, je demande le fils, le fils et heu ... le fils ?

On parle souvent de la difficulté de vivre dans l'ombre de son père, le cas de la famille Marley est certainement le cas le plus extrême de la difficulté de la filiation et ce pour deux raisons. La première c'est que dans deux cents ans Bob Marley sera encore le dieu incontesté du reggae, on aura même des rues Bob Marley, et le jour où je deviens chef d'établissement je renomme mon bahut en Lycée Bob Marley. Si on peut compter des légendes dans de nombreux styles musicaux, Bob Marley a réussi l'exploit de faire confondre un style musical avec son propre nom, un peu comme Word et le traitement de texte, ou internet explorer et le navigateur, ou l'arbre et le cactus, ils vont devoir y aller pour trouver un remplaçant. La seconde c'est que s'imposer chez les Marley n'est pas évident, Bob a quand même trouvé le temps de faire douze enfants.

Le plus connu des enfants c'est Ziggy c'est le plus vieux des hommes de la famille Marley, et c'est certainement celui qui essaie le plus de marcher dans les traces de son père. Un physique très similaire, les rastas ça aide et le timbre de voix qui va avec. Seulement Ziggy malgré ses plus de dix albums n'a pas réussi à trouver la force de musicale de son père. Je crois que finalement le problème du reggae de Ziggy c'est qu'il est trop gai, on y retrouve pas le côté déchirant de son paternel.

Damian Marley lui n'a pas suivi les traces du père pour se lancer dans un style musical plus actuel genre reggaeton et rap qui lui réussit pas trop mal au point de faire oublier qu'il est un Marley. Quelques bons titres même si l'ensemble de ses albums sont plus difficiles à écouter par les oreilles un peu âgées. Premier titre qui représente pas trop mal son univers, deuxième titre une vraie bombe atomique à mon sens, et le troisième et dernier titre c'est une reprise de get up stand up du paternel, assez saisissante, qui montre bien qu'il est le digne de fils de son père avec l'occasion de voir pas mal de la descendance de Bob dans le fond.

Stephen Marley n'a fait qu'un album en 2007 du nom de Mind Control et quel album ! Quand je reprochais à Ziggy de ne pas avoir retrouvé la rage du père, avec des sonorités plus modernes, Stephen réussit à faire croire à l'auditeur que Bob Marley chante encore.

Je finirai enfin par Julian Marley qui lui aussi est dans le reggae pur jus à l'instar de Ziggy et de Stephen, plus proche du style de Stephen d'ailleurs avec quelques très bons titres.

Il sont nombreux dans la famille Marley à vouloir reprendre le flambeau, enfin plutôt le phare dans ce cas là et j'ai l'impression que c'est tous réunis finalement qu'ils y arrivent le mieux. J'aurai pu citer Ky-Mani Marley ou Rohan Marley, ils seront certainement plus nombreux dans les années à venir, les petits enfants bercés par les chansons de la Jamaïque qui à leur tour voudront avoir des dread et chanter comme papi.

Note : les enregistrements en flash (pas bien, pas libre) ne rendent pas hommage à la qualité des chanteurs et je vous invite à écouter depuis des sources plus propres.

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