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Le blog de Cyrille BORNE

"Monsieur votre blog il est nul y a pas de photos et on comprend rien !". Bienvenue sur le blog de Cyrille BORNE geek à la campagne.

Bad Cyrille

Parce que Cyrille est méchant, Cyrille contre le reste du monde.

Fil des billets

Demain j'arrête.

C'est TimCruz qui va être ravi, notre roman photo nous donne droit ce soir à un dessin du Geektionnerd. Je cite l'auteur : Moi-même, je suis assez divisé sur le sujet. J’avoue que je ne cracherais pas sur quelques jeux de qualité sur Gnunux, mais ça reste du non-libre… L’article a été un peu inspiré par ce que j’ai pu lire entre TimCruz et Cyrille Borne par l’intermédiaire du Planet Libre, merci à eux pour ces petits trolls débats qui ne sont jamais dénués d’intérêt ;). Il est assez amusant de constater qu'on colle l'étiquette de troll ou de débat à n'importe quoi. Pour ma part, au cas où quelqu'un ne connaitrait pas mon blog et arriverait sur celui-ci où les commentaires sont fermés et où l'auteur à l'étroitesse d'esprit d'une telline méditerranéenne, il faut savoir que je ne débats pas, j'exprime mes opinions, c'est pour ça que je tiens un blog. Le jour où je veux débattre ou troller, je vais dans un forum quelconque de Linuxiens, sur hardware.fr ou sur jeuxvideo.com, je pourrais alors à loisir me faire déverser les excédents de testostérones d'adolescents boutonneux vivant dans le garage de leurs parents ou me faire prêcher la bonne parole par différents justicier détenant la vérité qui sont en collants derrière leur PC.

En ce qui concerne le dessin il est assez synthétique et finalement à y réfléchir encore, voici le fond de ma pensée. Toute personne qui dit aujourd'hui que les jeux de Steam n'arrivent pas sous Linux est une bénédiction, est soit un hypocrite soit une personne qui ne joue pas et qui se moque du bonheur des autres. En même temps l'hypocrisie ce n'est pas un problème dans la communauté, on peut jouer à des jeux crackés toute la journée sous Windows tant qu'on soutient le jeu libre de façon publique.

Pour le reste je trouve toujours aussi navrant de n'être cité que lorsque je fais une réponse cinglante, de temps à autre j'aimerai aussi qu'on dégage mon aspect positif et productif. Ah ben non en fait, je ne dois véhiculer que du négatif, ou alors peut être que les gens ne retiennent que les bastons finalement, vivement qu'on rouvre les jeux du cirque, il parait que c'est l'opium du peuple.

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La lente mort de la bonne informatique

Insidieusement on peut voir l'informatique prendre deux orientations. Une orientation hardware vers la machine jetable. Pour preuve on estime normal chez HP qu'un netbook possède une durée de vie de 15 à 24 mois. On peut quand même saluer l'énorme holdup des fabricants de machines qui ont réussi à imposer des machines de merde au détriment du PC de bureau, on peut aussi dans la foulée saluer l'imbécilité des gens qui ont couru vers l'ordinateur portable de 6 kilos avec son écran de 17 pouces qu'ils laissent sur le bureau et qui lorsqu'il tombe en panne, et bien on ne peut rien faire. Les perdants dans l'histoire c'est tout le monde. Quand on voit par exemple les salles informatiques toutes faites pour les classes rurales avec le TBI et l'indispensable classe mobile pour parfois des écoles qui ne possèdent que deux classes, des salles souvent à base de ACER ou de HP et bien on se dit que dans 5 ans tout est mort, et que ce qui n'est pas mort est encore relié à un fil électrique car si le portable survit, la batterie, elle, aura rendu l'âme depuis bien longtemps. D'un point de vue écologie je pense aussi que c'est moyen, je ne sais pas si quelqu'un s'est lancé dans le recyclage de portables morts mais quand on sait que la vente au détail de pièces détachées pour ce type d'appareil est inexistant et particulièrement onéreux, et bien on doit en remplir des bennes. Je disais que les perdant c'était tout le monde, c'est surtout des gens comme moi et à plusieurs niveaux. D'abord l'administrateur que je suis, qui n'a quasiment rien acheté ou changé dans sa salle informatique depuis 6 ans à part quelques alimentations et quelques cartes mères. Si aujourd'hui le PC de bureau et ses composants se vendent encore pour une bouchée de pain, quand on sait que bientôt les tablettes PC vont passer devant pour un holdup encore plus important, on peut imaginer que les prix vont finir par monter et qu'il sera bientôt luxueux de monter ou d'acheter un PC de bureau ce dinosaure si performant et si évolutif. Après l'administrateur, vient bien sûr le consommateur. Je prévois de changer mon E5200 au profit d'un processeur plus puissant dans l'année, je ne changerai pas de graveur ou de disque dur, ni de boîtier d'ailleurs que j'ai changé il y a peu, pour 200 € de matériel à tout casser, j'aurai un bestiau de compétition. Et c'est là que le consommateur rejoint l'administrateur, si les prix finissent par monter c'est bien dommage car j'affectionne de façon générale le pas cher. Enfin l'autoentrepreneur, car avec des machines où la seule réparation possible est le remplacement, on ne peut finalement faire que du conseil sur les changements de machine.

La seconde orientation c'est l'orientation logicielle vers des systèmes de plus en plus fermé, merci le cloud computing. Cette orientation est logique et ce pour plusieurs raisons. La dématérialisation du support quel qu'il soit devient une véritable nécessité. En effet la fabrication d'une jolie box contenant 4 CD avec des pochettes élaborées, c'est cher, alors que la duplication à l'infinie ne coûte pas un rond. Il en est de même avec le jeu vidéo, les compagnies fatiguées de trouver des parades au piratage, même la PS3 est tombée, ont tout intérêt à basculer leurs jeux en lignes avec rien au local pour éviter ce genre de désagrément, même si l'on sait que les protections se contournent. Et puis on a souvent ce qu'on mérite. Les gens finalement, les jeunes en particulier, préfèrent leur téléphone à leur ordinateur pour la simple et bonne raison que le téléphone est un magnifique système fermé avec de grosses icônes, un nombre d'applications limitées etc ... Le système d'exploitation qui sera le grand gagnant de demain n'est pas celui qui offrira le plus de liberté à l'utilisateur mais bien celui qui enfermera celui-ci dans une douce prison sécurisante mais pas nécessairement sécurisée, celle où l'on aura rien à faire, aucune mise à jour visible ou manipulation complexe. Les solutions de cloud computing vont bien offrir ce genre de choses, avec la particularité d'offrir bien plus, aucun contrôle sur ses données qui se baladeront quelque part entre "l'ordinateur" et un serveur tiers.

La conclusion un peu amère de ce billet, que j'ai muri durant mon passage sur le pont de Millau à 7.90 €, c'est que les utilisateurs payent à tous les niveaux leur bêtise. L'acharnement qu'ont certaines personnes qui ne bougent pourtant pas à acheter un ordinateur portable alors que le dernier vient de lâcher après deux ans provoque chez moi un mélange étonnant de désespoir et de rage. L'expérience n'apporte finalement donc rien, tant pis pour eux et bientôt tant pis pour moi, pour les raisons évoquées plus haut. Dans mon dernier billet où j'évoquais la communication déplorable des Linuxiens, je rajouterai quelque chose. Le logiciel libre a bien sûr tout intérêt à jouer la carte du relooking pour séduire ce large public qui ne comprend rien mais aussi la politique de la peur. L'orientation actuelle vers le tout internet et les applications tierces où l'on ne maîtrise rien fait partie des peurs que nous devrions dénoncer, à l'époque je me souviens d'une campagne anti-hadopi (ou l'ancienne) où l'on pouvait voir des gars en cagoule avec pour sous titres "cet homme utilise des logiciels libres", je vois bien des variantes avec Mark Zuckerberg regardant les photos de famille, avec "cet homme possède votre vie privée". Essayer de faire passer des messages complexes aux gens même plein de bon sens ne sert à rien, appuyons bien fort sur les bas instincts pour obtenir des résultats.

Sur la plage abandonnée coquillages et crustacés, surtout des grosses moules

Je suis en train d'écrire depuis le balcon dans un boxer noir, certainement celui que doit porter Batman quand il va à la plage, à la différence c'est que je n'ai pas le masque. Le léger vent, le marin, comme on dit ici est un peu frais me rappelant que dans neuf jours ce n'est pas le costume de Batman que j'enfile mais celui de professorator moitié homme moitié robot, 100 % pénible.

Le fait de parfaire mon bronzage pour complexer les cantalous ne m'empêche pas de lire l'actualité informatique qui redémarre doucement. Deux nouvelles m'ont particulièrement amusé, la mort du web et les inquiétudes de mes confrères quant à la percée de Linux et du logiciel libre de façon plus générale. C'est aka le patron du framablog qui a ouvert le bal sur deux billets, un qui explique que la jeunesse se contrefout de Linux et veut absolument du Mac, un autre qui utilise Google Trends pour montrer le déclin de Linux et même d'ubuntu. Il a besoin de vacances en ce moment aka, enfin c'est mon opinion. Avec un premier billet qui relate une enquête américaine, qui aurait certainement d'autres chiffres en France où étudiant rime souvent avec fauché et un autre qui utilise Google Trends un produit propriétaire d'une part et un outil à qui l'on peut faire dire tout et n'importe quoi, ces deux billets sont plus de mon niveau (obscur et mesquin) que les traditionnelles tartines de qualité qu'on peut lire chez le garçon.

Néanmoins s'il y a bien quelque chose sur lequel on peut être d'accord c'est que l'explosion Linux sur le poste client ce n'est pas pour demain et comme le souligne à juste titre Tristan Nitot ce n'est pas avec la disparition de celui-ci que les choses vont s'arranger. Mais comme vous le savez, mes billets sont obscurs et mesquins, je dirai en fait que c'est un problème de fond, même si on va me rebattre les oreilles avec les autres succès Linuxiens, passés et à venir.

Le succès grandissant de Mac y compris en France n'est pas le fruit du hasard, Mac propose des produits soutenus par une image impeccable. Quand Steve Jobs ouvre la bouche, tout le monde boit ses paroles comme si c'était le messie, la communication ça se travaille. Il ne faut pas croire que Linux aujourd'hui propose des solutions qui ne s'installent et ne fonctionnent qu'en ligne de commande comme l'a dernièrement prouvé Frédéric Bezies, ou comme je le prouve de plus en plus entre mon lycée sous linux ou ces mamans qui sont devenues des Ubunteros, il ne s'agit plus de contraintes techniques mais bien d'un déficit profond d'image. A part Mark Shuttleworth et son physique de beau gosse, les représentants du logiciel libre sont RMS dont je vous épargne la photo si vous êtes à table ou pas loin de manger ou un Linus Torvald qui compare des développeurs à des nazis. Prenons même plus proche de nous, aka pour ne citer que lui et son billet Pourquoi je ne participerai pas au Concours Lépine et bien ce genre de billets m'interpelle. En lisant ce billet on a l'impression de lire un bon vieux discours Trotskiste, où gagner de l'argent en utilisant son cerveau serait à la limite du honteux, il faut tout léguer à la communauté. Hier sur la plage j'ai acheté pour 3,50 € une espèce de vis qui permet de planter son parasol pour ne pas qu'il s'envole, j'espère que le type s'est enrichi avec cette formidable idée qui va éviter d'empaler des gens sur la plage au moindre coup de mistral. Si bien sûr tomber dans l'excès inverse, le tout profit, celui qui voudrait qu'on ne penserait qu'à l'argent a les limites qu'on connaît, celui de passer pour des illuminés d'une autre époque dessert totalement la communauté Linux.

Il faut en finir avec l'image du geek, de l'intégriste, pour donner au Linuxien une image plus dynamique, plus plaisante, enfin une autre image, on pourrait commencer par faire un concours de relooking pour RMS. Il faut de plus désépaissir le message qui ne veut absolument rien dire pour le grand public. On m'a fait le reproche d'avoir occulté certaines parties sur les licences dans mes cours sur le b2i, c'est voulu, c'est trop complexe. Si l'on arrive à faire comprendre aux jeunes qu'il y a d'autres modèles économiques que le payant, qu'il y a des gens super sympa qui codent gratos et bien peut être que c'est déjà par là qu'il faut commencer. Pour avoir discuté avec les personnes à qui je donne des cours, ce que les gens apprécient chez moi c'est la simplicité des explications. Qui a-t-il de plus pénible qu'un spécialiste dans quel que domaine que ce soit qui vous inonde de paroles totalament incompréhensibles ? On a tous vécus cette expérience dans un domaine ou dans un autre, et bien rares sont les linuxiens vulgarisateurs qui ne donnent pas envie de partir en courant.

En écrivant ce texte et même au soleil j'ai bien sûr une pensée pour ...

christophe.jpg

Dont on sait ce qu'il pense des compromis. Pour ma part je pense que l'un n'empêche pas l'autre, conserver les dogmes sur les licences mais simplifier les concepts pour le grand public.

Quelques liens sur le thème :

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