Le site PCInpact fait un retour sur ses 10 ans, et comme dans
tout bilan qui se respecte on annonce les perspectives. LES PERSPECTIVES SONT
SOMBRES !!! CA VA PAS FORT !!! ET TOUT CA A CAUSE DE TOOOOOAAAAAAAAAAAAA
L'INTERNAUTE. En effet PCinpact est bien loin du site amateur de ses débuts,
c'est un site professionnel, donc il faut de l'argent pour vivre, CQFD.
Souvenez vous il n'y a pas si longtemps
j'étais cité par le site (très belle figure de style), pour les histoires
de adblock où j'écrivais que les gros sites étaient culpabilisants par rapport
au blocage de pub, on peut faire encore mieux en terme de culpabilisation. Ici
une fois de plus il est question de finances et l'article n'y va pas par quatre
chemins, et propose des solutions pour assurer la pérennité de son site avec un
sondage à la fin car il est bien connu que ce sont les internautes qui
décident, roulement de tambour : licencier, accepter de nouveaux formats
publicitaires, rendre une partie du contenu payant.
Le licencier m'a presque fait sourire, presque. Presque parce que je ne
souhaite pas aux journalistes de se faire licencier, mais il se trouve que la
pratique est fort cavalière, risible. Imaginez qu'à l'issue du sondage on
pointe le licenciement, parce que les impactiens sont fous. Va-t-on faire un
sondage pour savoir qui sera le licencié comme à Koh Lanta. Le public en a
décidé ainsi, Jean-Kevin est viré. On pourrait même imaginer pendant le sondage
des photos des candidats à l'éviction, une tentative pour chaque viré potentiel
pour montrer à quel point il a besoin de son boulot, son hypothèque, ses
enfants à charge. Mais non c'est pas possible, alors comme les gens ne vont pas
cocher la case du licenciement, il reste alors le choix entre la publicité qui
est pas bien et l'abonnement payant largement mis en valeur. Pédagogie ou grand
sens du cynisme, je trouve la façon de faire médiocre.
Quand les braves gens qui ont fait PCinpact ont décidé de le professionnaliser,
ils n'ont pas demandé l'avis aux internautes, qu'ils en fassent de même
aujourd'hui dans la gestion de leur site sans donner l'illusion que nous avons
un rôle à jouer, un rôle décisionnaire ou participatif. En fait nous avons bien
un rôle à jouer mais pas celui auquel on pense. Notre rôle c'est le rôle de
masse, le rôle des moutons de Panurge, le rôle qu'on arrive à nous faire jouer
quand on a un certain talent. Pendant des années on nous a dit, la presse est
écrite par des journalistes, la presse sérieuse c'est le journal du 20 heures à
la télé ou les grands tirages alors on regardait PPDA et on achetait les
journaux. Et puis après on nous a dit, sur internet tout est gratuit, alors ça
ne sert à rien de payer pour avoir une actualité de meilleure qualité si bien
que la presse écrite se porte particulièrement mal aujourd'hui. Maintenant on
nous dit, attendez les gens, on peut pas vivre de la publicité, on peut pas
faire du gratuit, il va falloir raquer un peu si vous voulez que perdure le
modèle. C'est donc là le défi de la presse écrite sur le web, enterrer les
anciennes gloires passées pour prendre leur place dans un modèle économique
totalement similaire, l'abonnement, mais qui donne l'illusion qu'on a son mot à
dire et que tout est plus cool.
Ils n'y arriveront pas. Mon PCinpact je peux le lire tous les matins
gratuitement et de façon légale, sans pub parce que je mets du ghostery et du
adblock à tous les étages. L'effort intellectuel que me demanderait de déclarer
le site en liste blanche est tellement important que j'ai beau passer plusieurs
fois par semaines sur le site que cela ne me vient absolument pas à l'idée.
Pourquoi je vais payer quelque chose de gratuit pour bénéficier d'un service
premium dont je me moque totalement ? Mon raisonnement à la limite de la
caricature n'est pourtant pas éloigné de la réalité et c'est pour cela qu'on a
ces si nombreuses tentatives de prise de conscience. Malheureusement
on sait en tout cas en France, que l'éveil n'existe pas, seules fonctionnent la
contrainte et la répression. Pour que les gens achètent ce n'est pas bien
compliqué, il ne faut pas leur donner et entretenir le besoin, Apple et Samsung
y arrivent bien à 600 €. Donc PCinpact quand il écrit que si on donne bien pour
payer Angry Birds ou acheter le dernier Lorie, a bien raison, et tant qu'on
pourra obtenir PCinpact de façon gratuite, il n'y a aucune raison pour que les
gens mettent la main à la poche. Simple non ? Il suffit de bloquer le site
et de le rendre uniquement visible aux abonnés. Si PCinpact se lance dans cette
démarche, c'est la faillite dans 3 mois ou selon les réserves de trésorerie,
les gens se rabattront vers Clubic, Generation-NT, Numerama et quelques
blogueurs, l'ensemble réuni parvenant à compenser le regretté devenu payant
PCinpact. Moralité soit tout le monde dégaine la formule payante en même temps,
soit personne ne le fait ou de façon édulcorée comme c'est le cas
actuellement.
L'histoire de PCinpact c'est l'histoire de l'internet qui est en train de se
jouer, il faudrait être bien malin pour voir comment ça va se terminer. Comme
je suis le plus malin je vous donne quand même une possibilité. Le français
n'achètera pas son abonnement à l'année, c'est la crise, ce n'est pas concret,
il peut l'avoir gratuitement et encore de façon légale. Les solutions basées
sur le don, car c'est une forme de don, n'ont pas d'avenir, les sollicitations
sont trop nombreuses, il faudra prendre tôt ou tard une décision pour savoir où
l'on va, c'est la volonté de tout un chacun je pense, savoir dans quoi on
s'engage. Passer au modèle payant c'est la mort assurée, la seule issue restant
c'est de se vendre à un grand groupe. A terme la boucle sera bouclée quand tous
les gros sites auront été achetés ou ceux qui présentent un intérêt, quand il
n'y aura plus rien ou pas grand chose, les majors pourront envisager de mettre
en place le modèle qu'elles souhaitent.
A propos
Je m'appelle Cyrille BORNE et au moment où j'écris ces lignes j'ai 37 ans, je suis professeur de mathématiques au Lycée Agricole le Cep d'Or de Clermont L'Hérault, accessoirement j'en suis aussi le dictateur informatique. Je raconte ici mes nombreuses expériences, qu'elles soient pédagogiques ou informatiques, sans détour, réussites ou échecs cela n'a pas d'importance pourvu qu'on les partage.
Enfant je n'ai jamais rêvé de devenir président de la république, par contre je rêvais de parcourir mers et océans. Comme il faut toujours réaliser ses rêves d'enfant j'ai navigué de-ci de-là et connu de nombreuses îles. Le besoin de larguer les amarres est toujours présent et, chaque fois que possible, je mets le cap ailleurs.
L'informatique ? elle n'a jamais été un rêve pour moi mais un outil indispensable lors de la création de ma première boite. Informatisé en 1987 si je me souviens bien ; alors il fallait se débrouiller avec les moyens du bord. Gnu/Linux ensuite car la liberté y était pratiquement totale. Même maintenant ce goût de liberté domine dans le choix de mes os, ou plus précisément de mes distributions. Debian principalement.
Aucun goût pour le prosélytisme mais une envie de partager avec, en point de mire essentiel, l'envie que chaque utilisateur puisse rester maître de sa machine et, chaque fois que cela est possible, fasse en toute connaissance de cause ses propres choix.
Merci à Cyrille de nous permettre de tracer un petit bout de route ici.
cep
J'ai fait mes débuts dans l'image par le cinéma et la sémiologie. La rencontre, fin des années 90, avec le photographe brésilien Renato Assis (1952-2012) m'a réorienté définitivement vers la photographie.
Après une (trop) longue parenthèse exclusivement littéraire (formation doctorale et enseignement), j'ai travaillé dans le milieu artistique (danse, musique...) avant de m'engager dans une approche documentaire plus humaniste centrée essentiellement sur les violences et les exclusions.
L'informatique est avant tout, pour moi, un merveilleux outil de partage et de développement des connaissances.
Christophe



