Le blog de Cyrille BORNE

"Monsieur votre blog il est nul, y a pas de photos et on comprend rien !". Bienvenue sur le blog de Cyrille BORNE geek à la campagne.

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Linux

Le watermarking facile avec phatch

N'allez pas croire que je sois passé du côté obscure de la force mais j'ai constaté que de plus en plus de mes images se retrouvaient sur internet réutilisées par d'autres sites. La problématique est toujours la même, la bande passante qui est pompée au détriment de mon bien aimé hébergeur le très glamour François Laurent. En apposant une marque sur une image (watermark), on peut supposer que ça va dissuader l'individu de linker directement l'image, et on préférera passer à la suivante sur google image, sans marque. Une fois de plus j'ai vu sous Linux les solutions les plus drôles, je vous propose un watermarking simple c'est à dire juste en apposant un texte avec phatch. Pour les gens qui voudraient faire des choses plus complexes, comme l'application d'une image sur l'image, vous trouverez des scripts plein la toile.

Au niveau de Dotclear il a été nécessaire de rajouter le plugin gallery et de forcer la régénération des miniatures. J'ai eu un bug avec, phatch m'a retourné un code erreur avec un integer 0, je n'ai pas étudié le motif précis, en ouvrant et en sauvegardant avec Gimp ça passe.

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Cela fait maintenant cinq mois que j'enseigne dans mon nouvel établissement, et comme j'ai dû l'écrire dans des précédents billets je suis au travail, dans le sens où je reprends l'intégralité des mes cours pour dégraisser (le mammouth ?), pour en sortir la substantifique moelle. A l'heure où j'écris ces lignes j'ai perdu partiellement la bataille avec une partie de mes élèves et vous allez voir comment et avec quelle magie je me dédouane complètement, utilisant la parade enseignée par les maîtres Shaolin du c'est pas moi c'est l'autre.

  • les élèves sont incapables de prendre un cours, et ça ne doit pas dater de cette année, ça veut dire que dès le primaire on n'a pas donné à ces élèves les automatismes de propreté et de rigueur qui devraient servir de pivot pour la scolarité.
  • les élèves s'en foutent complètement de ce que je peux raconter parce qu'ils ne sont absolument pas préoccupés par leur scolarité et n'ont aucune perspective d'avenir
  • les élèves n'en font pas une rame à domicile et c'est la faute des parents, comme pour les cahiers d'ailleurs, les parents ne jouent pas le jeu.

Voilà c'est fini, j'encaisse la paye à la fin du mois. Bon c'est pas le genre de la maison, il est donc nécessaire de réfléchir pour avancer.

Voici donc le constat, des élèves difficiles, en difficulté, qui ne travaillent pas à la maison, qui n'ont aucune capacité d'organisation et de concentration. Saupoudrons l'ensemble de violence verbale gratuite et nous avons là l'exemple type de l'élève qui sera amené tôt ou tard à l'exclusion de l'école, d'autres écoles, du système et pour moi ce n'est pas le but. Avant d'aller plus loin, la question que doit se poser toute équipe pédagogique, car ce n'est pas un combat individuel mais bien un combat collectif, c'est ce qu'on attend d'un élève. Pour ma part, avec le recul de ces cinq mois, j'attends qu'un élève soit respectueux, qu'il comprenne que je ne le déteste pas, qu'il soit capable de prendre un cours et d'avoir les connaissances de base du programme.

Vous noterez que les deux premiers points n'ont finalement peu de rapport avec l'école, et pourtant ils me paraissent indispensables, je ne suis pas là pour me faire insulter, les élèves qui passent leur temps à se traiter de tous les noms, n'ont pas conscience du poids de leurs mots, et s'ils acceptent entre eux de s'insulter, je ne l'accepte pas. La relation entre les élèves et l'enseignant est pour beaucoup d'élèves basée sur la haine, et si j'ai eu quelques clash assez sévères cette année et durant ma carrière, l'idée étant toujours de situer les choses dans leur contexte, de rappeler ce que dit la loi et de désamorcer dans le calme. Jusqu'à maintenant ça marche plutôt pas mal, il me parait important de désamorcer le plus rapidement possible, montrer les attentes et les expliquer. Il faut savoir parfois que nous sommes à des années lumières les uns des autres et qu'il est nécessaire de prendre un temps pour se faire comprendre, de casser les clichés sans tomber dans le copinage. Le cours c'est la clé de beaucoup de choses, j'essaie de faire au plus condensé en multipliant les exercices d'applications, de façon à ce que l'élève puisse se raccrocher à un manuel de référence le plus simpliste possible, là je pense que je peux difficilement aller plus loin. Je ramasse les cahiers le plus régulièrement et il est nécessaire de coller derrière si l'élève ne fait pas ce minimum d'effort syndical. Je rencontre ici la problématique de l'absentéisme scolaire, c'est à dire qu'en terme d'organisation quand on ramasse les cahiers à une date donnée, on n'a jamais la totalité de la classe en face, il est nécessaire de se rappeler derrière des élèves qui n'étaient pas présents, mais comme ils ont besoin de leur cours au moment où ils reviennent etc etc etc ...

Mon problème actuel : mes fiches d'exercices qui sont trop complexes, mes contrôles qui sont trop durs. J'avais honte de certains contrôles que je trouvais trop simples dans le Cantal où j'avais des classes complètes qui flirtaient avec 15 ou 16 de moyenne, ce n'est plus le cas, des choses qui étaient évidentes pour mon public Cantalou ne l'est plus pour mon public Héraultais. Certes on peut me dire que donner plus simple c'est jouer la carte de la démagogie, mais en même temps si en ajustant le niveau au départ, ou en modulant des contrôles avec une montée en puissance, on arrive à encourager certains élèves qui auront réussi à accrocher et passer le cap du 2 auquel ils sont habitués, ça vaut certainement la peine.

Dernier point la ventilation de mes cours. A l'instar des petites classes mes élèves ont la capacité de concentration du poisson de Doris le poisson dans Némo qui perd la mémoire. Il est difficile de faire une heure de cours, il est difficile de faire une heure d'exercices pourtant nécessaire puisque le travail n'est pas fait à la maison, il faudrait que j'arrive dans une heure de cours à faire deux choses ou même trois, de façon à diversifier le plus possible l'activité. A moi donc de diviser l'intégralité de mes séances et de mes séquences pour faire avaler ma pilule, d'inventer de nouvelles choses.

Je lisais avec attention le billet d'Arnaud (tiens prends ça dans tes stats) qui me parait à un état plus avancé que le mien dans sa pédagogie, où il est question ici d'évaluation différenciée. Je dis qu'Arnaud est plus avancé car j'en suis encore à trouver le niveau collectif dans un premier temps quand il planche sur de l'individuel. J'écrivais il y a quelques temps que même si je n'approuvais pas le piratage, la machine était en marche, il était trop tard pour cette génération qui refuserait de payer de la musique du moins de façon individuelle. Aujourd'hui je ne voudrais pas être une de ces majors qui s'accroche à une époque passée et ce que je vais écrire en révoltera plus d'un, ça me révolte moi-même de l'écrire. Il faut apprendre à accepter les jeunes tels qu'ils sont avec certaines limites et s’interroger sur ces limites. J'ai donné les miennes plus haut, et je cherche à l'heure actuelle le compromis entre ne plus payer sa musique et réapprendre à la payer, n'en foutre pas une et se remettre progressivement au travail quand on ne l'a jamais connu, je cherche en fait ma licence globale.

La guerre que j'annonce dans mon titre, ce n'est pas la guerre contre nos élèves, nous jouons dans le même camp, il s'agit d'une guerre contre les habitudes. Moi qui suis persuadé qu'il est nécessaire de faire une bonne centaine d'équations pour arriver à maîtriser, eux qui sont persuadés que les équations ça ne sert à rien et qu'ils n'y comprendront jamais rien, il est nécessaire que nous arrivions avec la donne actuelle à redéfinir nos positions, trouver des compromis, pour qu'au final les choses avancent, un peu.

Je profite de mon très long billet pédagogique pour "répondre au billet de ploum", pourquoi je suis un pirate. D'abord je souligne que l'auteur fait désormais son effort pour écrire ses billets en deux langues et c'est bien, d'autre part pour signaler que dans son billet il mouille quand même franchement la chemise et qu'il risque d'avoir des problèmes, c'est courageux. Ploum écrit certains professeurs eux-mêmes ne partagent plus leurs cours avec les nouveaux ou les stagiaires, arguant que le travail est leur propriété intellectuelle. Si mes cours ne figurent pas en ligne, n'hésitez pas à me les demander par mail, d'ailleurs je devrais compléter la partie documentation en rajoutant ce que je corrige actuellement mais partiellement. J'ai largement pompé des choses en début de carrière à Joël Négri car avec 7 niveaux de maths et 2 de physique je n'aurai pas pu m'en sortir. Si Joel Négri diffuse gratuitement ses contenus sur internet, ils ne sont pas libres, par respect pour l'homme, pour tous les confrères à qui j'ai pris des choses je ne me permettrais pas de diffuser qui plus est dans une licence creative commons des choses qui leur appartiendrait plus qu'à moi, notamment les feuilles d'exercices. Si Ploum a été confronté à ce genre de personnes, je trouve que c'est bien dommage, je pense que la problématique principale de dons de documents à part celle personnelle que je viens d'évoquer c'est certainement la honte, la peur du jugement inhérent à notre métier de juge au quotidien. J'ai pris le parti de me nourrir de mes erreurs, de les partager, car il n'y a rien de honteux à se tromper, à mes yeux la seule véritable honte de notre métier c'est celle qui consiste à ne rien essayer.

Cyrille

Comment perdre 1h40 en France

Tout commence par une lettre qui arrive dans ma boîte aux lettres ... du Cantal. En terme d'indice je sais qu'il s'agit d'une lettre du trésor public, je n'en saurais pas plus, malheureusement mon ancienne voisine a renvoyé avec NPAI, qui signifie nulle part ailleurs mais ici, ou peut être n'habite plus à l'adresse indiquée. Il faut que vous compreniez que cette situation est impossible, elle ne peut pas se produire. Elle ne peut pas se produire parce que je paye un service de redirection au niveau de la poste et que mon courrier est nécessairement acheminé à la bonne adresse. Ce n'est pas possible parce qu'au mois de septembre, j'ai téléphoné à tous les services dont j'étais tributaire pour signaler mon changement d'adresse, dont la trésorerie.

8h00 service des impôts, un monsieur très charmant et qui n'est pas encore mort de froid m'annonce qu'il s'agit d'un rappel de la taxe des ordures ménagères. UN RAPPEL ??? Je n'ai pas reçu le premier papier, ce qui veut dire que le service que je paye à la poste a quelques ratés, quand le courrier n'arrive pas dans mon ancienne boîte aux lettres, il est perdu, j'espère qu'on en fait des confettis pour amuser les enfants. Le monsieur profite de mon coup de téléphone pour mettre mon dossier à jour, ça ne fera que deux fois puisque j'avais déjà appelé pour le mettre à jour, jamais deux sans trois comme on dit, ce serait une bonne surprise. Appel à la poste, bonjour Monsieur BORNE vous avez quel temps dans le sud ? Le temps à perdre ma bonne dame. Je suis bien positionné pour la redirection, on va donc informer le facteur d'être plus vigilant, on m'invite à contacter le service réclamation, je précise que ce n'est pas le but de ma démarche mais que je tiens simplement à recevoir mon courrier à la bonne adresse, et que si pour une raison ou une autre un organisme lançait des poursuites pour un quelconque impayé c'est d'un témoignage (d'incompétence) dont j'aurai besoin au tribunal. 9h15 appel à la communauté de commune qui gère les ordures dans mon genre, j'apprends qu'il fallait faire un courrier à la mairie pour signaler son départ. Monsieur le maire, j'ai le regret de vous informer que je quitte votre ville pour partir dans le parc régional du haut Languedoc où parait-il la neige n'accroche pas, contrairement à chez vous. A la communauté de commune on me rappellera pour m'inviter à payer la note et faire un courrier à la mairie pour signaler que je suis parti depuis plus de 5 mois.

Nous sommes le vendredi 3 février 2012, Cyrille BORNE est encore retenu dans Cantal depuis la fin du mois d'août 2011. Cet après midi, un vendredi ce qui pourrait laisser penser que je prends des psychotropes, je vais tenter d'expliquer à la Mutualité Sociale Agricole que je paye mes cotisations dans l'Hérault et que j'ai même des fiches de paye qui le prouvent. Pauvre France.

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