Le blog de Cyrille BORNE

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2012 mai 17

Notre enseignement est il parasité par notre propre apprentissage ?

Voici la réflexion du moment, est ce qu'imposer aux élèves de recopier un cours écrit par l'enseignant au tableau a encore du sens quand on pourrait donner directement ce même cours à l'élève ou du moins sa synthèse en photocopie, éventuellement laisser ce cours en ligne en cas de perte de feuilles.

La réflexion va au delà. Voyez vous, j'évoquais ma réunion sur l'observatoire des nouvelles technologies et les jeunes, et je reste encore fasciné par ces enseignants de bonne foi qui se font bananer par leur inconscient et sans attendre la réponse des élèves positionnent leurs questions pour avoir les réponses qu'ils veulent entendre pendant que les jeunes se mettent automatiquement dans une réponse automatisée qui correspond justement à la réponse qu'attend l'adulte, la communication est totalement biaisée. Depuis, j'en viens à m'interroger sur mes propres pratiques, est ce que ce que je fais a réellement du sens ou je le fais de façon inconsciente, ne serait-il pas le temps de faire le tri entre ce qu'on nous a appris et ce qu'il faut réellement faire ?

Enfant, adolescent, la sortie du cahier, le recopiage, éventuellement la prise de notes, a toujours fait partie des rituels. Déjà, comment conserver la trame de l'enseignant autrement que par ce biais, quand il y a plus de 20 ans la photocopie était un véritable luxe, aujourd'hui on pourrait envisager la transmission de ce savoir de façon complètement différente en tout cas d'un point de vue matériel. Avec des élèves de quatrième et de troisième de l'enseignement agricole, on peine aujourd'hui sur des choses qui paraissent pourtant évidente : avoir un stylo, une règle, le cahier, de la colle, avoir la capacité alors que le cours est intégralement écrit au tableau ce qui est le cas dans ma matière de le prendre proprement et sans faute. Ajoutons à cela des problèmes d'absences réguliers, et on se dit que le polycope règlerait certains problèmes et en créerait d'autres. Le fait d'écrire au tableau, d'effacer au fur et à mesure, même si c'est une pratique centenaire a pour intérêt de forcer l'élève à regarder dans une direction, est ce qu'avec le polycope sous les yeux, avec l'utilisation alors d'autres outils, peut être plus attractifs qu'un gros chauve qui écrit, arrivera-t-on à focaliser l'attention des élèves qui peuvent se dire qu'à partir du moment où ils ont le cours sous les yeux ce n'est pas la peine de suivre.

Un peu plus loin. Avec les années, avec le profil des élèves, nous cédons, nous cédons encore. J'évoquais le problème matériel, le "sortez une feuille", m'a posé quelques soucis, que faire quand les élèves n'ont rien ? Ils prennent le cahier et arrachent des pages, ce qui a pour incidence d'avoir des copies dégueulasses qu'on peut refuser et mettre zéro, de ramener le cahier des élèves à des peaux de chagrin. Dans ces classes, j'ai aménagé mes interrogations de façon à ce que les élèves puissent écrire directement sur l'énoncé et régler ainsi le problème de papier. Pourtant, malgré cette baisse d'exigence permanente, encore des élèves se débrouillent pour ne pas mettre leur nom et leur prénom dans la cartouche prévue à cet effet, où se trouve donc cette fichue limite entre ce que nous devons accepter, ce que nous devons mettre en place pour faciliter le travail des décrocheurs.

Jusqu'à quel point faut il baisser le niveau ou avoir la sensation de le baisser car nos pratiques sont intimement liées à ce que nous avons vécu en tant qu'élèves. Aujourd'hui passer la parte d'une salle de classe pour un professeur c'est écouter quelque part la clochette d'un Pavlov matérialisée par de si nombreuses années passées à écouter nos maîtres. Par extension, ne serait-il pas l'heure de faire le tri dans les méthodes du passé, valider ce qui fonctionne, oublier ce qui fonctionne moins et ouvrir ainsi la porte à de nouvelles méthodes d'apprentissage liées par exemple aux nouvelles technologies.

Lors des réunions de fin d'année, j'insisterai lourdement sur l'attachement que j'ai pour la tenue de cahier, et ce que je ne tolèrerai pas l'an prochain. Avec un an derrière moi dans l'établissement, connaissant désormais ma nouvelle machinerie, je verrai s'il est possible de régler ce problème matériel, c'est à dire que chaque élève possède ses affaires, un cours à jour. Si en se donnant les moyens, on y arrive, c'est bien, je pense pour ma part que le temps de l'écriture permet de poser du calme dans une salle de classe, facilite l'attention des élèves qui peuvent utiliser la mémoire visuelle et auditive. Parallèlement je pense, j'essaierai pour certains cours de travailler autrement, voir si le polycope fonctionne, même si cela me révulse profondément, preuve que mes "maîtres" ont su ancrer en moi des habitudes qui perdurent, sont elles pourtant encore les bonnes en 2012 ?

2012 mai 15

Changer un lecteur de cartes mémoires en façade sur sa tour

L'informatique et le diagnostic ce ne sont pas des choses si compliquées. Dernièrement j'ai constaté que mon lecteur de cartes, n'était qu'un simple lecteur de cartes, c'est à dire qu'il n'écrivait plus. Et pourtant l'écriture sur une carte prend de plus en plus d'importance notamment à travers les tablettes et les cartes Micro SD. J'avais une interdiction du fait de ne pas avoir les droits d'écriture, j'ai pensé à un problème Linuxien, un reboot sous Windows et le problème est le même. C'est d'ailleurs une bonne logique à suivre, un problème indépendant du software a de bonnes chances d'être un problème hardware, pour les Windowsiens gardez toujours sous le coude un Live CD linux ne serait ce que pour faire des tests de comportement de votre machine. Il est à noter qu'une fois de plus cette manipulation est simple à faire car mon matériel est standard. C'est d'ailleurs ce qui devrait figurer dans les critères d'achats des gens, ne rien acheter de hors norme, l'informatique nous offre encore le luxe de changer nos pièces pour pas cher, profitons en, bien sûr ce n'est réalisable que si le matériel n'est pas trop exotique.

La suite vous est racontée en image.

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2012 mai 14

Le changement c'est maintenant

Lu ce matin sur le café pédagogique : La CGT appelle à ne pas faire passer les évaluations nationales de CE1 et CM2. Réagissant à l'annonce de V. Peillon de modification des évaluations nationales de CE1 et CM2, la CGT prend position contre leur déploiement cette année. "La prime attribuée aux seuls enseignants qui font passer ces évaluations (dont le but à peine caché était d'imposer ce mode de contrôle), a instauré parfois un climat délétère dans certaines écoles et une division entre les enseignants. La CGT-Éduc'action pense qu'il faut en finir dès cette année avec ces évaluations. Le seul moyen est de ne pas les faire passer", déclare le syndicat. Pour la Cgt, "évaluer, c'est non pas stigmatiser les élèves en difficulté pour les inciter à faire des stages de remise à niveau ou de l'aide personnalisée, mais leur proposer sur le temps scolaire des aides spécialisées, ou en petits groupes. "

Je rappelle que dans les premières mesures gouvernementales à paraître, la disparition de ces évaluations en fait partie, à mon sens l'une des véritables priorités pour sauver l'éducation nationale. Le propos de la CGT me parait tout de même étonnant, on apprend qu'une prime de 400 € ça mettait la grouille entre les profs qu'on imagine bien sortir les couteaux pour 400 € accentuant un peu plus l'image négative qu'on peut avoir des enseignants. Ensuite, on apprend que l'évaluation de nos têtes blondes c'est les stigmatiser, on devrait dès lors supprimer les examens et les concours, retirer la difficulté de notre société et commencer à se préparer à vivre comme en Grèce. On saluera aussi cette décision de la CGT qui montre là un véritable respect de la démocratie, le gouvernement n'est pas désigné mais on prend déjà des décisions à sa place. Ça c'est pour la forme que je considère comme très discutable, analysons un peu le fond. L'école est divisée actuellement en trois cycles, la maternelle (cycle 1), CP / CE1 (cycle 2), CE2 - CM1 - CM2 (cycle 3), les élèves de fin de cycle 2 et 3 sont soumis à ces évaluations, les enseignants devaient ensuite faire des remontées pour à priori une analyse nationale. Ma fille cette année doit passer ces évaluations (devait ?), en tant que parent je trouve qu'elles sont intéressantes car elles permettent de soumettre l'enfant à un test de connaissance national et pas local, le niveau donc qu'on attend d'une enfant à la sortie de CE1. En tant que professeur je trouve ça fondamental, j'enseigne en classe d'examen depuis quasiment 10 ans, il ne s'agit pas de disserter sur la qualité, la difficulté des examens, mais bien de savoir si la préparation qu'on a pu faire était suffisante pour la réussite des élèves. Les évaluations nationales ne sont pas seulement des tests pour les élèves mais aussi pour les enseignants qui pourront vérifier s'ils sont dans les clous ou non. Pour ma part les deux seuls problèmes de ces évaluations : la date de réalisation qui n'a pas toujours été faite en fin d'année ce qui par le fait pénalise les élèves car les enseignants n'ont pas traité l'intégralité du programme, dans certaines écoles on trouve des taux de réussite surnaturels qui laissent supposer que soit les élèves sont des mutants promis à un grand avenir, soit alors l'enseignant n'est pas neutre dans l'examen. C'est donc pour moi non pas une façon de stigmatiser les difficultés d'un enfant mais bien de lui permettre de se positionner par rapport à un niveau et de faire la remédiation le cas échéant, un dépistage en quelques sortes.

Est ce que le changement doit s'accompagner d'une destruction de ce qui précède, est que ce que le changement c'est renier tout ce qui a été fait ? Au niveau de la politique il semblerait que ce soit le cas. Demain on assistera à la passation de pouvoir, et l'on devrait voir une scène que les vieux électeurs connaissent, une poignée de main et des bureaux qui ont été vidés, une pratique qui me parait étrange. Oui le gouvernement précédent a perdu, il a pourtant traité pendant 5 ans des dossiers qui vont de l'avenir du pays, comment alors imaginer qu'en 24 heures la nouvelle équipe puisse prendre possession de ces thématiques si complexes sans accompagnement, un peu comme si un salarié partait à la retraite en emportant avec lui tous ses dossiers sans assurer la formation de celui qui va lui succéder.

Le changement ça serait peut être d'avoir la capacité de rationaliser les choses, de professionnaliser la politique, pas seulement dans la communication de dénigrement de l'adversaire très à l'américaine comme on a pu le voir dans cette campagne mais bien de poser un autre principe de fonctionnement, celui de l'entreprise, une véritable passation de pouvoir avec l'obligation de travail collaboratif pour ceux qui partent et ceux qui arrivent. D'ailleurs, s'il y a bien quelque chose qui montre que la politique s'est professionnalisée, c'est qu'aujourd'hui être ministre ou être président n'est plus un engagement, une bataille d'opinion, une lutte pour proposer ses idées au service de la population, le combat d'une vie, mais bien un métier, on ne s'étonnera donc pas de voir que quelques uns dans le précédent gouvernement se retirer de la vie politique pour poursuivre leur carrière dans le privé et pourquoi pas même, dans le monde du football !

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